Le Premier ministre burkinabè, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, a présidé ce mardi 15 septembre 2026, à Ouagadougou, la cérémonie officielle d’ouverture de la 8e édition de la Semaine des activités minières d’Afrique de l’Ouest (SAMAO). Cette cérémonie marque également le lancement de la première édition de la Semaine de l’énergie, des mines et des hydrocarbures de la Confédération des États du Sahel (SEMH-AES). Prévus du 14 au 19 septembre 2026, ces deux événements majeurs entendent mener la réflexion sur les défis liés aux ressources extractives de l’espace AES.
Les portes de la 8e édition de la SAMAO, jumelée à la première édition de la SEMH-AES, ont été officiellement ouvertes sous le thème : « Gouvernance des ressources extractives : enjeux géopolitiques et opportunités pour les États africains ». Pour le Premier ministre Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, haut patron de cette édition, ce thème interpelle les dirigeants sur une responsabilité essentielle : faire des ressources minières, énergétiques et pétrolières des instruments de souveraineté, d’industrialisation et de progrès social.

Selon le Chef du Gouvernement burkinabè, le couplage de ces deux activités ne relève pas d’un simple choix d’agenda. Il traduit une vision intégrée et une volonté politique de mutualiser les forces, de rapprocher les politiques et de construire, à l’échelle confédérale, des chaînes de valeur qui servent d’abord les économies nationales et les peuples.
L’espace AES dispose, à des degrés divers, d’or, de lithium, d’uranium, de fer, de phosphates, de pétrole et d’un potentiel énergétique important, notamment solaire.
Mais posséder des ressources ne suffit pas, prévient Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo. « Le véritable enjeu est de les connaître, de les sécuriser, de les transformer et d’en répartir équitablement les retombées. L’ambition est de traduire la richesse des sous-sols en emplois, en compétences, en infrastructures, en industrie et en amélioration durable des conditions de vie de nos populations », a-t-il déclaré.
Quatre exigences majeures
Cette ambition appelle quatre exigences majeures, selon le Premier ministre. La première concerne la sécurisation des territoires, des sites, des infrastructures et des chaînes logistiques, qui demeure une condition indispensable à toute activité économique durable. La deuxième porte sur la transformation locale et le contenu local : les matières premières ne doivent plus quitter les pays avec l’essentiel de leur valeur ajoutée. À ce niveau, le Premier ministre a indiqué que l’AES doit développer la transformation sur place, soutenir les industries connexes et donner aux entreprises nationales une place croissante dans les marchés de services et de sous-traitance.
La troisième exigence touche à la maîtrise de la gouvernance. Elle suppose une meilleure connaissance du patrimoine géologique, la maîtrise des données et des cadastres, des cadres juridiques adaptés aux intérêts des États, une fiscalité juste, des mécanismes de financement efficaces et une traçabilité renforcée des flux. « La transparence doit aller de pair avec la défense ferme des intérêts de nos États et de nos populations », a soutenu le Premier ministre.
La quatrième exigence est le défi énergétique. Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo a rappelé qu’il n’y a pas d’industrialisation sans une énergie disponible, fiable et abordable. Accroître l’offre, diversifier le mix énergétique, renforcer les infrastructures et sécuriser les approvisionnements constituent, selon lui, des priorités de souveraineté économique. « La Confédération des États du Sahel constitue précisément un cadre d’action pour répondre ensemble à ces défis. Née d’une exigence de défense et de souveraineté, elle doit aussi devenir un espace concret d’intégration économique, industrielle et énergétique », a-t-il affirmé.
Des orientations aux réalisations
La présente édition traduit la volonté affichée des États de l’AES de passer des orientations aux réalisations. Il s’agit, entre autres, de projets structurants communs, d’infrastructures partagées, de transformation locale, de recherche, d’innovation, de formation et d’une circulation accrue des compétences et des entreprises dans l’espace AES.

Dans son allocution, le Premier ministre a rappelé que les pays de l’AES sont ouverts aux investissements et aux partenariats. Cette ouverture s’inscrit toutefois dans une logique de partenariats transparents, équilibrés, mutuellement avantageux et respectueux de leur souveraineté. « On attend des investisseurs qu’ils contribuent à la création de valeur locale, au transfert de technologies et de compétences, au financement de l’industrialisation et au développement durable de nos territoires. La valorisation de nos ressources doit également répondre aux exigences sociales et environnementales : protection de l’environnement, réhabilitation des sites, santé et sécurité des travailleurs, et prise en compte effective des communautés riveraines. Une ressource n’a de sens que si sa valeur profite durablement au peuple », a-t-il insisté.
Pour terminer, le Premier ministre a invité les entreprises du Burkina Faso et de l’espace AES à se structurer, à mutualiser leurs capacités, à améliorer leurs standards de certification et à renforcer leurs compétences techniques, technologiques et financières afin de capter une part plus importante de la valeur créée. Il a également demandé aux experts de formuler des recommandations pertinentes pour mieux assurer la souveraineté sur les ressources extractives de l’AES.
La cérémonie s’est tenue devant une forte délégation étrangère, en présence de plusieurs membres du Gouvernement. Les échanges techniques se poursuivent avec les experts dans le cadre des différents panels.
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Jean-François SOMÉ
Minute.bf






