La proclamation des résultats du premier tour de la session 2026 du Brevet d’études du premier cycle (BEPC) a eu lieu ce mardi 9 juin sur l’ensemble du territoire national. Au jury 89, logé au collège privé Bénaja à Ouagadougou, l’heure était aux émotions fortes, entre soulagement, joie et déception.
A notre arrivé en cette matinée du mardi 09 juin, l’établissement présentait un visage inhabituellement calme. Les candidats se faisaient encore rares. Mais au fil des heures, la cour du collège s’est progressivement remplie. Élèves, parents, amis et proches ont convergé vers le centre d’examen avec un seul objectif : connaître les résultats tant attendus.

Par petits groupes, les candidats échangeaient devant le jury 89, le seul installé dans l’établissement. Les visages trahissaient l’anxiété. Certains affichaient une confiance rassurante, tandis que d’autres peinaient à contenir leur stress. Quelques larmes coulaient déjà avant même le début de la proclamation.
À 12 h 50, la sirène retentit enfin, mettant un terme à plusieurs heures d’attente. Le jury est prêt. L’habituel « Candidats, approchez ! » résonne dans la cour. Les plus courageux avancent vers les membres du jury. D’autres préfèrent rester en retrait, observant la scène à distance.

Parmi les admis figure Soubega Grâce Priscillia, élève au Complexe scolaire Sainte Famille, qui décroche son BEPC avec la mention Très bien. Visiblement émue, elle confie sa satisfaction. « Je suis très contente d’avoir obtenu mon BEPC dès le premier tour. Je souhaite également beaucoup de courage à ceux qui iront au second tour. J’étais confiante parce que j’ai commencé les révisions dès le premier trimestre et non à la dernière minute » a t-elle confié.
Même sentiment de bonheur chez Yaméogo Tégawendé Ashley, élève de la CEG municipale du secteur 28. « Je ne peux même pas exprimer mes émotions. Je suis tellement contente que j’en perds mes mots. J’étais confiante, mais je savais aussi que tout pouvait arriver. J’ai donné le meilleur de moi-même », explique-t-elle. À ses camarades admissibles au second tour, elle adresse un message d’encouragement . « Il ne faut pas baisser les bras. Avec du courage et du travail, on peut encore réussir et même décrocher une mention ». La jeune lauréate envisage de poursuivre ses études en série C.

Pour Jeannine Simbo, également élève du CEG municipale du secteur 28 et admise avec la mention Bien, le résultat récompense des mois d’efforts. « Je suis très contente. J’étais sûre d’avoir mon examen parce que j’ai beaucoup travaillé et prié », affirme-t-elle.
Des candidats malheureux au premier tour…
Tous les candidats n’ont cependant pas eu la même chance. Moubarak Traoré, élève au collège privé Neb Nooma de Bonnan, devra passer par le second tour. Il attribue notamment sa situation à l’épreuve de Sciences de la vie et de la Terre (SVT).

« Je suis au second tour, et c’est à cause des SVT. S’ils nous avaient donné des sujets qui parlaient du sang ou des calculs sur les os, nous aurions obtenu beaucoup de points. Mais ils ont envoyé un sujet du genre, « Daoda a mangé des haricots, puis il est allé jouer au ballon et il est tombé… ». Pourtant, j’étais sûre d’être admise au premier tour », regrette-t-il.
Selon le président du jury 89, Kamboré Tilado, 332 candidats étaient inscrits pour cette session, dont 323 présents et 9 absents. À l’issue du premier tour, 120 candidats ont été déclarés admis, tandis que 158 sont autorisés à composer au second tour. Le jury enregistre ainsi un taux de réussite de 37,15 %.

Le président du jury souligne que les opérations de correction se sont déroulées sans difficultés majeures grâce à l’implication des 16 correcteurs mobilisés. Il rappelle également les changements intervenus cette année dans le système de coefficients, notamment en français et en mathématiques, désormais affectés du coefficient 3.
À l’endroit des admis, Kamboré Tilado adresse ses félicitations et insiste sur la valeur du mérite. « La réussite obtenue par le travail est une source de fierté pour l’élève, sa famille et ses encadreurs. Nous invitons les candidats à bannir la tricherie et à miser sur leurs propres capacités », a-t-il déclaré.

Aux 158 candidats attendus au second tour, il recommande davantage de confiance en soi et un travail personnel rigoureux. Quant aux élèves ayant échoué, il les exhorte à considérer cette contre-performance comme une étape d’apprentissage. « L’échec n’est pas une fin en soi. C’est une occasion de réfléchir, de corriger ses erreurs et de mieux rebondir », a-t-il conseillé.
Les candidats admissibles au second tour ont désormais quelques jours pour se préparer. Les épreuves sont prévues pour le vendredi 12 juin 2026.
Sakinatou ZOUNDI
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