Violences basées sur le genre : Environ 300 victimes enregistrées en moins de deux mois

Deux mois après le lancement officiel du numéro vert de dénonciation de cas de violences basées sur le genre (VBG), la ministre en charge de la famille, Laurence Ilboudo a rendu visite aux victimes de VBG du centre d’écoute sis à Ouagadougou ce vendredi 30 avril 2021. Cette visite a permis de faire le rapport de la situation de prise en charge des victimes deux mois après la mise en place de cette structure.

Pour faciliter les dénonciations des cas de violences et une meilleure prise en charge des victimes de violences basées sur le genre, un numéro vert a été mis en place. En moins de deux mois du lancement du numéro vert, plus de quatre cent appels téléphoniques ont été enregistrés.

« L’objectif de ce centre est de prendre en charge toutes les personnes victimes de VBG au Burkina Faso. Pour un début, 400 appels c’est énorme. Ces chiffres devraient se stabiliser à un moment quand le centre va atteindre sa vitesse de croisière. Avec la sensibilisation auprès des communautés, normalement ces chiffres devraient commencer à baisser. L’objectif c’est d’avoir moins de victimes et moins d’appels », explique Laurence Marshall/Ilboudo, ministre de la femme.

«Pour que nous arrivons à une société de paix, il est important que l’on regarde ce secteur. Nous oublions ce facteur VBG qui incite, qui impacte les enfants, les femmes, qui se radicalisent. Ces enfants qui ont vu leurs mères victimes de violences, deviennent eux-mêmes acteurs de violences pour se venger d’où la nécessité de regarder comment nous pouvons travailler à avoir une société plus apaisée », ajoute-t-elle.

Prise en charge des victimes

Les survivantes de violences basées sur le genre peuvent être atteintes de troubles psychologiques et neurologiques. Ces troubles peuvent avoir un impact sur leur santé physique et mentale qui peuvent durer dans le temps.

Pour une prise en charge efficace, une équipe pluridisciplinaire a été mise en place pour assurer la permanence et la garde 24h sur 24. Cette équipe pluridisciplinaire est composée d’un service psychosocial, un service médico-psychologique et un service juridique et prévention.

« Neuf victimes ont été retournées en famille, et à la date du 29 avril 2021, 21 victimes sont en attente d’une solution à leur problème », confie Mariam Kaboré/Zagré, responsable du centre.

Les victimes hébergées au niveau du centre sont composées de plusieurs nationalités. Elles estiment avoir trouvé refuge au niveau du centre. « Au nom de toutes ces victimes hébergées au niveau du centre, nous disons merci à la ministre pour ce qu’elle et son équipe ont fait pour nous. Moi, quand je venais ici, on penserait que j’ai le SIDA. Mais depuis que je suis arrivée ici, je me sens très bien », s’est réjoui Aïcha Timité, avec une voix lourde en émotions.

La ministre de la femme a rassuré les victimes du Centre du soutien du gouvernement à travers son département qu’elles seront bien traitées et bien accompagnées pour leur insertion socioéconomique et promet que celles qui veulent retourner chez elles seront accompagnées.

Elle a également exhorté les victimes à prier, à se confier à Dieu et de voir comment elles pourront reconstruire leur vie.

Mireille Sandrine Bado
Minute bf

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