Burkina : Une semaine pour célébrer les langues africaines

Le Premier ministre, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, a présidé, le vendredi 28 février 2025, la cérémonie commémorative de la Semaine des Langues africaines et de la Journée internationale de la Langue maternelle. Cette activité, tenue à Ouagadougou, a connu la présence de plusieurs membres du gouvernement et de l’ensemble des sous-commissions des langues existantes au Burkina Faso.

La Semaine des Langues africaines (SLA) est une manifestation d’envergure africaine instituée en 2020 par l’Académie africaine des langues (ACALAN) pour célébrer le patrimoine linguistique et socioculturel du continent et réaffirmer l’identité africaine.

Quant à la Journée internationale de la Langue maternelle (JILM), elle est une initiative de l’UNESCO visant à promouvoir et célébrer les langues maternelles partout dans le monde. L’organisation conjointe de ces deux événements a pour objectif d’amener les États et les communautés linguistiques africaines à prendre conscience de l’importance des langues africaines et de la nécessité de préserver la diversité linguistique.

Dre Awa 2e Jumelle Tiendrébéogo/Sawadogo, SP/PLN

Cette année, le Burkina Faso a célébré ces deux événements du 21 au 28 février 2025 sous le thème : « Langues africaines : Voix pour les réparations, la justice et la dignité des peuples pour l’Afrique que nous voulons ». Selon Dre Awa 2e Jumelle Tiendrébéogo/Sawadogo, Secrétaire permanente en charge de la promotion des langues nationales, le choix de cette thématique n’est pas fortuit. Il traduit la volonté des autorités du pays de se recentrer sur les valeurs endogènes et d’en faire le moteur du développement.

Pour elle, l’Afrique doit puiser dans sa richesse et son patrimoine culturel l’essence nécessaire à son essor. Et pour ce faire, la langue a un rôle majeur à jouer. « Le thème de la Semaine des Langues africaines évoque les voies de réparation pour une Afrique unie et la construction de l’Afrique que nous voulons. C’est un thème fort, car nous voulons que l’Afrique soit révolutionnée. Pendant longtemps, nous avons suivi d’autres valeurs, mais aujourd’hui, nous voulons être nous-mêmes. Nous voulons revenir à la source, car c’est cela qui nous affranchira. Et tout commence par nos langues, que nous devons promouvoir. À qui profite le crime si nous choisissons une langue comprise seulement par une minorité pour gouverner la majorité ? » a-t-elle déclaré.

Jacques Sosthène Dingara, Ministre en charge de la promotion des langues nationales

Plusieurs activités ont marqué cette semaine, selon la Secrétaire permanente. Il y a eu, entre autres, des panels sur la thématique de cette édition, des communications, des émissions interactives en langues nationales, des sketchs en langues locales dans les universités, des sessions de formation en alphabétisation, des contes en langues nationales et bien plus encore. « Dans toutes les 13 régions, des activités ont été organisées pour célébrer la langue nationale », a-t-elle précisé.

Le ministre en charge de l’alphabétisation et de la promotion des langues nationales, Jacques Sosthène Dingara, a, pour sa part, réaffirmé l’engagement de son département à œuvrer pour la promotion des langues nationales, conformément aux directives du Chef de l’État, le Capitaine Ibrahim Traoré. Pour lui, au-delà de leur rôle en tant qu’outils de communication, ces langues fondent aussi l’identité du peuple burkinabè, son savoir-faire et son savoir-être.

« C’est une occasion pour nous d’interpeller l’ensemble des acteurs afin que nous parlions véritablement nos langues nationales dans nos familles et nos activités quotidiennes. Il fut un temps où parler sa langue était perçu comme une humiliation. Aujourd’hui, ce complexe doit être dépassé. Ce complexe doit être révolu, et c’est le message que nous voulons faire passer à travers cette célébration », a-t-il déclaré.

Une vue des participants

Prenant la parole en langue nationale, le Premier ministre, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, a exprimé sa joie de patronner cet événement dont la pertinence et la noblesse ne sont plus à démontrer. Il a ensuite insisté sur l’importance de la célébration des langues nationales, affirmant que : « Celui qui oublie ses origines est simplement sur le chemin de la perdition. »

Tout en réaffirmant l’engagement de son gouvernement à promouvoir les langues nationales, il a invité l’ensemble des acteurs à « travailler pour faire de nos langues des leviers et des outils de développement de notre patrie ».

Lire aussi ➡️ Burkina | Promotion des langues nationales : « La mayonnaise a pris » (Dre Awa Tiendrébéogo)

Oumarou KONATE
Minute.bf

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