A la barre : Un présumé voleur de chèvres s’explique

I.S. 39 ans, était appelé à la barre du Tribunal de grande instance (TGI) Ouaga 1 pour s’expliquer sur les faits de vol d’animaux, à lui reprochés, le lundi 22 mai 2022. Le prévenu, après débat, a bénéficié de la clémence du Tribunal pour retrouver sa liberté.

I.S. réside dans une cour unique dans un quartier périphérique de Ouagadougou. À côté de lui, K.I. a dans son ranch des animaux. Un soir, ce dernier fut étonné de constater l’absence de ses bêtes. Il lance alors les avis de recherche dans les alentours. Après quelques heures de recherche, il retrouve ses bêtes chez I.S. Dans le souci de reprendre ce qui lui revient de droit, la victime fait appel à la Police pour le lui retourner ses animaux. C’est ainsi que I. S. a été interpellé.

« J’étais chez ma maman quand la Police est venue me chercher pour me conduire à mon domicile », entame-t-il son explication à la barre. Effectivement, une fois sur les lieux, les bêtes ont été retrouvées dans la concession de I. S. Il affirme à la barre « être même surpris de les voir là ». « Mon explication est que les bêtes ont sauté la clôture pour s’introduire chez moi », se dédouane-t-il.

Mais, rétorque le procureur pour accuser le prévenu : « la porte n’a pas été forcée ». Cela prouve que le prévenu, commente le procureur, a volontairement fait entrer les bêtes chez lui, confère les traces de pattes d’animaux, avant de prendre la fuite pour se retrouver chez sa mère pour quelques jours, avant de revenir.

I.S. se défend suite à cette « attaque » du procureur, en soutenant que « d’habitude les bêtes viennent chez lui ». « Nous sommes venus trouver les animaux dans la cour mais ils n’étaient pas enfermés dans la chambre ou attachés », se défend-t-il, avant de situer le contexte : « c’était en plein jeûne musulman. Je n’avait pas la force de les chasser une fois qu’ils sont entrés chez moi ».

Ainsi, le procureur pas du tout convaincu par les explications du prévenu, a requis qu’il soit déclaré coupable des faits de vol d’animaux et en répression le condamner à 12 mois de prison et au paiement d’une amende de 1 million de FCFA, le tout assorti de sursis.

Dans son dernier mot, le prévenu a demandé la clémence du tribunal, car, dit-il, « je ne savais pas que laisser les animaux d’autrui errer chez [soi], est punissable par la loi ».

Le tribunal statuant publiquement, contradictoirement en matière correctionnelle et en premier ressort a relaxé le prévenu I.S. pour « absence de preuves concrètes ».

« Le tribunal vous accorde un bénéfice du doute. Mais si c’est votre travail, vous allez revenir ici et on va vous condamner », a lancé le président du tribunal à l’endroit du prévenu.

I.S. est donc libre de ses mouvements.

Mathias Kam
Minute.bf

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