mercredi 17 juillet 2024
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Burkina : La BCLCC met fin aux activités des plusieurs présumés cyber-délinquants

La Brigade centrale de lutte contre la cybercriminalité (BCLCC) a présenté à la presse, ce jeudi 13 juin 2024 à Ouagadougou, plusieurs réseaux de présumés cyber-délinquants mis aux arrêts. A la suite de plusieurs plaintes d’escroquerie, ce sont 02 réseaux de 08 présumés cyber-délinquants qui ont été démantelés par la BCLCC pour des faits de faux et usage de faux, l’usurpation d’identité suivie d’escroquerie et de blanchiment de capitaux aux moyens des Technologies de l’information et de la communication (TIC).

Selon le mode opératoire décrit par la Brigade centrale de lutte contre la cybercriminalité (BCLCC), le premier réseau, composé de trois membres de nationalité camerounaise, usurpait l’identité de structures basées au Burkina Faso ou au Togo (Moov Africa, Ebomaf, Tds Burkina, Diacfa, IAM Golg Essakane SA…) en créant des comptes Gmail avec leur nom et leur logo. Ils ciblaient principalement leurs compatriotes camerounais en leur proposant de faux recrutements correspondant à leur centre d’intérêt.

Les téléphones, du numeraire et des CNIB saisis entre les mains des cybercriminels

Toujours selon la BCLCC, une fois qu’une victime postulait, elle recevait un e-mail de confirmation de sa sélection pour un entretien, assorti de conditions de travail alléchantes : un recyclage obligatoire de 3 à 6 mois avec un salaire de 100 000 F CFA par mois, suivi d’un salaire de base mensuel variant entre 450 000 et 600 000 FCFA, ainsi que des avantages tels que l’assurance santé, les primes de mission et des logements gratuits pour les candidats retenus.

Cependant, « la participation à l’entretien était conditionnée par le paiement d’une somme de 750 000 F CFA. Une fois la somme payée, la victime est déclarée admise et invitée à rejoindre le Burkina Faso pour prendre service. Ce n’est qu’à son arrivée au Burkina Faso qu’elle réalise qu’il s’agit d’une escroquerie de type « QNET » », a expliqué Bayi Akim Nignan, chef de la division des enquêtes de la BCLCC.

Bayi Akim Nignan déclinant le modus operandi des présumés cyber-délinquants

Quant au second réseau, il est composé de six membres spécialisés dans l’escroquerie portant sur la sève de moringa ou du liquide du pommier de Soudan. Deux d’entre eux sont Béninois et les quatre autres sont burkinabè. Pour mener à bien leurs activités illégales, ils se sont procuré plusieurs cartes SIM pré-identifiées à des prix allant de 1 000 à 25 000 F CFA.

À en croire, les agents de la BCLCC, dans un premier temps, le groupe identifie et collecte des informations précises sur leurs victimes potentielles avant de les aborder, en utilisant des scénarios soigneusement élaborés en fonction de leurs profils. L’un des membres du réseau contacte alors la victime en se faisant passer pour un étudiant à Paris, utilisant les informations collectées pour établir une relation de confiance.

Les conférenciers

Ensuite, la victime est ensuite mise en contact avec un prétendu tuteur, nommé Dr Bancé, Dr Sanou, Dr Gouba, Dr Minoungou, qui travaille pour le laboratoire basé à Paris. Ce dernier exprime un besoin urgent de 700L de sève de moringa ou de liquide de pommier de Soudan pour la fabrication de produits pharmaceutiques, et fait une proposition alléchante à la victime. « Une fois que la victime est intéressée par l’achat de sève de moringa ou de liquide de pommier de Soudan, elle est mise en contact avec un prétendu producteur du nom de Ladji à Bagré ou de O.S, surnommé « Vieux ». Ce dernier, qui est en réalité un membre du groupe de présumés cybercriminels, lui confirme l’existence du produit et l’informe qu’il est nécessaire de réserver une quantité auprès des fournisseurs à la frontière entre le Burkina Faso et le Bénin. Il exige alors des frais de déplacement pour s’y rendre. Si la victime accepte de payer ces frais, le faux producteur lui apprendra que les fournisseurs acceptent un paiement partiel à l’avance et le reste à la livraison. C’est à partir de ce moment que les membres du groupe de présumés cybercriminels vont mettre en place plusieurs scénarios pour soutirer le maximum d’argent à la victime. Ils peuvent par exemple lui demander de payer des frais liés au code-barre exigé par les forestiers, des frais de conservation et d’emballage de la sève, des frais de dédouanement, des amendes de police, des frais de réparation de véhicule en panne, des frais de gasoil, des frais de stationnement, des frais phytosanitaires, etc. Les montants demandés peuvent varier en fonction de l’intérêt que porte la victime à l’affaire. Dans certains cas, un membre du réseau peut jouer le rôle d’ambassadeur et rassurer la victime qu’un chèque de plusieurs millions a été émis en son nom et déposé à l’ambassade. Ce soi-disant ambassadeur fera croire à la victime qu’elle pourra entrer en possession de cette somme dès son arrivée au Burkina Faso », a longuement détaillé M. Nignan.

La BCLCC a fait noter que les membres de ce réseau utilisent une liste non-exhaustive de noms fictifs et de numéros de téléphone pour mener à bien leurs escroqueries. Ils se débarrassent de ces numéros après avoir fait de nombreuses victimes.

Des véhicules ont également été saisis des mains des présumés cyber-délinquants

« Une partie de l’argent obtenu par cette escroquerie est transférée au Bénin, tandis qu’une autre partie est retournée au Burkina Faso pour y être blanchie. Les fonds sont alors injectés dans diverses activités telles que la vente de lubrifiants moteurs », ont révélé les conférenciers.

La BCLCC a saisi entre leurs mains, 3 véhicules, 3 motocyclettes, 13 smartphones, une boutique de vente de lubrifiants moteurs dont la valeur est estimée entre 50 à 70 Millions de FCFA et une somme d’argent d’une valeur de 3 203 000 FCFA, un bordereau de reçu et cinq CNIB.

Le préjudice financier, selon la BCLCC, s’élève à 243 471 780 F CFA. La BCLCC a indiqué que ces présumés délinquants seront traduits devant les juridictions.

Mathias Kam

Minute.bf

1 COMMENTAIRE

  1. Salut salut je suis un jeune camerounais de 24 ans ,je suis victime de Qnet actuellement et j’ai pas un mois dans ça,car j’ai pu m’enfuir de leurs loges baser dans la ville de Ouagadougou ou je ne connais vraiment personne, j’ai eu a me plaindre dans les commissariat et gendarmerie mais personne n’a pue m’aider , actuellement je suis a Ouagadougou je dors en route j’ai rien pour survivre, vraiment je prête votre attention pour que vous m’aidiez à rentrer dans pays s’il-vous-plaît peuple burkinabé !

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