Ouvert le 20 mai dernier, l’atelier d’échange et de formation des acteurs coutumiers et traditionnels sur les principes de la loi Faso Bu-Kaoré s’est achevé le vendredi 22 mai 2026 à Ouagadougou, en présence du ministre de la Justice, Me Edasso Rodrigue Bayala. À l’issue des travaux, les premiers tribunaux coutumiers et traditionnels de règlement des différends ont été officiellement installés.
Pendant trois jours, autorités coutumières et traditionnelles, acteurs judiciaires et représentants institutionnels ont échangé autour des défis liés à la cohésion sociale, à la prévention des conflits communautaires et à l’efficacité des mécanismes alternatifs de règlement des différends. Cette initiative marque une étape importante dans la valorisation des mécanismes traditionnels de règlement des conflits et dans le rapprochement de la justice des populations.

Selon le ministre de la Justice, des Droits humains, Me Edasso Rodrigue Bayala, ces échanges ont permis d’harmoniser les points de vue sur les modalités de mise en œuvre de ces mécanismes endogènes de prévention et de gestion des conflits. Il a salué l’engagement des autorités coutumières et traditionnelles mobilisées pour cette phase pilote menée dans le Moogho. Pour le ministre Bayala, cette dynamique traduit l’intérêt accordé par les gardiens des traditions à la question de la justice, considérée comme un pilier de la paix et de la cohésion sociale. « La loi n’a rien créé de nouveau. Elle est venue encadrer et harmoniser des pratiques déjà existantes dans nos royaumes et localités », a expliqué Edasso Bayala.
Il a précisé que cette première expérience servira de base pour d’éventuels ajustements afin d’améliorer le fonctionnement des juridictions coutumières et traditionnelles. Le garde des Sceaux a également transmis les salutations et encouragements du Chef de l’État aux chefs coutumiers, soulignant le rôle essentiel qu’ils jouent dans la préservation des valeurs ancestrales burkinabè. Il a insisté sur le caractère stratégique de cette phase pilote conduite à Ouagadougou, avant une possible extension à d’autres régions du pays.

Dans les prochains jours, a precisé Me Bayala, des registres seront remis aux représentants des autorités coutumières afin de permettre la constitution officielle des tribunaux traditionnels dans les villages et secteurs concernés. Une fois les arrêtés délivrés, les premières audiences pourront être organisées.
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Le ministre Bayala a par ailleurs souhaité une collaboration étroite entre les juridictions modernes et les instances coutumières. Il a invité les acteurs traditionnels, lorsque les affaires ne présentent pas un caractère confidentiel, à permettre une couverture médiatique de certaines audiences afin de renforcer la sensibilisation des populations sur ce nouveau dispositif judiciaire.
Il a enfin salué l’implication des directions techniques du ministère, des responsables de juridictions, des magistrats, des services de sécurité, du protocole ainsi que des équipes de communication ayant contribué au succès de la rencontre.

Prenant la parole au nom des chefs coutumiers, le représentant du Moogho Naaba, le Ouidi Naaba, a exprimé sa reconnaissance aux autorités pour l’initiative. Il a indiqué que les échanges ont permis de constater une grande proximité entre les pratiques traditionnelles déjà appliquées et les dispositions prévues par la loi Faso Bu-kaoré. Les autorités coutumières ont également plaidé pour l’organisation d’autres rencontres impliquant davantage de chefs traditionnels.
« Durant les trois jours, nous avons beaucoup échangé entre nous pour voir ce que nous faisons avant et examiner aussi Faso Bu-kaoré, et ce que nous avons remarqué c’est qu’il n’y a pas trop d’écart et nous sommes vraiment contents de l’initiative. C’est une phase pilote et nous sollicitons que ça puisse être répandu partout ailleurs pour soulager la population. Nous souhaitons l’extension progressive de cette expérience à l’ensemble du territoire national afin de contribuer au désengorgement des juridictions et au soulagement des populations », a ajouté le Ouidi Naaba représentant le Moogho Naaba.

Il faut noter qu’à la fin de la cérémonie des Procès verbaux et des registres ont été transmis aux notabilités.
Nadège KINDA
Minute.bf






