Tribune – Affaire Adja la guérisseuse : « Laissez le passé nous instruire ! » (Abdoul Karim Sango)

Ceci est une tribune du juriste, homme politique et ancien ministre, Dr Abdoul Karim Sango, en lien avec l’affaire dite Adja la guérisseuse. Lisez plutôt !

Laissez le passé nous instruire ! Après une semaine extrêmement agitée, la Raison semble avoir habitée tous les protagonistes dans cette affaire de la guerisseuse. En temps normal, ce type de dossiers est classé dans la catégorie des faits divers pour traitements inhumains et dégradants. Le défi majeur au Burkina Faso reste la lutte contre l’hydre terroriste qui a fait encore plus d’une vingtaine de morts dans le Centre-est, ces derniers jours. A cela, il faut ajouter la menace de la plus grande famine de notre histoire en raison du défi sécuritaire. Face à des défis titanesques de ce genre, on peut se demander pourquoi cette affaire est devenue subitement une affaire d’Etat ?

En attendant le communiqué du Conseil supérieur de la magistrature, on peut dire que dans l’affaire de la guérisseuse, on a préféré un mauvais arrangement à un bon procès. En toute chose, ce qui est fondamental dans l’Etat c’est garantir l’intérêt général.

Évidemment, les nombreux justiciables qui ont droit à la justice ne devraient jamais être pris en otage entre l’exécutif et le judiciaire..

Vous ne vous rendez compte de l’importance d’une justice indépendante que le jour où vous trouvez devant le juge pour un procès. Notre pays doit être fier de l’indépendance de la justice. Il faut travailler coûte que coûte à la préserver, voire la renforcer !

Cette affaire a permis de comprendre que le peuple Burkinabè n’est pas un ressort amorti pour reprendre une expression de Monseigneur Anselme Sanou Titiama. J’ai pu observer un véritable attachement des Burkinabè à la démocratie, à l’Etat de droit, et au respect de la dignité humaine. Et cela est admirable et encourageant! Il faut tirer les véritables leçons de cette histoire. Tout homme politique qui agit est nécessairement condamné à commettre des erreurs. Il faut rapidement travailler à tirer les leçon de ses erreurs. Dans mon livre « Pour la culture je plaide », je reprends cette citation de Tocqueville qui est riche en enseignements « lorsque le passé n’éclaire plus l’avenir, l’esprit marche dans les ténèbres ».

Puisse Dieu nous donner la force et la sagesse de nous laisser éclairer par notre histoire!

Minute.bf

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