Burkina : Le ministre Pr Moumouni Zoungrana défend une réforme éducative au service de l’industrialisation

La réorganisation du système éducatif secondaire constitue une réforme majeure pour l’État burkinabè. Le ministre de l’Enseignement secondaire, de la Formation professionnelle et technique (MESFPT), le Pr Moumouni Zoungrana, a de nouveau insisté sur la nécessité de sa scientisation, ce mercredi 16 septembre 2026 à Ouagadougou. C’était à l’occasion de la cérémonie d’ouverture des Journées d’animation pédagogique des enseignants de l’enseignement secondaire du Kadiogo. Ces journées ont pour thème central : « La mise en œuvre des réformes dans l’enseignement secondaire : développement des compétences par la formation professionnelle et l’enseignement scientifique et technologique ».

Face à la volonté d’industrialisation accélérée du Burkina Faso, la réalité du terrain impose de disposer d’une main-d’œuvre non seulement qualifiée, mais aussi spécialisée et scientifique.

Le Presidium de la cérémonie

Pour le Pr Moumouni Zoungrana, les réformes engagées visent notamment à mieux adapter la formation aux besoins du pays. Il défend la promotion de l’enseignement technique et de la formation professionnelle, ainsi que la mise en place de classes polyvalentes.

Adapter l’école aux besoins du développement

« L’avis d’une personne n’est rien par rapport à la vie d’une Nation », a déclaré le Pr Moumouni Zoungrana pour justifier les réformes engagées dans le système éducatif. Selon lui, la réorganisation du système éducatif vise à faire en sorte que l’école ne soit plus exclusivement orientée vers l’enseignement général. Il s’agit d’offrir aux élèves, au cours de leur parcours scolaire, la possibilité d’accéder également à l’enseignement technique et à la formation professionnelle, avec des diplômes bénéficiant d’une reconnaissance équivalente.

« Il ne s’agit pas d’opposer l’enseignement général à l’enseignement technique », a-t-il précisé, rappelant qu’il est lui-même « un produit de l’enseignement général ». Toutefois, il estime que ce modèle a montré certaines limites et appelle les spécialistes de l’éducation à dépasser les « corporatismes inutiles » pour réfléchir aux besoins de la collectivité.

Cette orientation, a-t-il expliqué, répond également aux besoins liés aux investissements en cours dans le pays. Des centrales électriques, des lycées spécialisés et d’autres infrastructures sont appelés à fonctionner avec des compétences nationales capables d’assurer leur exploitation et leur maintenance, d’où la nécessité de faire de la science un puissant moteur de développement.

Le Pr Zoungrana a également défendu l’introduction des classes polyvalentes, tout en reconnaissant les difficultés liées notamment aux équipements et à la disponibilité des enseignants

Le Pr Zoungrana a également défendu l’introduction des classes polyvalentes, tout en reconnaissant les difficultés liées notamment aux équipements et à la disponibilité des enseignants. « Le plus grand voyage commence toujours par un pas », a-t-il lancé, estimant que les difficultés initiales ne doivent pas conduire à abandonner une réforme. Pour illustrer son propos, il a évoqué l’image d’un chasseur qui, après avoir posé un piège sans capturer de gibier, déciderait de ne plus jamais retourner dans la brousse. « Ce n’est pas parce que c’est difficile que nous ne devons pas essayer », a-t-il insisté.

Le ministre Zoungrana a par ailleurs cité plusieurs réalisations récentes pour illustrer, selon lui, la capacité du Burkina Faso à concrétiser des projets considérés auparavant comme difficiles à réaliser. Il a évoqué la TEXFORCES BF récemment inaugurée, qui emploie des milliers de jeunes, l’autoroute en construction et des amphithéâtres construits avec l’implication de compétences burkinabè. « Il n’y a rien qui est impossible au Burkina Faso si on a la conviction et si on a la dignité », a-t-il affirmé.

Des ingénieurs pour accompagner l’industrialisation

Abordant la question de la place des séries scientifiques et technologiques, le Pr Moumouni Zoungrana a défendu une réorientation répondant aux besoins immédiats de la vision du Chef de l’État.

Lui-même littéraire, il dit connaître l’importance de la littérature, mais estime que le Burkina Faso a actuellement besoin de renforcer rapidement ses filières technologiques. « Nous manquons crucialement d’ingénieurs. Et un pays ne se maintient pas par les paroles, mais se construit par l’ingénierie », a-t-il déclaré.

Un aperçu de l’assistance

Il a ainsi cité les séries F1, F2, F4, E et H, dont il souhaite voir les effectifs progresser, notamment à travers des mesures de promotion ciblées. Pour lui, la question est aussi celle de la maintenance des équipements déjà disponibles dans les administrations et les établissements scolaires : imprimantes, photocopieuses, véhicules et autres machines. « Nos machines que nous avons installées, qui va les maintenir ? », s’est-il interrogé.

Le Pr Zoungrana a ainsi estimé que le développement de ces compétences doit permettre au Burkina Faso de réduire progressivement sa dépendance à l’expertise étrangère. « Nous sommes là pour déposer la brique à la bonne place pour que celui qui va venir trouve une bonne fondation et qu’il dépose sa brique aussi », a-t-il conclu, appelant à inscrire les réformes éducatives dans une vision de long terme.

Pour rappel, les Journées d’animation pédagogique des enseignants de l’enseignement secondaire du Kadiogo se tiennent du 16 au 18 septembre 2026.

Jean-François SOMÉ
Minute.bf

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