Tribune – La Bulle du Patriote : 2014 et 2022, attention à la répétition de l’histoire (Dr. Hyacinthe W. Ouédraogo)

Ceci est une tribune du Dr. Hyacinthe W. Ouédraogo, président du Mouvement conscience nouvelle (MCN), et Membre fondateur du Groupe d’initiative pour la Refondation de la patrie (GIRP), en rapport avec le deuxième coup d’État du Mouvement patriotique pour la sauvegarde et la restauration (MPSR).

Considérant les erreurs de 2014 et de la trahison de la transition de 2024-2015 par les politicards qui ont récupéré la victoire du peuple pour des fins perfides, il importe actuellement que le peuple burkinabè tire les leçons du passé. Des questions non des moindres se posent :

Vu que le MPSR 2 doit le succès de son coup au soutien populaire et à l’implication des chefs religieux et coutumiers, sommes nous actuellement en situation de coup d’État, d’insurrection populaire ou de Révolution Populaire ? Je penche pour le début d’une Révolution populaire car elle allie l’action de l’armée à celle du peuple pour les mêmes aspirations légitimes. L’armée est avant tout une entité du peuple.

Est-il opportun d’imposer une transition civile vu le contexte de guerre dans lequel nous sommes et vu que les politiciens sont comptables du chaos actuel ? Ne risque-t-on pas de retomber dans les vielles querelles vides de fonds qui consacrent le partage de postes entre copains et l’exploitation du peuple ? Un civil à la tête de la Transition pourra-t-il être en phase avec les aspirations populaires et celles des jeunes militaires?

La vigilance est de mise car le risque de saborder la dynamique actuelle est grand. Et il faut à tout prix éviter les erreurs de 2014 : les récupérations politiciennes, les torpillages de la France, etc.

Vu les clivages au sein de l’armée et les tensions larvées depuis la dissolution du RSP jusqu’aux récents affrontements, le MPSR 2 pourra-t-il gérer le pouvoir d’État durablement sans être confronté, à nouveau, à des crises internes ou faire face à d’autres putschs?

J’estime à mon humble avis que si un militaire reste à la tête de la transition, il y aura encore un autre coup d’État. L’armée est gangrénée par une division terrible, des clans qui se regardent en chien de faïence, si bien que pour préserver le peu de cohésion au sein de l’armée, la solution serait de confier la transition à un civil aux qualités exceptionnelles. L’autre réalité très préoccupante est le sabotage dans la lutte contre l’insécurité que les clivages au sein de l’armée pourraient entraîner. Damiba a souffert de ce problème et le ministre délégué en charge de la défense préparait une conférence de presse à propos.

Notre histoire politique est très mouvementée. Nous avons passé beaucoup de temps à tourner en rond, à répéter les mêmes erreurs. Une fois de plus, l’histoire nous offre une opportunité inespérée de corriger nos erreurs et de construire enfin une nation stable et prospère.

Nous sommes un peuple combatif et intelligent. Nous avons les ressources humaines et l’expertise pour trouver la bonne recette qui puisse nous permettre d’aller véritablement à la Refondation de notre chère Patrie. Il suffit juste qu’on ait la hauteur d’esprit pour dépasser nos intérêts égoïstes et groupusculaires.

Si tel est le sentiment qui anime chaque Burkinabè nous pourrons enfin trouver, à partir de cette Transition qui s’ouvre, les voies et moyens pour co-construire avec toutes les forces sociales des villes et des campagnes, les civils et les militaires, les jeunes et les vieux, cette Nation paisible tant souhaitée.

Dieu inspire les Burkinabè et bénisse le Burkina Faso ! »

Minute.bf

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