lundi 20 avril 2026
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Port de toge en Faso dan fani : Les scientifiques ont « moins de problèmes » que les littéraires, selon Apollinaire Kyélem

Le Premier ministre, Dr Apollinaire Kyelem de Tambela, a présidé la cérémonie de port de la toge unique en Faso dan fani, ce mardi 28 novembre 2023 à l’université Joseph Ki-Zerbo. Dans ses propos qui suivent, il revient sur la nécessité d’étendre la toge unique de Faso dan fani à tous les autres corps de métier.

« Ce que nous avons vécu aujourd’hui est un aboutissement d’une volonté politique du gouvernement de la Transition. Une volonté politique qui revêt deux caractères.

Le Faso Dan Fani, c’est un produit du terroir. Ce sont nos couturiers qui en bénéficient. Au lieu de dépenser de l’argent pour faire venir des tenues d’ailleurs, nous pouvons maintenant les confectionner ici sur place.

Cette femme qui a eu le marché employait tout au plus 3 personnes. Mais, maintenant, elle emploie plus de 100 personnes. Vous voyez que ça fait vivre l’économie et beaucoup de personnes.

Le deuxième élément, le caractère culturel, parce que ce sont les produits de notre terroir. C’est pour faire comprendre aux gens que nous aussi, nous avons des choses ici.

Nous n’avons pas besoin à chaque fois d’aller chercher ailleurs. Et nous pouvons produire des choses ici qui peuvent être envoyées ailleurs. Donc, nous devons nous enraciner dans notre terroir.

En prenant les mesures d’adoption du port du Faso dan fani, c’est le message que nous voulions faire passer.

Je suis content que le ministre ait réussi ce pari. Parce que ce n’était pas évident surtout dans le milieu des enseignants-chercheurs. Vous savez avec les paysans des campagnes, nous n’avons pas de problème avec le port du Faso Dan Fani. Pour eux, c’est leur environnement naturel. C’est avec les lettrés, ceux qui se disent savants, c’est avec eux que nous avons des problèmes de développement endogène dans notre pays.

Ceux qui sont dans des formations scientifiques ont parfois moins de problèmes que ceux qui sont dans les formations littéraires ou des sciences sociales. Parce que, dans les formations scientifiques, 1+1 = 2, où que vous soyez. Mais, dans les formations des sciences sociales, quand vous avez été formatés d’une certaine façon, vous ne voyez les choses que de cette façon-là. Le drame dans nos Universités et Instituts dans les formations sociales, c’est que la plupart de ceux qui y enseignent ont été instruits à l’occidental et ne savent réfléchir et penser qu’à l’occidental. Or le but de la recherche et de l’enseignement c’est de pouvoir s’adapter à son milieu. Vous ne pouvez pas être formés en sciences sociales, venir ici au Burkina Faso, raisonner comme si vous étiez en France, en Allemagne et au États-Unis. Ce pour quoi vous vous êtes formés, quel est son rapport à la société dans laquelle vous vivez ?

Le port de la toge unique en Faso dan fani, c’est l’encrage à notre terroir.

Même si vous avez étudié le droit à Paris, Bordeaux ou à Manchester, vous revenez au Burkina Faso là, c’est comment vous pouvez appliquer cette connaissance ici à notre société. Il ne faut pas venir raisonner comme si nous étions à Bordeaux ou Manchester. C’est ça la symbolique du Faso dan fani. 

Nous devons travailler pour nos sociétés. Quelles que soient nos connaissances et l’endroit où nous avons appris, arrivés ici, il faut se réapproprier notre culture et voir comment nous pouvons utiliser ce savoir pour notre société en fonction de notre culture.

Je peux vous dire que tous les autres corps devront s’y mettre. Nous attendons maintenant le corps judiciaire (magistrats et avocats). Nous attendons les corps préfectoraux, les Hauts-commissaires, les gouverneurs, le corps de la santé depuis les matrones, les sages-femmes, les infirmières jusqu’aux docteurs.

Tous, nous aurons recours au port du Faso dan fani pour le bonheur de nos paysans et de nos artisans, couturiers et créateurs.

C’est une phase qui a commencé. Travaillez pour notre société. »

Apollinaire Kyélem de Tambela, chef du gouvernement burkinabè 

Minute.bf 

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