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lundi 17 juin 2024

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Serges Ekra Delafaurce sur les MADIGO: « La seule chose que j’ai gagnée aux MADIGO(…), c’est d’avoir participé à la SNC en 2016 »

Le commissaire général des Meilleurs Acteurs de divertissement et de la Gastronomie de Ouagadougou (MADIGO) a accordé un entretien à votre journal www.minute.bf. Il est revenu sur les différentes articulations de la sixième édition de cette manifestation qui connaitra la soirée apothéose le 19 octobre prochain à Ouagadougou. Il a aussi décliné, au cours de cet entretien, les innovations intégrées à cette sixième édition et, sans langue de bois, il a relevé les différentes difficultés que rencontre le commissariat général des MADIGO dans l’organisation de cette manifestation depuis sa création jusqu’à cette sixième édition. Nous vous proposons, dans les lignes qui suivent, l’intégralité de l’entretien qu’il nous a accordé.

 Minute.bf : Présentez-vous à nos lecteurs s’il vous plait…

Serges Ekra Delafaurce (SED) : Je vais saluer l’ensemble des lecteurs du dynamique site d’information burkinabè www.minute.bf qui, bien qu’étant jeune, s’est subtilement hissé dans la sphère des grands médias en ligne du Burkina Faso. Moi, en tant que journaliste, j’ai beaucoup d’admiration pour le travail que vous abattez. Je traduis mes encouragements aux premiers responsables ainsi qu’à l’ensemble du personnel de ce médium qui fait parler de lui.

Je suis Serges Ekra Delafaurce, originaire de la Côte d’Ivoire, pays frère du Burkina Faso, je suis journaliste. Depuis que je me suis installé ici définitivement en 2013, je me suis intéressé aux questions liées à la culture. Actuellement, j’évolue dans un journal de la place en qualité de chef de Desk culture.

Qu’est-ce que les MADIGO ?

Les MADIGO sont un concept socio-culturel basé sur des fondements d’excellence et de promotion. Contrairement à ce que beaucoup de gens peuvent penser, les MADIGO ne sont pas organisés seulement pour festoyer. Certaines personnes disent que nous faisons la promotion de la dépravation des mœurs. Nous disons non ! Quand nous voulons parler de développement, toutes les entités, tous les domaines concrets qui animent la vie d’un pays doivent être pris en compte. MADIGO est un canal entre les espaces de divertissement, les complexes hôteliers, les restaurants, etc. et les médias.

Je vous informe qu’il y a des bars au Burkina Faso, notamment à Ouagadougou, qui peuvent se taper un chiffre d’affaire d’un à deux millions, voire plus, chaque week-end. Ce sont des véritables entreprises. Je ne pense pas que dans notre secteur formel comme informel, beaucoup d’entreprises puissent se taper ce chiffre d’affaire. Pour nous autres qui sommes des observateurs et des spécialistes de la communication, nous avons trouvé bon de professionnaliser ce domaine. Il serait bien que les patrons de tous ces espaces aient des plans et des stratégies de communication dûment menés. Il serait aussi bien que nous médias, puissions ouvrir des canaux pour que ces espaces viennent communiquer. C’est le combat que nous menons et c’est également l’idée qui sous-tend la création de ce concept qui est MADIGO. La partie de la cérémonie où nous décernons des trophées est juste un moyen de montrer aux patrons et aux acteurs, combien de fois ils peuvent se sentir inutiles aux yeux des gens, mais combien de fois nous autres, nous savons combien ils sont importants pour le système économique du pays. Voilà un peu les grandes lignes qui ont motivé la création des MADIGO.


« Les MADIGO sont un concept socio-culturel basé sur des fondements d’excellence et de promotion »

Combien de temps dure cette aventure et quel bilan faites-vous des éditions passées ?

Aujourd’hui (mercredi 18 septembre ndlr), nous sommes à un mois de la sixième nuit de distinction des Meilleurs Acteurs de divertissement et de la Gastronomie de Ouagadougou (MADIGO). Je me réjouis d’abord, en tant que promoteur, que mon activité ait pu résister au temps avec les difficultés que rencontre notre petit pays en gestion économique et social, qu’est le Burkina Faso. Nous avons vu pas mal d’activités qui ont disparu après une ou deux éditions. Mais nous avons pu résister, malgré les difficultés que nous rencontrons toujours, dans l’organisation de cette manifestation.

Pour moi, le jeune combattant et aventurier, je ne suis pas de ceux qui font l’apologie du défaitisme. Je suis plutôt pour ceux qui encouragent l’esprit positif. Corriger les erreurs afin d’avancer. Je ne reviendrai pas sur le manque de moyens dans l’organisation de cette manifestation, où sur le fait que le commissaire général des MADIGO, à la fin de la cérémonie, est rentré chez lui avec 19 mille francs… Nous allons retenir seulement que chaque année, nous avons pu, contre vent et marrés, tenir notre édition aussi belle ou moins belle qu’elle fut. Moi, je dirai que le bilan est positif et cette année nous travaillons à faire mieux que l’année dernière.

