L’Agence nationale de promotion de la finance inclusive (ANPFI) a organisé, ce lundi 10 août 2026 à Ouagadougou, un atelier de validation du rapport d’une étude consacrée à l’impact socio-économique de la crise sécuritaire sur les institutions de microfinance sur la période 2020-2025.
L’Agence nationale de promotion de la finance inclusive (ANPFI) a réuni, ce lundi 10 août 2026 à Ouagadougou, les acteurs du secteur de la finance inclusive, des institutions de microfinance ainsi que des structures publiques et privées. L’objectif de cet atelier était d’examiner et de valider les résultats d’une étude portant sur l’impact socio-économique de la crise sécuritaire sur les institutions de microfinance, couvrant la période 2020-2025.

Selon le directeur général de l’ANPFI, Wango Fidèle Yaméogo, cette étude permet de mieux comprendre les conséquences de la crise sur le secteur et d’orienter les réponses vers une finance inclusive plus résiliente.
Il a précisé que l’interruption d’une activité génératrice de revenus ou la fermeture d’un point de vente de services financiers affaiblit toute une chaîne économique. Derrière ces perturbations, ce sont des ménages et des communautés entières qui se trouvent fragilisés, a regretté Wango Fidèle Yaméogo.
Le directeur général de l’ANPFI a rappelé que l’Agence n’est pas un instrument de crédit qui octroie directement des prêts aux populations. « Notre approche repose sur le principe du faire-faire », a-t-il expliqué.
Selon M. Yaméogo, l’ANPFI s’appuie sur des institutions financières partenaires, notamment les institutions de microfinance (IMF), afin que les ressources mobilisées puissent atteindre les bénéficiaires finaux.
Wango Fidèle Yaméogo a alors insisté sur la nécessité de mieux comprendre les difficultés auxquelles ces institutions sont confrontées et de créer les conditions leur permettant de continuer à jouer pleinement leur rôle.

De son côté, le directeur des études, du suivi, de l’évaluation et de la capitalisation de l’ANPFI, Kalidou Ky, a indiqué que l’étude a porté sur 51 institutions de microfinance. Selon lui, l’état des lieux révèle que les IMF, qu’elles soient constituées sous forme d’associations ou de sociétés, ont été affectées par la crise sécuritaire.
Kalidou Ky a précisé que les conséquences de cette crise se sont notamment traduites par la fermeture de certains points de services, la perturbation des activités et une contraction des effectifs. Selon lui, environ 89 agents ont ainsi perdu leur emploi du fait de cette situation.
Pour le directeur des études de l’ANPFI, malgré les difficultés rencontrées, les institutions de microfinance ont fait preuve de résilience. Certaines ont engagé des concertations avec leurs clients afin de réaménager les modalités de remboursement des prêts. D’autres ont noué des partenariats avec des opérateurs de monnaie électronique afin de maintenir l’accès aux services financiers dans les zones affectées.

À l’issue de l’étude, selon Kalidou Ky, plusieurs recommandations ont été formulées afin de renforcer l’inclusion financière, avec un accent particulier sur le secteur de la microfinance. Elles s’adressent notamment aux acteurs chargés de la promotion de la microfinance, aux institutions de microfinance elles-mêmes, aux autorités de régulation et de supervision ainsi qu’aux partenaires technologiques et financiers.
Pour lui, la mise en œuvre de ces recommandations nécessitera une concertation et une synergie entre les différentes parties prenantes. Cette démarche devrait permettre de dégager une feuille de route susceptible d’être intégrée à la nouvelle stratégie nationale, afin de renforcer durablement le secteur de l’inclusion financière au Burkina Faso.

Rappelons que l’ANPFI a été créée en 2024 à la suite de la fusion du FONAFI et du ST-PIF, afin de faciliter l’accès équitable à des services financiers abordables pour les populations vulnérables et les PME.
Lire aussi : Inclusion financière au Burkina Faso : L’ANPFI et Wave Burkina outillent les populations de Bobo-Dioulasso
Sakinatou ZOUNDI
Minute.bf






