Le Ministère de la Santé a officiellement commémoré, ce mardi 28 juillet 2026 à Ouagadougou, la Journée mondiale contre les hépatites virales. La cérémonie a été marquée par un appel à intensifier la prévention, le dépistage et la prise en charge afin d’accélérer l’élimination des hépatites virales comme menace de santé publique au Burkina Faso à l’horizon 2030.
Cette année, le monde entier commémore cette journée sous le thème « Hépatite : faisons tomber les barrières ! ».
Au Burkina Faso, ce thème est adossé au slogan « Hépatite : parlons-en ! ».

Selon le Secrétaire général du Ministère de la Santé, le Dr Joël Arthur Kiendrebéogo, représentant le ministre de la santé, cette thématique invite à œuvrer pour lever les obstacles qui limitent l’accès aux services de prise en charge. Il a souligné qu’il convient de profiter de cette commémoration pour faire le point sur la lutte contre les hépatites virales et envisager des perspectives communes.
Les données sanitaires nationales révèlent que l’hépatite virale B constitue une menace majeure pour la santé publique.

En 2025, le taux de positivité à l’hépatite B chez les femmes vues en consultation prénatale s’établissait à 2,9 %, contre 11,8 % chez leurs partenaires masculins.
« Ce niveau de contamination fait des hépatites virales des tueuses silencieuses. Elles sont à l’origine de maladies hépatiques chroniques, de cirrhoses et de cancers du foie, dont les diagnostics sont parfois tardifs, à des stades bien trop avancés, ce qui réduit considérablement les chances de guérison », a déclaré le Dr Joël Arthur Kiendrébéogo.
Les hépatites constituent également une source d’appauvrissement, avec des charges financières énormes concernant leur prise en charge. En effet, malgré les progrès accomplis, une bonne partie de la population ignore son statut sérologique, facilitant ainsi la transmission. Pourtant, le monde dispose de moyens de prévention comme le vaccin contre l’hépatite B qui, administré correctement, protège à environ 95 % contre l’infection. De ce fait, le Dr Kiendrebéogo a rappelé que la lutte contre les hépatites virales constitue une priorité absolue de santé publique au Burkina Faso.
Revenant sur les actions entreprises par le gouvernement, le Dr Joël Arthur Kiendrebéogo a mis en avant « l’amélioration de la couverture vaccinale contre l’hépatite B, la structuration de la prise en charge au niveau des hôpitaux, ainsi que l’acquisition et la dotation de tests de diagnostic dans le cadre de la triple élimination de la transmission mère-enfant du VIH, de la syphilis et de l’hépatite B… ».
Pour le coordinateur du Programme sectoriel Santé de lutte contre le sida, les infections sexuellement transmissibles et les hépatites virales (PSSLS-IST/HV), le Dr Natyon Dieudonné Soma, les hépatites virales B et C affectent lourdement le système de santé burkinabè, et en particulier les familles.
« Les hépatites détruisent des vies et arrachent des forces vives à la nation, souvent par simple manque d’information. Au Burkina Faso, les hépatites virales B et C demeurent un défi majeur de santé publique. Ces infections sont à l’origine de complications graves, douloureuses et coûteuses, telles que les cirrhoses et les cancers primitifs du foie. Au-delà du drame humain et de la forte mortalité qu’elles engendrent, elles représentent un fardeau socio-économique insoutenable pour les ménages et une pression immense sur notre système de santé », a-t-il fait savoir.

Selon lui, l’édition 2026 de la Journée mondiale contre l’hépatite sonne comme un appel pressant à lever définitivement les obstacles qui entravent l’accès des populations aux soins vitaux. Le slogan « Hépatite, parlons-en », dit-il, n’est pas une simple formule de circonstance, mais un ordre de marche. C’est un appel vibrant à briser les tabous, à vaincre la stigmatisation et à faire entrer la lutte contre l’hépatite au cœur de nos foyers, des lieux de travail, des écoles et des communautés.
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Jean-François SOMÉ
Minute.bf







