vendredi 17 avril 2026
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FILO 2025 : Quand le livre attire encore des jeunes malgré l’avancée de l’IA

La Foire internationale du livre de Ouagadougou (FILO) a ouvert ses portes le 25 novembre dernier à la Bibliothèque nationale du Burkina. Placée sous le thème « Livre, identités culturelles et souveraineté nationale », cette édition suscite un engouement certain de la part de la population ouagalaise en général et des élèves en particulier. Depuis son ouverture, participants et exposants expriment leur satisfaction. Constat avec Minute.bf, le vendredi 28 novembre 2025.

À deux jours de la clôture de la 18e édition de la FILO, la Bibliothèque nationale du Burkina (BNB) grouille de monde. Dès l’arrivée, on remarque les transports en commun ayant amené de nombreux élèves pour des excursions littéraires. À l’intérieur, une librairie mobile est installée en face de la grande porte. Il s’agit de la librairie Hofio. On y trouve des ouvrages de tous genres : romans, essais, livres pour jeunesse, livrets de caricature et d’éveil pour les tout-petits. Petits et grands y trouvent leur compte.

Adama Karambiri/manager de la librairie Hofio est satisfait de l’engouement autour du livre

Pour Adama Karambiri, manager de Hofio, c’est la troisième participation de sa structure à la FILO. Cependant, selon lui, la délocalisation du site a entraîné une raréfaction de leur clientèle habituelle. « Cette année, l’engouement est là, sauf que le changement de site fait que la participation ne sera pas trop ça », pense-t-il.

Adama Karambiri a également indiqué que sa structure organise un concours de promotion du livre. « Chaque année, notre bibliothèque mobile sillonne les villages et les régions pour faire la promotion du livre à travers un concours ouvert à tous. Pour cette 18e édition, le concours se déroule tous les jours à partir de 15h, avec des questionnaires adaptés à tous les niveaux. Les lots vont des bons d’achat de livres, en passant par des fournitures scolaires », a-t-il expliqué.

La jeunesse en file indienne pour accéder au site de la FILO 2025

À cette FILO, pour attirer davantage de visiteurs, Hofio offre même un jus naturel pour tout achat effectué.

Le ministère en charge de la Communication est également représenté avec un stand d’exposition. On y retrouve des livres issus de ses différentes institutions : communication, tourisme, culture, arts, droit, etc. Présente sur les lieux, Mme Nikiéma/Kaboré explique avec passion les documents disponibles. Un cahier de passages permet aux visiteurs de laisser une trace de leur venue. Selon elle, l’engouement est remarquable. « Les visiteurs passent nous voir, surtout les élèves. Et cela nous ravit que, malgré l’avancée de l’IA, les jeunes s’intéressent toujours à la lecture », se réjouit-elle.

Complementarité entre IA et connaissance intellectuelle

Mme Nikiéma invite toutefois les élèves, étudiants et même les intellectuels à ne pas croire que l’IA viendra tout résoudre. « Si la culture générale n’est pas solide, l’IA ne peut rien faire. Il faut une complémentarité entre la connaissance intellectuelle et l’IA. L’IA ne peut pas faire réussir à un concours d’excellence. Les jeunes doivent donc se donner à la lecture, et de la bonne manière surtout », conseille-t-elle.

Mme Nikiéma rappelle également que la bibliothèque du Ministère en charge de la Communication situé du côté ouest de l’aéroport de Ouagadougou, est ouverte du lundi au vendredi, de 7h30 à 15h30, et que la salle de documentation est accessible à tous. « J’invite vraiment tout le monde a faire un tour dans notre salle de documentation, c’est gratuit et la lecture se fait sur place », a-t-elle insisté.

Mariame Ouédraogo/Sebego, Auteur et écrivaine de l’essaie scientifique « Mieux vivre sa ménopause »

Mariame Ouédraogo/Sebego, écrivaine et auteure de plusieurs ouvrages dédiés à l’épanouissement des passionnés de lecture, est également présente avec ses livres. « C’est la troisième fois que je viens avec mes ouvrages à la FILO. La première fois avec le tome 1 des Contes africains, la deuxième avec le tome 4, et cette fois-ci avec le tome 6, en plus de deux autres titres : « Sagesse du terroir africain » (bilingue mooré–français) et un essai scientifique intitulé « Mieux vivre sa ménopause » », explique-t-elle.

Elle salue la participation du public, même si la distance risque, selon elle, empêche certains amoureux de la lecture de venir jusqu’à leur stand. Elle remercie également le comité d’organisation. « Offrir un cadre idéal aux amoureux de la lecture pour vivre pleinement leur passion mérite des félicitations », a salué Mme Ouédraogo. Ses ouvrages sont proposés entre 2 500 et 3 000 F CFA.

Moustapha Zèba/ Juriste, écrivain a invité le CNO a plus de communication si le lieu du nouveau site

Moustapha Zèba, juriste, écrivain et conseiller matrimonial, expose lui aussi ses ouvrages, notamment sur le droit. Pour lui, l’édition est une réussite, mais il pointe un manque de communication. « Il faudra maximiser davantage la communication en amont. Le changement de site aurait dû être mieux annoncé pour toucher un large public », suggère M. Zèba.

La Bibliothèque nationale du Niger est aussi représentée par Mounkaïla Sani, responsable du stand nigérien. « Nous sommes venus présenter la chaîne de production de nos écrivains et éditeurs. Nous avons des contes pour enfants, des livres préscolaires et scolaires, ainsi que des documents historiques que nous expliquons sur place, mais qui ne sont pas commercialisables », indique-t-il.

Ainsi, les participants à la foire, dans leur ensemble expriment leur satisfaction quant au déroulement de l’événement. Aminata, rencontrée sur place, témoigne : « je suis venue faire le tour pour voir les livres exposés, et je suis épatée. Quand on pense que des écrivains burkinabè ont, à travers leur plume, gravé sur ces pages l’histoire de notre continent, on ne peut qu’être émerveillés. Sortir de mon cadre habituel me fait rêver ».
Elle invite les jeunes de son âge à visiter les stands, assurant que chacun y trouvera son bonheur.

Au moment où nous quittions les lieux, les visiteurs continuaient d’affluer vers les stands. Certains repartaient les bras chargés d’ouvrages, d’autres simplement avec le sourire d’une belle rencontre.

Aminata, heureuse des découvertes à la foire du livre

La FILO confirme une fois de plus son rôle essentiel : un espace où se croisent histoires, idées et, surtout, personnes.

En attendant la clôture prévue le 30 novembre 2025, la population est invitée à se rendre à la BNB pour découvrir les œuvres du terroir et du monde.

Nadège KINDA
Minute.bf

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