Le Ministère de la Santé, par l’intermédiaire du Programme sectoriel Santé de lutte contre le sida, les infections sexuellement transmissibles et les hépatites virales (PSSLS-IST/HV), a organisé une conférence de presse le mercredi 22 juillet 2026 à Ouagadougou. Cette rencontre avec les médias se tenait en prélude à la Journée mondiale de lutte contre l’hépatite, célébrée chaque 28 juillet. Elle visait à présenter les activités prévues pour cette édition 2026.
Cette année, le Burkina Faso commémore la Journée mondiale de lutte contre l’hépatite, célébrée chaque 28 juillet, sous le thème « Hépatite : faisons tomber les barrières ! » et le slogan « Hépatite : parlons-en ! ».

Lors de la conférence, le coordinateur du PSSLS-IST/HV, le Dr Natyon Dieudonné Soma, a dressé un état des lieux des hépatites virales dans le monde et au Burkina Faso. Selon lui, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) estimait qu’en 2022, 254 millions de personnes vivaient avec l’hépatite B et environ 170 millions avec l’hépatite C à l’échelle planétaire.
Au Burkina Faso, les hépatites B et C représentent un problème de santé publique majeur. Les données disponibles font état d’une prévalence de 9,1 % pour l’hépatite B et de 3,6 % pour l’hépatite C dans la population générale. Certaines régions sont particulièrement touchées, notamment le Tannouyan, le Djôrô, le Yaadga, le Guiriko pour l’hépatite B et, pour l’hépatite C, le Kadiogo.

Entre janvier et septembre 2023, 12 213 personnes ont été testées positives au virus de l’hépatite B (VHB) sur 208 123 tests réalisés, tandis que 1 293 cas de virus de l’hépatite C (VHC) ont été enregistrés sur 27 253 dépistages. Selon les données du Ministère de la santé, ces infections sont à l’origine de nombreuses cirrhoses et cancers du foie, entraînant environ 900 décès par an. Malgré ces chiffres, le Dr Natyon Dieudonné Soma a déploré que les hépatites restent fortement sous-diagnostiquées et insuffisamment prises en charge.
Il a également souligné que l’enquête de sérosurveillance menée en 2025 auprès des femmes enceintes a révélé une prévalence de 5,92 % pour le VHB et de 2,49 % pour le VHC. Ces maladies évoluent souvent sans symptômes pendant plusieurs années, ce qui retarde le diagnostic et favorise l’apparition de complications graves.
Face à cette situation, le Gouvernement burkinabè a intégré la lutte contre les hépatites dans son Plan intégré VIH-IST-Hépatites, avec pour objectif de réduire de 75 % les nouvelles infections à l’horizon 2030. Les actions prévues couvrent la prévention, la vaccination, le dépistage, l’accès aux soins et la prise en charge des personnes infectées.
Tout en saluant l’engagement des médias dans cette lutte, le Dr Soma a exhorté les journalistes à devenir des ambassadeurs de la cause, en relayant une information juste et accessible, de nature à encourager le dépistage, la vaccination et l’adoption de comportements préventifs.

Le représentant de l’OMS, le Dr Laurent Moyenga, a pour sa part insisté sur la collaboration de son institution avec le Ministère de la Santé. Il a indiqué que le Ministère œuvre à la décentralisation de la prise en charge jusqu’au niveau périphérique, notamment par le renforcement des compétences des agents de santé via des modules, des guides et des formations. Laurent Moyenga a également souligné l’importance de la collecte et de la documentation des données pour assurer une surveillance efficace de la maladie et mesurer les progrès accomplis.
Selon le Dr Moyenga, les hépatites B et C demeurent un problème majeur de santé publique, avec des millions de personnes infectées et environ 1,3 million de décès enregistrés chaque année dans le monde. Il a rappelé que l’un des axes prioritaires de la stratégie de l’OMS est la vulgarisation de l’information. Cinq interventions clés sont mises en avant : la vaccination dans les 24 heures suivant la naissance, la prévention de la transmission mère-enfant, la sécurité transfusionnelle, le dépistage et le traitement. Il a enfin souligné que l’accès à l’information constitue l’une des principales barrières à lever.

Placée sous le signe de l’inclusion, l’édition 2026 sera marquée par des campagnes de sensibilisation, des témoignages de personnes vivant avec l’hépatite, des sessions d’information sur les modes de transmission et la prévention, des campagnes de dépistage volontaire et gratuit ou à coût réduit dans plusieurs centres de référence, ainsi que par un cross populaire.
Nadège KINDA
Minute.bf