Pour cette année, quelles sont les innovations ?

Nous avons introduit deux ou trois innovations majeures cette année. La grande innovation, c’est le changement des trophées qui, faut-il le rappeler, est beaucoup apprécié actuellement. Sur les cinq premières éditions, nous avions toujours décerné des tableaux à nos différents lauréats. L’année dernière, quelqu’un a attiré mon attention. Il m’a dit que pour donner un peu plus d’éclat, de notoriété et de crédibilité à la manifestation, il serait mieux que je trouve du bronze à la place des tableaux que n’importe qui peut faire. J’ai trouvé que c’était une observation à prendre au sérieux. Mon équipe et moi avons mené la réflexion sur le sujet, et nous nous sommes renseignés sur le coût d’un trophée en bronze. Mais, figurez-vous que nous devons passer du simple à un trophée qui va nous coûter quatre fois plus cher que les tableaux que nous décernions de par le passé. Pour parler d’innovation, nous n’avons pas voulu donner que du bronze. Nous avons fait un assemblage de bronze, de vitre blindé et de cuir, des matériaux qu’on retrouve sur place, dans  notre pays. C’est ce trophée qui est l’innovation majeure et qui a suscité beaucoup d’engouement chez les uns et les autres.

La deuxième innovation majeure, vous savez, depuis la troisième édition, nous avons  intégré le trophée du meilleur producteur cinématographique ou discographique. Mais nous avons remarqué que chaque année, après la cérémonie, il y avait de la polémique autour de la question. Peut-être que c’est nous qui ne maitrisons pas véritablement le secteur. Nous avons donc décidé de retirer ce trophée et le remplacer par le prix du meilleur acteur de divertissement de la diaspora burkinabè. En effet, quand vous aller dans d’autres pays de la sous-région, il y a des jeunes hommes et femmes burkinabè qui excellent dans la restauration, l’hôtellerie, etc. Le trophée est décerné à ces jeunes qui se battent à l’extérieur. Techniquement, nous sommes sur le terrain à Abidjan (Côte d’Ivoire). Ce que nous attendions n’est pas arrivé à temps mais nous faisons la promesse que dans les éditions à venir, ce prix sera bel et bien disponible.

A côté de cette manifestation, nous avons d’autres activités satellites qui concernent surtout la lutte contre la consommation des boissons frelatées. Je profite de votre micro pour saluer le ministre en charge du commerce, Harouna Kaboré pour cette mesure récente de suspension de la délivrance des autorisations spéciales d’importation. Nous lui avons adressé un courrier pour saluer sa décision parce que l’Etat, au-delà de tout, est le garant de la sécurité de la santé publique.

Nous avons constaté que la liste des nominés de la sixième édition des MADIGO a été rendue publique depuis le 16 septembre dernier. Dites-nous, comment se fait le choix de ces  nominés ?

Les 30 nominés aux MADIGO 2019

C’est une question de fond. Beaucoup de personnes s’interrogent. Laissez-moi vous dire qu’en 2017, nous avons approché la police municipale dans un projet qui, malheureusement n’a pas pris forme. Mais cette police a réussi à dénombrer plus de huit mille espaces de divertissement (maquis, bars, Night-clubs, buvettes, etc.) dans la seule ville de Ouagagoudou. Dans notre système, nous travaillons avec des informateurs qui nous contactent et qui nous donnent des noms d’espace et prennent le soin également de nous donner leurs situations géographiques. A partir de là, nous avons une direction technique qui va sur le terrain pour un travail de repérage de ces différents espaces pour voir si ces endroits répondent à nos critères. Nous avons deux types de trophée que nous décernons. Il y a des trophées à l’endroit des collectivités (Night-club par exemple) et des trophées à l’endroit des individualités (un disc joker par exemple). Au niveau des prix collectifs, les critères de base sont les suivantes : être ouverts et fonctionner normalement depuis au moins huit mois ; l’accessibilité qui est liée à la sécurité ; la capacité d’accueil (au moins 200 à 250 personnes) ; la stabilité ; le niveau de communication dans les médias.

Au niveau des prix individuels que sont les discs joker et les managers, il faut avoir travaillé au moins trois mois dans le même établissement. Il faut que je vous dise qu’il y a des DJ qui sont très bons mais qui sont victimes du fait qu’ils soient très bons. Certains font deux semaines dans une boite et quittent pour aller faire une semaine dans un autre établissement avant d’aller faire peut-être un mois dans un autre lieu. Finalement ces gens ne sont pas stables et nous ne faisons pas la promotion de l’instabilité, parce que l’instabilité n’est pas loin de la médiocrité et du manque d’humilité. Pour nous, quelqu’un qui a pu travailler trois mois dans un établissement est au moins exemplaire. Aussi, faudrait-il résider au Burkina Faso, et faire la promotion de la culture burkinabè. Lorsque nous prospectons, nous écoutons pendant une heure de temps pour savoir combien de musique burkinabè tu auras jouée. Il faut être un canal de promotion de la culture burkinabè.

