Le directeur de la société nigérienne de pétrole, Ali Seibou Hassane, a exposé, le 16 septembre 2026 en marge de la SAMAO et de la SIMH-AES, les obstacles qui privent les deux pays de l’AES (Burkina Faso et le Mali) d’un carburant produit localement à un prix défiant toute concurrence. Routes dégradées, sécurité et absence de convention encadrant les échanges figurent au premier rang des freins identifiés.
Le prix du litre d’essence au Niger avoisine les 499 francs CFA. Au Burkina Faso, le gasoil a été réajusté à 750 francs CFA le litre en août 2026. Au Mali, il atteint 940 francs CFA depuis mars 2026. Un écart qui interpelle, à l’heure où les trois pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) réaffirment leur volonté de construire un espace énergétique commun.
Selon le directeur de la société nigérienne de pétrole Ali Seibou Hassane, le Niger, producteur de pétrole depuis 2011, exportait autrefois vers le Mali et le Burkina Faso. « Aujourd’hui, cette exportation à destination de nos chers frères s’est arrêtée », a-t-il reconnu.

Trois raisons expliquent cette rupture. La première est infrastructurelle. « Quand vous voyez l’état des routes, elles sont dégradées », a-t-il souligné. La deuxième est sécuritaire. Les transporteurs invoquent systématiquement les risques encourus sur les axes reliant le Niger à ses voisins. La troisième tient à l’absence d’un cadre négocié.
Autre raison de l’arrêt évoqué par le directeur de la société nigérienne de pétrole c’est le différentiel de prix qui s’explique par les coûts de transport. « Quand vous prenez les tarifs entre la raffinerie (Niger) et Bamako, vous êtes à 120 francs. Prenez la raffinerie au Burkina Faso, vous êtes entre 80 et 90 francs », a détaillé Ali Seibou Hassane. Ces surcoûts logistiques, ajoutés à un contexte sécuritaire dégradé, dissuadent les opérateurs maliens et burkinabè, qui se tournent vers les ports de Lomé, Abidjan ou Tema.
La dépendance aux corridors côtiers demeure en effet une vulnérabilité structurelle pour les pays du Sahel. Le Ghana, par le biais de sa société publique BOST Energies, a réduit ses livraisons vers le Burkina Faso et le Mali depuis août 2026, invoquant la priorité donnée à sa demande intérieure.

Pour le directeur de la société nigérienne de pétrole, trois mesures permettraient de rétablir des flux compétitifs vers le Mali et le Burkina Faso. La première est la réhabilitation des corridors routiers reliant le Niger à ses voisins. La deuxième est la signature d’une convention commerciale encadrant les échanges d’hydrocarbures au sein de l’AES. La troisième est la régulation du marché, afin que les commerçants burkinabè et maliens bénéficient d’un traitement privilégié par rapport à ceux venant des pays côtiers.
Ali Seibou Hassane a également salué le leadership et les orientations stratégiques des chefs d’État de l’AES. « Dans la dynamique de nos trois chefs d’État, d’une manière implacable, il n’y a que la réussite au bout du tunnel », a-t-il affirmé.
Le directeur de la société nigérienne de pétrole a pour conclure jugé souhaitable la constitution d’un stock de souveraineté en hydrocarbures pour la Confédération.
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Mathias KAM
Minute.bf







