Face à l’état préoccupant de la voie reliant le lycée Guinkouma à la mairie de Saaba, les habitants ont décidé de prendre leur destin en main. En réponse à l’appel à la mobilisation générale du Capitaine Ibrahim Traoré, Chef de l’État, ils ont réuni plus de 2 millions de francs CFA en trois jours pour appliquer une solution endogène, inspirée de la technique japonaise Do-Nou, en vue de rendre la voie pratiquable. De passage, une équipe de la Brigade Laabal a félicité les résidents pour cette initiative.
L’artère principale qui serpente entre le lycée Guinkouma et la mairie de Saaba était devenue un véritable calvaire pour les milliers d’usagers qui l’empruntent quotidiennement.

Après des années de tentatives de réparations artisanales, épuisant les finances de la mairie et la bonne volonté des riverains, la chaussée n’était plus qu’un enchaînement de nids-de-poule et de bourbiers, rendant la zone quasiment inaccessible.
Le bus SOTRACO, mis à disposition par le président du Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré, pour desservir la population, avait dû reculer son terminus de plus de deux kilomètres. Conséquence, des étudiants, des ouvriers et des mères étaient laissés à des kilomètres de leur destination.

C’est dans ce contexte d’urgence que la Fédération des associations des cités Saaba 2, Saaba 3 et Dakouré a décidé de sortir de l’attentisme. « Le Capitaine Ibrahim Traoré, lorsqu’il est arrivé au pouvoir, a lancé un appel à la mobilisation générale, incitant les citoyens à passer à l’action plutôt qu’à rester dans l’expectative. C’est en réponse à cet appel que nous avons décidé de nous organiser », a confié Madi Sawadogo, Secrétaire général de la fédération.
Loin de se limiter aux paroles, ces citoyens sont passés à la phase concrète en mobilisant plus de 2 millions de francs CFA en à peine 72 heures pour financer les travaux d’urgence.

C’est dans ce sens que enfants, jeunes, adultes et vieux sont sortis massivement pour cette opération mana-mana. L’opération visait à reboucher les trous du tronçon allant du lycée Guinkouma jusqu’à la mairie.
L’initiative, saluée par les autorités communales, repose sur une méthode aussi économique qu’écologique. Il s’agit de la technique japonaise Do-Nou. Cette méthode, qui signifie « sac rempli de terre », consiste à utiliser des sacs de latérite compactés à la main et superposés en couches pour stabiliser et reprofiler la chaussée. Une solution qui a permis de parer au plus pressé sans attendre des financements colossaux. « Nous avons vu qu’il fallait que nous prenions nos responsabilités pour agir », a ajouté le secrétaire général.
Madi Sawadogo a souligné par ailleurs que cette phase d’urgence vise avant tout à « ramener le bus SOTRACO à la mairie de Saaba », à l’approche de la rentrée scolaire.
Pour les usagers, cette bouffée d’oxygène est un soulagement. C’est le cas de Marie Zongo, une mère de famille habitant la cité Saaba 2, qui se rend quotidiennement au marché central. « Avant, c’était un cauchemar. Avec ma moto, je peinais à circuler. Il y avait trop de trous rendant la circulation très pénible. Avec les enfants sur le dos, c’était compliqué. Depuis que les jeunes ont commencé ces travaux, je vois la différence. Ils ont agi comme de vrais patriotes. C’est ça, le Burkina nouveau que le Capitaine Ibrahim Traoré nous appelle à construire », a-t-elle témoigné, le regard fier.

Cependant, les responsables de la fédération ont insisté sur la nécessité d’un accompagnement structurel de l’État pour pérenniser ces efforts. « Nous sommes prêts à nous saigner pour que l’État vienne nous donner un coup de main pour un vaste projet de voies. Nous rêvons de routes assainies avec des caniveaux, comme à Karpala ou à Samandin », a plaidé Madi Sawadogo.
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