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jeudi 23 mai 2024

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Ouagadougou : Des habitants de Silmiougou remontés contre le « refus » de la SONATUR de viabiliser leur zone

Des habitants du quartier Silmiougou dans l’arrondissement 3 de Ouagadougou ont animé un point de presse le samedi 27 avril 2024, pour dénoncer l’attitude de la Société Nationale d’Aménagement des Terrains Urbains (SONATUR). Ces résidents sont remontés contre la SONATUR sur « son refus » de viabiliser la trame d’accueil de Silmiougou qui pourtant fait partie de son lotissement de 2018.

En effet, tout a commencé en 2008. Les habitants du village Silmiougou, ont accepté « sacrifier environ 350 hectares de leur terre cultivable à la SONATUR pour lotir ». En contrepartie, selon les habitants, la SONATUR, avait « promis d’aménager et de viabiliser la part qu’elle cédera aux autochtones (Trame d’accueil) avant d’aménager son site ». Il faut entendre par viabiliser, la fourniture d’eau potable, la fourniture de l’électricité, la réalisation des caniveaux pour l’évacuation des eaux et la réalisation de la voirie.

Pourtant, c’est un tout autre constat qui a été donné de voir depuis le dernier semestre de l’année 2023. Pour preuve, la SONATUR a entamé les travaux pour l’électrification de son site à travers le dépôt des poteaux de la SONABEL, mais la « Trame d’accueil n’a pas reçu de poteaux », a déploré Issouf Rouamba, Porte-parole des habitants. « Suite à ce comportement indigne d’une société d’Etat, nous population, avions procédé à une dénonciation publique. Cela a contraint la société à venir rencontrer les habitants pour leur signifier qu’au commencement, c’est-à-dire en 2008, la SONATUR avait promis 2 points d’eau ; l’ouverture sommaire des grands axes en plus de la rétrocession de 100 hectares à la population soit 28,53 % de leur superficie lotie. Le bon sens voudrait quand même qu’une promesse de réaliser 2 points d’eau en 2008 (mais jusqu’à présent non réalisé) à une période où Silmiougou était un village avec quelques concessions ne soit plus d’actualité en 2024 parce que la taille de population a fortement augmenté du fait du lotissement réalisé », a-t-il défendu.

Issouf Rouamba montrant une borne de la SONATUR à l’école de Silmiougou

De plus, les habitants ont dénoncé le fait que la SONATUR soit « en train de défier l’Etat burkinabè dans sa politique actuelle qui veut que tout lotissement soit accompagné d’une viabilisation digne de ce nom ». « Si cette forfaiture de la SONATUR passe, il s’agira clairement pour nous, habitants de Silmiougou de la politique du poids deux mesures. Du moment où les activités de toutes les sociétés immobilières ont été interrompues du fait du non-respect de leur cahier de charge, il sera incompréhensible que l’opinion nationale se taise sur un tel comportement d’une société d’Etat. Nous tenons à rappeler que le site de la SONATUR occupe 71,43% du lotissement (250 hectares). Les propriétaires terriens ont cédé cette superficie cultivable pour bénéficier au moins une viabilisation de la trame d’accueil afin de permettre à ceux qui ont cédé leurs champs de pouvoir développer d’autres activités grâce à la présence du courant notamment, l’adduction en eau potable ONEA, le traçage de la voirie en bonne et due forme ».

Par exemple, si ces conditions sont réunies, selon les ressortissants, la population peut se lancer dans des activités comme la soudure, la mise en location des boutiques aux abords des voies publiques, mais aussi des maisons à usage d’habitation, la vente de l’eau, des jus, les moulins.

Du reste, les habitants ont pris à témoin l’opinion publique que « l’entêtement de la SONATUR de vouloir laisser le sort des habitants de la trame d’accueil à eux-mêmes sera source d’insécurité à l long terme du fait du manque de reconversion dans d’autres activités ». Pis, si l’on croit même ces derniers, la Trame d’accueil de Silmiougou est en aval du site de la SONATUR et est dans la basse altitude. De ce fait, toute canalisation de la SONATUR ne prenant pas en compte cette basse altitude « entraînera inévitablement des dégâts surtout pendant l’hivernage ».

Des habitants sur le site de la SONATUR

« Tout ce que nous demandons, c’est l’eau et le courant. Parce que pour avoir l’eau actuellement, c’est compliqué. On parcourt des kilomètres pour chercher l’eau avec des charrettes et des bidons », a fait savoir Samira Kabré, une habitante.

Par ailleurs, ces habitants ont indiqué que toute leur tentative est restée sans suite auprès de la Société d’État. Ils ont exhorté le gouvernement et plus particulièrement le Chef de l’Etat, le Capitaine Ibrahim Traoré, à se pencher « sérieusement sur les agissements véreux de la SONATUR à une époque où le pays est dans une lutte sans merci contre l’impérialisme, l’injustice et l’iniquité ».

Mathias Kam

Minute.bf

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