À l’occasion de la 8e édition de la Semaine des activités minières d’Afrique de l’Ouest (SAMAO), couplée à la première édition de la Semaine de l’énergie, des mines et des hydrocarbures de la Confédération des États du Sahel (SEMH-AES), les ministres chargés des mines de l’AES ont animé, ce mardi 15 septembre 2026 à Ouagadougou, un panel de haut niveau. Les échanges ont porté sur le thème : « Gouvernance des ressources extractives : enjeux géopolitiques, défis et opportunités pour les États africains ».
Le secteur minier constitue un pilier essentiel pour l’Alliance des États du Sahel (AES). Il emploie une main-d’œuvre importante et représente une source majeure d’entrées de devises grâce aux exportations.

Selon le ministre burkinabè des Mines, Yacouba Zabré Gouba, les statistiques montrent que les produits miniers extraits du sous-sol représentent plus de 90 % des exportations. Malgré ce poids économique, le secteur reste confronté à des enjeux économiques et de souveraineté. « L’essentiel pour nous, c’est que nous sommes dans une logique où nous devons avoir un développement endogène, fortement tiré de l’intérieur. Cela commande que les enjeux d’ordre économique et de souveraineté puissent quelque peu aller vers la question de la maximisation de la rente minière. C’est important pour nous », a-t-il déclaré.
Pour le ministre burkinabè, il est nécessaire que les États de l’AES financent les infrastructures et veillent à ce que les autres secteurs connaissent un véritable essor, conformément à la vision des trois chefs d’État.

Il a également appelé à intégrer la question de l’après-mine et de la protection de l’environnement dans les politiques minières.
Rompre avec le modèle ancien
Dans son intervention, le ministre des Mines du Mali, le Pr Amadou Keïta, a mis l’accent sur les enjeux géostratégiques liés aux ressources minérales, notamment aux minerais critiques indispensables aux nouvelles technologies et à la transition énergétique. Selon lui, l’Afrique doit concilier développement économique endogène et défense de ses intérêts face aux puissances extérieures qui cherchent à sécuriser leur approvisionnement en ressources stratégiques.
Il a expliqué que plusieurs constats ont conduit à une remise en cause du modèle existant au Mali, notamment le partage jugé inéquitable de la valeur créée par les mines et la faible intégration du secteur minier à l’économie nationale. Il a illustré cette situation par le contraste entre certaines zones minières, marquées par la pauvreté et le manque d’infrastructures, et les sites d’exploitation, où les conditions de vie sont radicalement différentes. « Si on part de ces prémisses, on peut alors comprendre que, dans nos États, il y a un certain nombre de constats qu’il fallait faire avant de passer donc à la recherche de solutions. Au Mali, lorsque nous nous sommes penchés sur ce qui se passait, nous avons vu qu’il y avait quelques questions extrêmement cruciales qu’il fallait donc déjà dégager, des examens importants pour ensuite engager des actions », a-t-il déclaré.
Transformer les défis en opportunités
Le ministre nigérien du Pétrole, Hamadou Tini, a pour sa part présenté les principaux enjeux auxquels son pays est confronté ainsi que les mécanismes permettant de transformer ces défis en opportunités. « Nous avons donné une force exceptionnelle à la Société nationale, parce que c’est la Société nationale qui est le bras opérationnel, qui va être le bras fondamental. Donc là ce niveau de travail a déjà pris. Avant c’était une société uniquement sur la commercialisation, cela a été réformé et c’est devenu une société complète. Aujourd’hui il y a des droits d’appui, des blocs d’activité qui restent toujours à exploiter sur lesquels il y a des réflexions avec des partenaires », a-t-il fait savoir.

Hamadou Tini a aussi inscrit son intervention dans la réflexion globale engagée par les pays de l’AES pour renforcer leur souveraineté sur les ressources extractives et faire davantage bénéficier leurs économies nationales des richesses issues de leurs sous-sols.
En rappel, la SAMAO se tient du 14 au 19 septembre prochain à Ouagadougou, sur le site du SIAO. Plus de 2 000 participants sont attendus.
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Jean-François SOMÉ
Minute.bf






