Le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (MESRI), le Pr Ardjima Thiombiano, a tenu une conférence de presse, ce lundi 7 septembre 2026. L’objet de cette rencontre était de faire le point sur la résorption des retards et des chevauchements d’années académiques dans les Universités publiques du Burkina Faso. Entre janvier 2024 et août 2026, les efforts du Ministère ont permis de porter le taux de filières normalisées de 81,31 % à 99,69 %. L’objectif affiché est désormais d’atteindre 100 % d’ici au 21 septembre prochain.
Les années académiques à rallonge seront bientôt conjuguées au passé dans l’Énseignement supérieur public burkinabè. En moins de trois ans, le taux de filières ayant retrouvé un rythme normal est passé de 81,31 % à 99,69 %. Une performance que le Ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (MESRI), entend parachever dans les prochains jours.

Selon le MESRI, en 2023, la situation était pourtant alarmante. Certaines filières accusaient des retards allant de trois à plus de trente mois, allongeant considérablement la durée des cursus. Une licence, conçue pour être obtenue en trois ans, pouvait ainsi s’étirer sur cinq années, voire davantage.
Face à ce constat, le Pr Ardjima Thiombiano a expliqué que son Ministère a misé sur trois leviers complémentaires : des réformes institutionnelles, un renforcement du suivi des cursus universitaires, et la création de commissions spécialement chargées de veiller à la normalisation des filières.
Cette stratégie a rapidement porté ses fruits. Le taux de normalisation, qui s’élevait à 81,31 % au 1er janvier 2024, est passé à 86,86 % au 31 juillet 2025, puis à 92,52 % avant d’atteindre 98,44 % au 31 juillet 2026.
Au 31 août 2026, ce taux s’établit à 99,69 %. Sur l’ensemble des 321 filières recensées, une seule reste encore en décalage : il s’agit de la filière Pharmacie de l’Université Joseph-Ki-Zerbo (UJKZ). Sa complète régularisation est attendue pour le 21 septembre 2026.
Pour le ministre Pr Thiombiano, cette avancée est inédite depuis plus de quinze ans et constitue une étape décisive dans l’assainissement du calendrier universitaire national.

À cet effet, a souligné le Pr Thiombiano, cette performance repose notamment sur l’assainissement des statistiques, le suivi rapproché des cursus, le recrutement d’enseignants-chercheurs et de personnels de soutien, ainsi que sur les investissements dans les infrastructures pédagogiques. Il a également cité l’intégration accrue de CampusFaso, l’implication des chercheurs dans l’enseignement, le paiement progressif des dettes académiques et le renforcement des œuvres sociales.
Tout en remerciant les sacrifices consentis par l’ensemble des acteurs, le MESRI a tenu à rappeler l’objectif, qui est de consolider les acquis. Il entend poursuivre les recrutements et les réformes pédagogiques, renforcer la digitalisation à travers CampusFaso, développer l’enseignement à distance et encadrer l’utilisation de l’intelligence artificielle.
« Il est impératif de maintenir le cap pour consolider la normalisation et garantir également une formation de qualité », a soutenu le ministre en charge de l’Enseignement supérieur, et a appelé à une meilleure gouvernance, à la rigueur dans le suivi des activités académiques et au maintien de l’esprit de patriotisme dans les campus.
Il convient de noter que la normalisation du calendrier académique est désormais une réalité dans les universités, les écoles et les CU. Aussi, le MESRI a affirmé que tous les niveaux de toutes les filières, y compris la pharmacie à l’UJKZ, débuteront effectivement les enseignements le 1er octobre 2026.
Lire aussi : Résorption des retards académiques dans les universités publiques : 92,52% des filières normalisées
Nadège KINDA
Minute.bf







