Le Laboratoire de recherche et de formation en sciences du langage (LAREFOS) a officiellement lancé, ce mardi 30 juin 2026 à Ouagadougou, les Journées scientifiques du département des sciences du langage.
La cérémonie d’ouverture a été présidée par le Pr Adama Sanou, représentant par le président de l’Université Joseph Ki-Zerbo. Prévu jusqu’au 4 juillet 2026, cet événement se tient sous le thème : « Le département des sciences du langage de l’Université Joseph Ki-Zerbo : 50 ans au service de la promotion des langues nationales ».
Ces journées visent à mettre en lumière la contribution du département à la recherche et à la formation, à valoriser ses productions scientifiques et culturelles, et à renforcer sa visibilité institutionnelle.

Lors de l’ouverture des travaux, le président du comité scientifique, Pr Abou Napon a rappelé qu’à sa création en 1974, le département de la linguistique s’était d’abord consacré à la description systématique des langues nationales, à l’étude de leur structure et de leur fonctionnement, ainsi qu’à l’élaboration d’orthographes et de dictionnaires.
« Par la suite, nous avons pris conscience d’un manque. Il fallait également étudier les rapports entre l’homme et la société, c’est-à-dire les liens entre langue, pratiques langagières et environnement social. C’est ainsi que nous sommes passés de la linguistique descriptive à la sociolinguistique », a-t-il expliqué.
Aujourd’hui, les recherches du département s’orientent de plus en plus vers la glottopolitique, une discipline qui s’intéresse à la planification des langues afin de favoriser leur usage, tant dans le système éducatif que dans la vie quotidienne.
Selon le président du comité scientifique, les recherches du département s’orientent de plus en plus vers la glottopolitique, une discipline qui s’intéresse à la planification des langues afin de favoriser leur usage, tant dans le système éducatif que dans la vie quotidienne.
Évoquant les perspectives, le Pr Abou Napon a indiqué que les travaux devraient permettre de proposer des pistes pour l’élaboration d’une politique linguistique prenant en compte les réalités du Burkina Faso et favorisant l’introduction progressive des langues nationales dans le système éducatif.

Pour le Pr Adama Sanou, représentant le président de l’Université Joseph Ki-Zerbo, l’importance de cette activité repose sur deux aspects majeurs : la pérennité du département et la pertinence des sciences du langage au regard des enjeux actuels.
« Vous savez que notre gouvernement accorde une place importante à la promotion des langues nationales qui, une fois davantage développées, constitueront un véritable levier du développement de notre pays. Par exemple, lors des campagnes de sensibilisation sur les maladies graves, si nous ne développons pas nos langues nationales, nous aurons des difficultés à sensibiliser efficacement les populations sur des questions essentielles de santé », a-t-il déclaré.
Le Pr Adama Sanou a également exprimé le souhait que ces journées permettent d’établir un bilan de la contribution du département depuis sa création, aussi bien pour l’université que pour le Burkina Faso.
« Nous souhaitons également que ces réflexions permettent de dégager des perspectives afin que notre université continue d’apporter des réponses aux besoins des populations burkinabè », a-t-il ajouté.

La directrice de l’UFR Lettres, Arts et Communication (UFR-LAC), Virginie Kaboré/Bonkoungou, a, pour sa part, exprimé sa gratitude au président de l’Université Joseph Ki-Zerbo pour son accompagnement constant ainsi qu’aux différents partenaires dont le soutien contribue au rayonnement de l’institution.
Elle s’est dite convaincue que les échanges scientifiques prévus au cours de ces journées permettront de faire émerger de nouvelles idées, de renforcer les collaborations et de proposer des réponses adaptées aux défis du Burkina Faso et de l’Afrique, notamment en matière de mise en œuvre d’une politique linguistique, qu’elle considère comme un socle de la souveraineté et de l’indépendance effective prônées par la Révolution progressiste et populaire (RPP).
La directrice de l’UFR-LAC a réaffirmé son engagement à promouvoir une formation d’excellence, une recherche de qualité et des partenariats scientifiques toujours plus solides au service du développement du pays.

De son côté, le président du comité d’organisation des Journées scientifiques, le Pr Bernard Kaboré, a salué la participation de délégations venues d’institutions sœurs du Mali, du Niger, de la Côte d’Ivoire, du Bénin, du Togo, du Maroc, du Ghana et du Gabon.
« Cette présence prouve l’importance et l’urgence du sujet. Elle montre que le lien entre l’évolution de nos langues, la construction de nos identités et notre souveraineté constitue un défi commun qui appelle une réponse collective et une synergie d’actions », a-t-il souligné, rappelant que ces Journées scientifiques se veulent un espace de réflexion et d’action.

Pendant cinq jours, les participants dresseront un état des lieux de la recherche en sciences du langage, analyseront les liens entre identité et souveraineté en Afrique, réfléchiront aux défis de la promotion des langues nationales et examineront les perspectives des politiques linguistiques au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES).
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Sidziguin Irène Corinne SAWADOGO (Stagiaire)
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