De Diabo à Diapangou, les investissements de l’Agence nationale d’appui au développement des collectivités territoriales (ADCT) se matérialisent par des réalisations concrètes dans les secteurs de l’éducation et de la santé. Lors d’une visite de terrain effectuée le 7 septembre 2026, l’Agence a pu mesurer l’impact de ces infrastructures sur les conditions de vie des habitants de la région du Gulmu.
L’Agence nationale d’appui au développement des collectivités territoriales (ADCT) fait des merveilles dans les communes rurales du Burkina Faso.
En ciblant les secteurs sociaux de base, elle transforme concrètement le quotidien des populations jusque dans les villages les plus reculés. À Diabo comme à Diapangou, dans la région du Gulmu, ses interventions ne se limitent pas à des promesses. Elles se traduisent par des bâtiments sortis de terre, des salles de classe où les enfants apprennent à l’abri des intempéries, et des centres de santé qui rapprochent les soins des familles.

Loin des grands centres urbains, l’ADCT agit comme un levier de dignité et d’égalité des chances, en réponse à des besoins longtemps restés sans solution.
Avec un investissement global de plus de 15 milliards de francs CFA mobilisés depuis 2011, l’ADCT a insufflé une dynamique nouvelle dans la région du Gulmu.
À Diabo, une école sortie des paillotes
Située à une cinquantaine de kilomètres de Fada N’Gourma, la commune de Diabo s’étend sur 656 km² et regroupe 64 villages ainsi que dix hameaux de culture.
Dans le village de Sabtenga, l’intervention de l’ADCT a permis de renforcer les infrastructures scolaires. Dans le cadre de la normalisation de l’école, la commune a bénéficié de trois salles de classe, d’un bureau, d’un magasin et de latrines à quatre postes.

Pour Lazare Guira, président de la Délégation spéciale (PDS) de Diabo, ce projet répondait à une urgence. « Le besoin était réel. Quand l’ADCT nous a approchés, nous avons saisi cette opportunité », a-t-il confié. Avant ces travaux, les élèves suivaient les cours sous des paillotes ou dans des hangars, dans des conditions particulièrement difficiles, surtout en saison des pluies. « Je remercie l’ADCT pour cet accompagnement, car on ne peut pas se développer sans l’éducation », a poursuivi le PDS, qui souhaite désormais voir ces salles équipées en tables-bancs et, si possible, agrandir l’établissement pour en faire un lycée. Il a également invité les bénéficiaires à entretenir les infrastructures pour en assurer la pérennité.
Une offre éducative renforcée
Abdoulaye Ouédraogo, inspecteur des écoles et chef de la Circonscription d’éducation de base (CEB) de Diabo, confirme que les besoins étaient criants. Les enseignants travaillaient dans des conditions précaires, ce qui affectait la qualité des apprentissages. « Cet investissement nous ôte une épine du pied. Il accroît l’offre éducative et améliore la qualité de l’enseignement », a-t-il expliqué.

Abdoulaye Ouédraogo précise que la commune avait formulé des demandes précises en matière d’infrastructures et d’équipements. L’appui de l’ADCT a ainsi permis de construire ces nouveaux locaux à Sabtenga, avec un effet direct sur la fréquentation. « Le recrutement de 2025 a été exceptionnel. Jamais nous n’avions connu une telle affluence : les familles, voyant les améliorations, ont inscrit leurs enfants en plus grand nombre », s’est félicité l’inspecteur.
Du côté des parents, la satisfaction est tout aussi vive. Tambwendé Dayamba se réjouit de cette extension. « Avant, nos enfants apprenaient sous des paillotes. Aujourd’hui, ils sont dans des salles de classe équipées », a-t-il laissé entendre. Tambwendé Dayamba constate également une hausse des résultats, avec un taux de réussite de 100 % au certificat d’études primaires (CEP).
À Tokouna, un CSPS en construction pour désenclaver l’accès aux soins
Dans la commune de Diapangou, le village de Tokouna bénéficie d’un vaste projet sanitaire. La construction d’un Centre de santé et de promotion sociale (CSPS) y avance. Financé par deux subventions de l’ADCT accordées en 2022 et 2025, le projet, d’un montant de 87 863 158 francs CFA, comprend une maternité, un dispensaire, un hall d’attente, des toilettes et un forage.

Le choix de Tokouna, explique le PDS de Diapangou, Jean Youma, a été dicté par les besoins des populations, en concertation avec le district sanitaire. Ont été pris en compte la localisation géographique, la distance avec les autres formations sanitaires et le nombre de bénéficiaires potentiels. « Les habitants peinaient vraiment à accéder aux soins », souligne-t-il.
Ce futur CSPS desservira cinq villages administratifs. Si certaines structures se trouvent à trois ou quatre kilomètres, l’accès est souvent coupé en saison des pluies à cause d’un important bas-fond. « Dès qu’il pleut, il faut faire un long détour », précise Jean Youma.

Des travaux à finaliser
Le chantier a connu quelques difficultés d’approvisionnement en matériaux, notamment en ciment. Mais grâce à la mobilisation des acteurs locaux, les travaux ont pu se poursuivre. Certains bâtiments sont déjà livrés ; le dispensaire et la maternité sont encore en cours.
Le PDS de Diapangou espère achever l’ensemble du chantier dans un délai d’un mois et demi. Il appelle les futurs usagers à préserver cette infrastructure, « un service public ouvert à tous ». « Toute la population est bénéficiaire, il faut en prendre soin, pour nous et pour les générations futures », insiste Jean Youma.

Il remercie l’ADCT pour son soutien et souhaite que cette coopération s’étende à d’autres secteurs que la santé.
Plus de 15 milliards de francs CFA mobilisés depuis 2011
Selon Estelle Ouoba/Kaboré, directrice régionale de l’ADCT pour le Gulmu, toutes les communes des régions du Gulmu, de la Sirba et de la Tapoa ont bénéficié, à des degrés divers, des interventions de l’Agence.

Depuis 2011, plus de 15 milliards de francs CFA ont été octroyés aux collectivités territoriales de ces trois régions, permettant de financer des infrastructures variées au service des populations.
Dans le domaine de la santé, comme à Diapangou, ces investissements rapprochent les soins des usagers. Dans l’éducation, à l’image de l’école de Sabtenga à Diabo, ils améliorent les conditions d’apprentissage. Ces réalisations ont été possibles grâce à la contribution de l’État et de partenaires comme la coopération suisse, la coopération allemande et la Banque mondiale, qui ont participé à la mobilisation des ressources.

La directrice régionale juge les résultats « satisfaisants », tout en reconnaissant que des défis persistent, notamment le renforcement de l’accompagnement technique et financier des collectivités et la mobilisation de fonds supplémentaires.
À travers ces différentes réalisations dans le Gulmu, l’ADCT entend consolider les services sociaux de base et contribuer durablement à l’amélioration des conditions de vie des populations des collectivités territoriales.
Lire aussi : Fada N’Gourma : L’ADCT investit 50 millions FCFA pour redonner vie à un ancien dépotoir
Sidziguin Irène Corinne SAWADOGO
Minute.bf






