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vendredi 30 septembre 2022

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Burkina : Le SYNAGSP dénonce des « entassements de promotions différentes dans un même échelon »


Le lundi 6 mai 2019, le Syndicat de la Garde de Sécurité pénitentiaire (SYNAGSP) était face aux hommes de médias pour une « conférence de presse de vérité », pour « donner des informations précises sur la crise que traverse la GSP ». Le syndicat a dénoncé le mépris du gouvernement face à ses revendications qu’il juge légales et légitimes. Ainsi, les syndicats ont-ils axé leurs interventions sur plusieurs points donnant de ce fait des éléments du contexte de la crise, l’analyse technique, l’analyse comparée de la situation, et ont formulé des propositions au gouvernement pour une sortie de crise.

Les gardes de sécurité pénitentiaire disent avoir subi de l’injustice dans leur reversement effectué dans leur nouveau statut, à la suite de l’adoption de la loi n°016-2014/AN du 15 mai 2014 portant statut du personnel de la garde de sécurité pénitentiaire. Le reversement effectué sur la base de cette disposition, affirme Abdoul Rasmané Thiombiano, Secrétaire général (SG) du SYNAGSP, a engendré de nombreuses injustices et difficultés liées à la carrière du personnel.

Il explique que les anciennetés de certains agents n’ont pas suffisamment été prises en compte dans ce reversement, de telle sorte que « les personnels plus anciens se sont retrouvés au même niveau d’échelonnement, et par conséquent avec le même traitement salarial, que des personnels moins anciens ». Une situation qui, à l’en croire, a engendré des problèmes de commandement et de discipline dans les rangs, des problèmes de fonctionnement de certains organes, tels que le conseil de discipline et la commission d’avancement qui, pourtant, dit-il, sont plus indispensables au bon fonctionnement de la GSP.

Des actions ont été menées pour la normalisation de la situation et le Ministère de l’économie, des finances et du développement (MINEFID) avait émis la proposition de d’abord reverser le personnel de la GSP dans la loi n°081-2015/CNT du 24 novembre 2015 portant statut général de la fonction publique d’Etat, échelon pour échelon, avant de le reverser dans la loi n°2016-2014/AN du 15 mai 2014 portant statut du personnel de la Garde de sécurité pénitentiaire à l’indice égal ou immédiatement supérieur. Mais à en croire M. Thiombiano, le tableau de reversement proposé par le MINEFID ne met pas fin aux « entassements de promotions différentes dans un même échelon ».

Pendant que tous les acteurs s’attelaient à trouver des solutions idoines aux problèmes que traversent les GSP, c’est contre toute attente, poursuit le SG du SYNAGSP, que le conseil des ministres en sa séance du 24 avril dernier, a adopté un décret portant classement indiciaire du personnel de la GSP. Le syndicat estime que ce décret porte toujours atteinte à la carrière du personnel.

« Sept mois de mouvement d’humeur pour une question de carrière et non de revendication salariale, ce n’est pas de gaieté de cœur. C’est du mépris que le gouvernement nous fait », a regretté Abdoul Rasmané Thiombiano, qui, procédant par comparaison de la GSP avec les autres corps paramilitaires, a dénoncé les injustices et l’iniquité dans la rémunération de son corps d’origine.

Ainsi, en ce qui concerne le classement indiciaire, le principal conférencier a révélé que les taux sont très bas. Par exemple, a-t-il expliqué, le taux de l’indemnité de responsabilité servi au Directeur général de la Garde de sécurité pénitentiaire est de 28 000 F.CFA, pendant que ses homologues de la Douane, de la Police et des Eaux et Forêts perçoivent respectivement 200 000 F.CFA, 153 000F.CFA et 60 000F.CFA.

« Aucun agent n’a bénéficié d’avancement depuis fin 2015 »

La question des avancements est « très préoccupante » au sein de la GSP parce que, selon les explications données par M. Thiombiano, depuis fin 2015, aucun agent n’a bénéficié d’un avancement.  Il justifie cette situation par les difficultés rencontrées dans le reversement du personnel et par le non fonctionnement de certains organes, notamment la commission d’avancement du fait de l’absence de certains grades exigés par des textes y relatifs.

Affirmant que la GSP est l’entité paramilitaire la moins avantageuse en matière de rémunération, les GSP n’entendent plus concéder une perte en grade. Ils appellent donc le Président du Faso à entériner les conclusions des travaux du comité tripartite (composé des représentants des ministères en charge de la justice, de la fonction publique et des finances) qui, à l’entendre, prennent en compte les anciennetés et les échelons du personnel et règlent le problème de commandement en évitant des regroupements du personnel de promotions différentes dans un même échelon.

Pour l’heure, les agents de la GSP affirment que leur salut viendra de l’adoption des travaux du comité tripartite, ce qui permettra de ramener un climat de travail serein, de renforcer le commandement et la discipline au sein des différentes structures de la GSP.

A.K.

Minute.bf

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