Capitaine Ibrahim Traoré : « Nous ne combattons pas une religion, mais l’extrémisme »

En visite à Ouahigouya, dans la région du Yaadga, le jeudi 16 juillet 2026, le Président du Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré, a échangé avec les forces vives de la région. Au cours de cette rencontre, il a consacré une large partie de son intervention à la lutte contre l’extrémisme religieux, qu’il considère comme l’une des principales sources du terrorisme au Burkina Faso.

Le Chef de l’État a d’abord appelé les citoyens à préserver la cohésion sociale et à rejeter les discours de haine. Selon lui, aucune religion ne saurait justifier la violence ou le rejet de l’autre. « Si l’on se considère comme un véritable croyant, on doit aimer tous les êtres humains, car ils sont tous des créatures de Dieu. Aucun homme ne donne la vie. Pourquoi alors vouloir tuer son semblable parce qu’il ne partage pas les mêmes convictions ? », a-t-il interrogé.

Le Capitaine Ibrahim Traoré a également invité les fidèles à s’inspirer du comportement et des valeurs de leur religion plutôt que d’imposer leurs croyances aux autres. Il a estimé que l’exemple et le bon comportement constituent les meilleurs moyens de convaincre, et non la contrainte.

Poursuivant son intervention, il a dénoncé les discours extrémistes qui alimentent, selon lui, le terrorisme. Il a assuré que l’État poursuivra sans relâche la lutte contre toutes les formes de radicalisation. « Si votre islam consiste à appeler à la haine et au meurtre, alors nous combattrons cela. Nous ne combattons pas une religion, mais l’extrémisme. C’est l’extrémisme qui a entraîné le terrorisme», a-t-il affirmé, tout en saluant les imams qu’il qualifie de « valeureux, dignes et patriotes », qui œuvrent quotidiennement à sensibiliser les fidèles et à promouvoir un islam de paix.

Le Président du Faso a averti que les autorités continueront de suspendre les prêches de toute personne diffusant des messages extrémistes ou de nature à menacer la paix sociale.

Abordant la question de la formation religieuse à l’étranger, le Chef de l’État s’est dit préoccupé par la présence de nombreux jeunes Burkinabè dans certains pays arabes, où ils suivraient, selon lui, des formations exclusivement centrées sur la charia et la jurisprudence islamique. Il a indiqué que les services de l’État avaient recensé plusieurs centaines de jeunes dont les ambassades burkinabè ne disposeraient d’aucune information précise sur le parcours. Selon lui, cette situation constitue un risque pour la sécurité nationale, certains revenant au pays après plusieurs années d’endoctrinement sans qualification professionnelle autre que la formation religieuse.

« À l’instant où je parle, on a plus de 800 burkinabè dans des pays arabes. Personne n’est au courant de leur sortie. Et vous savez ce qu’ils apprennent ? La charia, et ils veulent venir l’appliquer ici. Aucun d’eux n’apprend un métier. Ces hommes, je vais les faire revenir. Celui qui ne va pas revenir, c’est qu’il n’est plus burkinabè. », a affirmé le Capitaine Ibrahim Traoré.

Pour faire face à cette situation, le Capitaine Ibrahim Traoré a annoncé la volonté de l’État de soutenir davantage la formation religieuse au Burkina Faso. Il a indiqué que le gouvernement entend accompagner les différentes confessions religieuses, musulmane, catholique, protestante ainsi que les adeptes des religions traditionnelles, afin que les jeunes puissent recevoir une formation dans le pays, sans dépendre de financements extérieurs.

Le Président du Faso a enfin réaffirmé que son engagement demeure guidé par la protection de tous les Burkinabè, sans distinction de religion ou d’origine. Il a assuré que son combat vise avant tout à garantir la sécurité, la paix et l’avenir de chaque citoyen.
« Tous les êtres humains créés par Dieu méritent d’être aimés. Mon devoir est de veiller sur chaque enfant du Burkina Faso. Tant que certains souffrent ou vivent dans l’insécurité, je ne peux pas être en paix », a-t-il conclu.

Minute.bf

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