Une fois que nous avons cette liste de critères, nous nous réunissons en plénière au niveau du commissariat général et nous demandons à chacun de proposer trois à cinq noms par catégorie. Les trois premiers noms qui reviendront plusieurs fois sont automatiquement sélectionnés. Pour désigner les lauréats, pour le moment nous n’avons aucun partenariat avec les téléphones mobiles, mais nous avons une page Facebook suivie par des centaines de milliers de personnes. C’est là-bas que les votes se passent. Nous avons des visuels qui présentent les trois nominés par catégorie. Ton commentaire est ton vote.

Que gagne un lauréat de MADIGO ? 

Dans un premier temps, le lauréat gagne une publicité gratuite qui s’étend sur une période d’un mois avant la cérémonie, grâce aux annonces que nous affichons à tout bout de chemin, dans les restaurants, les maquis et partout ailleurs.

Dans un deuxième temps, pendant la cérémonie, le lauréat reçoit son prix devant certaines personnalités de la culture et de l’hôtellerie que nous réunissons  dans une salle.

Et enfin, dans un troisième temps, il y a les médias de la télé, de la radio et les médias en ligne qui donnent une visibilité importante au lauréat auprès de leurs téléspectateurs, auditeurs et lecteurs.

Sinon pour l’heure, il n’y a pas d’enveloppe pour les lauréats parce que la structure qui organise MADIGO, SADEL communication, n’a pas de licence pour organiser des activités lucratives et c’est ce qui justifie le fait que l’accès à la soirée est libre sur carton d’invitation.

Mais peut-être qu’à la longue, si nous arrivons à avoir une licence  et que l’activité grandit, nous pourrions passer  à une autre étape. Par exemple, payer sous forme de diner gala. Ce sera la seule nuit où les acteurs de la nuit seront en smoking au moins une fois avec un diner. En moment-là, nous pourrions penser à offrir même si c’est cent mille par lauréat. Mais pour le moment, je pense que nous travaillons à leur donner de la visibilité. Eux-mêmes reconnaissent que cela leur apporte beaucoup.

Que gagne le commissariat général des MADIGO ?


« Le MADIGO n’ont jamais eu de sponsor »

Le commissariat général gagne la satisfaction d’avoir apporté quelque chose d’original et de nouveau au Burkina. Le commissariat général ne gagne pas des millions. Les MADIGO ne me rendent pas riche. J’ai un boulot et je vis de mon boulot. Le MADIGO n’ont jamais eu de sponsor. Mon premier partenaire c’est la presse. Nous gagnons la satisfaction parce que nulle part, il n’existe ce concept. Il n’y aucune structure qui a pris son temps pour faire un travail technique pour dire : « cette année, voici le meilleur hôtel, voici le meilleur maquis, voici le meilleur restaurant, ou voici le meilleur bar ». La seule chose que j’ai gagné aux MADIGO et que je ne peux pas oublier, c’est d’avoir participé à la Semaine nationale de la culture (SNC) en 2016, au marché des Arts, à Bobo Dioulasso. La volonté du ministère de la culture était que nous puissions élargir les MADIGO aux autres grandes villes du pays. Ce que nous avons fait, car vous constateriez que parmi les nominés de cette 6e édition, il y a des nominés de Dédougou. L’année dernière, c’est un hôtel de Tenkodogo qui a remporté le prix du meilleur hôtel des MADIGO.

Je ne recherche pas d’argent pour le moment. Je cherche à contribuer à la promotion de la culture burkinabè. C’est ce que je sais faire et c’est ce que je maitrise le plus. Sinon, rassurez-vous, pour l’instant, Serges Ekra n’a pas d’argent.

Quelles sont donc vos ambitions pour cette aventure que vous avez entamée avec les MADIGO ?

J’envisage créer la fondation MADIGO. Nous allons lancer un appel à contribution pour la création de cette fondation. Qu’est-ce que la fondation MADIGO ? Ce sera dans un premier temps,  un centre de formation pour tous ceux qui rentrent dans le système du divertissement, de la gastronomie et de l’hôtellerie au Burkina Faso (les serveurs, DJ, managers, décorateurs, etc.).

Votre dernier mot ?

Je voudrais rappeler ici que la cérémonie apothéose de cette sixième édition aura lieu le 19 octobre 2019 à Ran Hôtel Somkièta. Nous invitons tout le monde à venir prendre part. L’accès est libre et gratuit. Il y aura des cartons d’invitation et des passes. Ceux qui n’ont pas eu les cartons d’invitation peuvent automatiquement se rendre à l’hôtel pour récupérer un passe qui leur permettra d’avoir accès à la salle. Avec la situation sécuritaire, nous n’accepterons pas qu’une personne qui n’a pas de carton d’invitation ni de passe rentre dans la salle. J’invite tout le monde à faire le déplacement. Nous avons des artistes qui vont nous accompagner.

Propos recueillis par Armand Kinda

Minute.bf

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