Des professionnels se sont réunis le samedi 24 octobre 2026 au Centre culturel du Faso, à Ouagadougou, autour d’une table ronde consacrée à l’internationalisation de la musique burkinabè. Organisée dans le cadre de la 9e édition des Rencontres musicales africaines (REMA), qui se sont tenues du 22 au 24 octobre, cette rencontre a permis d’identifier les obstacles à l’exportation des productions musicales burkinabè.
« Musique burkinabè absente à l’international : qu’est-ce qui bloque ? » C’est autour de cette problématique que les panélistes ont échangé sur les défis auxquels les acteurs de la musique burkinabè font face pour conquérir les scènes internationales. Au cours des échanges, il est ressorti que plusieurs pays de la sous-région rencontrent également des difficultés à faire rayonner leur musique au-delà de leurs frontières.

Ézéchiel N’Goran, directeur commercial de Trace Africa en Côte d’Ivoire et panéliste a souligné la nécessité, pour les acteurs du secteur musical, de maîtriser les codes de l’industrie et de développer une démarche proactive. « Souvent, ce sont les techniciens de Trace Africa qui passent leur temps sur les plateformes à la recherche de contenus à diffuser. À cet effet, j’aimerais interpeller les acteurs du monde musical : l’industrie musicale, c’est du business. Il ne faut pas attendre confortablement que les promoteurs viennent à eux, mais aller autant que possible à la rencontre de ces personnes pour la diffusion de leurs œuvres musicales », a-t-il indiqué.

Pour Donsharp de Batoro, artiste musicien et panéliste, la musique burkinabè doit se construire une identité culturelle forte, notamment à travers un genre musical reconnaissable. L’objectif est de permettre au public international d’associer spontanément un style musical au Burkina Faso, à l’image du coupé-décalé et du zouglou. « J’aimerais d’abord saluer Alif Naaba pour la pertinence du thème, ainsi que mes copanélistes pour la qualité des débats. Je suis très satisfait », a-t-il déclaré. Le manque d’un genre musical proprement identifié constitue l’un des principaux freins à l’exportation de la musique burkinabè, a-t-il ajouté.
Du côté des participants, Moussa Benao a retenu l’importance d’une bonne structuration de l’environnement professionnel des artistes. Tout en remerciant les REMA pour cette opportunité d’échanges, il a souligné la nécessité, pour les artistes, de s’entourer d’une équipe compétente et de proposer des productions musicales de qualité. « Il faut une bonne structuration de la musique. En ce qui concerne les débats, je retiens que pour qu’une musique s’exporte facilement, il faut qu’elle soit de qualité », a affirmé Moussa Benao.

Durant deux jours, les REMA ont ainsi offert un cadre de réflexion sur les conditions nécessaires à une meilleure visibilité de la musique burkinabè, tant à l’interne qu’à l’international, entre affirmation d’une identité musicale, professionnalisation des acteurs et qualité des productions.
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Nadège KINDA
Minute.bf







