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samedi 1 octobre 2022

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Système de santé au Burkina : Des insuffisances et irrégularités criardes

Au cours d’une séance plénière tenue le 13 décembre 2017, la Commission d’enquête parlementaire sur le système de santé au Burkina a présenté les résultats de ses travaux. Durant trois mois, les commissaires parlementaires ont sillonné les treize régions du pays, visité des structures sanitaires et auditionné plusieurs personnes. L’insuffisance de financement et la gestion peu efficiente constitue un véritable goulot d’étranglement du système de santé au Burkina, selon la commission qui a formulé des recommandations pour combler les insuffisances et combattre les tares. Parlant de tares, il y en a de tous ordres et à tous les niveaux.

En 90 jours d’investigations, la commission d’enquête parlementaire a visité 111 structures sanitaires, auditionné plusieurs centaines de personnes et produit un rapport d’environ 900 pages. 15 thématiques ont été analysées. Et la commission est parvenue à la conclusion selon laquelle, notre système de santé a mal à sa gouvernance. Ce document présenté ce 13 décembre 2017 révèle des insuffisances et irrégularités criardes au niveau des : infrastructures, des équipements et de la logistique, des ressources humaines, de la formation et la recherche dans le domaine de la santé, de la gestion des déchets biomédicaux, des structures privées de soins, de la politique pharmaceutique, de la mesure de gratuité des soins de santé et de la promotion de la santé…

Les commissaires parlementaires ont décelé, entre autres : une situation non conforme en matière de recrutement des élèves dans les écoles privées de santé (un élève en IDE 2e année en 2017 a obtenu son BEPC en 2015) ; des formateurs qui enseignent de manière expéditive des matières de 7 à 12 heures le même jour. Aussi, ont-ils constaté que les directions régionales de la santé et l’inspection technique n’assurent pas de manière adéquate le contrôle des activités privées de santé ; ce qui entraine des pratiques non conformes qui influencent négativement la qualité de la formation des élèves.

Aussi, les effectifs du personnel médical et para médical du secteur public de la santé présentent les insuffisances aussi bien sur le plan qualitatif que quantitatif. A cette insuffisance se greffe une disparité notoire dans la répartition géographique du personnel. Pire, aucun Centre hospitalier universitaire (CHU) ne respecte les normes en matière de gestion du personnel médical et paramédical. Seulement 12% des Centres hospitaliers régionaux (CHR) respectent ces normes contre 27% des Centres médicaux avec antenne chirurgicale (CMA).

« C’est toute la chaîne qui est pourrie »

Par ailleurs, un fournisseur d’équipements a été particulièrement indexé dans ce rapport. Il s’agit de la SOGEMAB qui fournit fréquemment des appareils inadaptés aux besoins des services, souvent dans des délais de livraison largement décalés, à des coûts exorbitants. Aussi, dans ce domaine, on note la livraison d’équipements non conformes aux spécifications, des coûts qui varient d’un CHU à un autre, des interventions à répétition, une disproportion entre le coût des pièces et de la main d’œuvre, des surfacturations, des équipements dits neufs livrés mais défectueux, soit hors d’usage à peine après une année de fonctionnement.

« Tout notre système repose sur les actions et les activités de la SOGEMAB. La question de la SOGEMAB est donc un goulot d’étranglement de notre système de santé », a précisé Julien Kouldiati, le président de la commission d’enquête parlementaire. D’ailleurs, dans les recommandations, les commissaires parlementaires demandent un audit de cette société, afin que les responsabilités soient situées sur toute la chaine, mais aussi que des sanctions soient prises. Car, « c’est toute la chaine qui est pourrie », selon la plupart des intervenants. « Nous avons affaire à des mafieux », martèle le député Bindi Ouoba, qui est un professionnel de la santé.

Un couplage cancérigène entre mal gouvernance et sous-développement

Pour le député Mathieu B. Ouédraogo, cette gouvernance désastreuse de notre système de santé n’est que la conséquence d’un « couplage cancérigène entre la mal gouvernance et le sous-développement ». Et, il y a lieu d’agir avant qu’il ne soit trop tard.

« Le matériel commandé, tantôt de mauvaise qualité, tantôt surfacturé, tantôt non demandé, à ce niveau, il y a une complicité entre les fournisseurs, l’Etat et ceux qui commandent. Nous devons sanctionner. La justice même peut s’autosaisir et envoyer des gens au gnouf. Les fournisseurs qui s’enrichissent sur le dos de l’Etat au détriment du peuple, il faut les rayer des effectifs des fournisseurs parce qu’ils ne sont pas les seuls. Chacun profite de cette situation de bordel installé. Notre rôle est d’interpeler et à partir de maintenant, il n’est plus question de dénoncer et d’en rester là, nous allons suivre parce que nous sommes payés avec l’argent du contribuable et donc nous devons défendre les intérêts du contribuable. L’ASCE est à l’écoute. Et elle doit commanditer un audit sur la SOGEMAB. Pour ce qui est du personnel hospitalo-universitaire, il y a des brebis galeuses dans l’enclos », a lancé Alassane Bala Sakandé, Président de l’Assemblée nationale.

Moussa Diallo
Lefaso.net

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