Un mois après son lancement officiel, organisé du 6 mai au 6 juin 2026, l’opération Diaspora Bond change de cap. Elle quitte la phase de mobilisation des ressources pour entrer dans celle de leur orientation vers l’investissement productif, au profit de l’État burkinabè et des populations.
Ce lundi 6 juillet 2026 à Ouagadougou, le ministre de l’Économie et des Finances, Dr Aboubakar Nacanabo, a signé des accords de rétrocession des fonds collectés. Ces conventions concernent quatre entreprises burkinabè.

Selon le ministre Dr Aboubakar Nacanabo, ces financements s’inscrivent pleinement dans la mise en œuvre du pilier 4 du Plan RELANCE, qui porte sur le développement des infrastructures et la transformation de l’économie.
Une première convention de 15 milliards de FCFA a été signée avec CIM SAHEL.
Une deuxième, d’un montant de 30 milliards de FCFA, a été conclue avec SN BRAFASO. Elle vise la construction d’une nouvelle unité industrielle à Bobo-Dioulasso.

L’État a également signé deux conventions avec la Société de participation minière du Burkina (SOPAMIB). La première, de 20 milliards de FCFA, est destinée à la remise en exploitation de la mine de Perkoa. La seconde, du même montant, concerne la relance de l’exploitation de la mine de Taparko.
D’après le ministre Aboubakar Nacanabo, produire davantage au Burkina Faso, c’est mieux répondre aux besoins du marché, sécuriser les approvisionnements, créer de la valeur localement et soutenir l’ambition de transformation économique.
« Le financement de ces projets présente des avantages décisifs. Il permet d’abord de mobiliser des ressources pour des projets structurants sans dépendre exclusivement des financements extérieurs, ensuite de transformer l’épargne en capacités de production, en emplois et en richesses. Il renforce également l’autonomie économique, réduit certaines importations, développe la valeur ajoutée locale et élargit l’assiette fiscale. Enfin, il crée un effet d’entraînement sur les PME, la sous-traitance, les transports, les services et les territoires », a-t-il précisé.
Des bénéficiaires déterminés
Pour le directeur général de la SOPAMIB, Lamissa Barro, ce financement permettra de redonner vie aux mines et garantira la préservation des emplois menacés.

À cet effet, il a rassuré le MEF quant à l’atteinte des résultats.
« Les équipes sont sur place, Monsieur le ministre, je peux vous rassurer, et nous travaillons d’arrache-pied pour une reprise rapide de la production. Ce financement permettra d’accélérer le processus. Je peux vous assurer que ces ressources seront bien utilisées et que les retombées seront réelles », a-t-il assuré.
De son côté, le DG de la SN BRAFASO, Alain Sankara, a ajouté que cette deuxième unité viendra renforcer les capacités de production de l’entreprise. « Je vous rassure que toutes les mesures seront prises pour une bonne utilisation de ces ressources, afin d’atteindre les objectifs fixés », a-t-il dit, exprimant sa gratitude à l’État burkinabè pour sa vision du développement industriel.

Dans son mot de clôture, le Dr Aboubakar Nacanabo a souligné que cette rétrocession n’est que le début de plusieurs autres projets.
« Cette opération de Diaspora Bonds n’est qu’une première phase. Une deuxième phase viendra pour financer d’autres projets importants. J’invite également les porteurs de projets présents à continuer à proposer des initiatives. Nous travaillerons à mobiliser davantage de ressources pour les soutenir », a-t-il conclu.
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Jean-François SOMÉ
Minute.bf






