Le Burkina Faso entend franchir une nouvelle étape dans sa transformation économique avec le Plan RELANCE sur la période 2026-2030. Présenté par le ministre de l’Économie et des Finances, Dr Aboubakar Nacanabo, le mercredi 7 octobre 2026 à Ouagadougou dans le cadre de l’exposition gouvernementale se déroulant au Salon international de l’artisanat de Ouagadougou (SIAO), le programme prévoit la mobilisation de plus de 36 000 milliards de FCFA sur cinq ans, dont près des deux tiers devraient provenir des ressources propres de l’État.
Après quatre années consacrées à la consolidation des finances publiques, à la mobilisation des ressources et à la mise en place de nouveaux instruments économiques, le gouvernement burkinabè veut désormais « changer d’échelle ». C’est l’ambition affichée à travers le Plan RELANCE 2026-2030, présenté par le ministre de l’Économie et des Finances, Dr Aboubakar Nacanabo, dans le cadre de l’initiative « Dialogue avec le peuple », à l’occasion de la phase 2 de la 3e édition des Journées d’engagement patriotique et participation citoyenne (JEPPC). « Nous avons consolidé. Nous avons réformé. Nous avons créé des instruments. Il nous faut maintenant changer d’échelle », a déclaré le ministre.
Plus de 36 000 milliards de FCFA à mobiliser
Le Plan RELANCE prévoit la mobilisation de plus de 36 000 milliards de FCFA sur la période 2026-2030. Près des deux tiers de ce financement devront provenir des ressources propres de l’État Burkinabè. Pour le ministre Nacanabo, cette orientation traduit la volonté de construire un modèle de développement davantage fondé sur les capacités internes du pays. « Nous voulons construire un développement dont le moteur principal se trouve chez nous », a-t-il affirmé. Sur cette enveloppe globale, plus de 12 000 milliards de FCFA d’investissements structurants sont annoncés, notamment dans les infrastructures, l’énergie, l’industrialisation, l’agriculture, le numérique et le développement du capital humain.
Une croissance moyenne de 7,2 % visée
Le gouvernement ambitionne, à travers ce plan, d’atteindre une croissance économique moyenne de 7,2 % par an. Toujours selon le Dr Aboubakar Nacanabo, le Plan RELANCE vise également une progression des exportations de plus de 10 % par an, le renforcement de l’industrie manufacturière, l’accélération de la souveraineté alimentaire et énergétique ainsi qu’une réduction significative de la pauvreté. Derrière ces objectifs macroéconomiques, le MEF veut mettre en évidence des réalisations concrètes pour les populations. « Derrière les 36 000 milliards, il faut voir autre chose : des barrages, des routes, de l’électricité, des industries, des exploitations agricoles modernes, des écoles, des hôpitaux, des emplois, des entrepreneurs », a expliqué Dr Aboubakar Nacanabo.
Quatre piliers pour transformer l’économie
Le Plan RELANCE 2026-2030 repose sur quatre piliers majeurs. Il s’agit de la consolidation de la sécurité et de la cohésion sociale, de la refondation de l’État et de la gouvernance, du développement du capital humain et de la transformation durable de l’économie à travers des infrastructures modernes et des investissements productifs.
Cette approche doit permettre, selon le ministre, de faire évoluer le Burkina Faso d’une logique de gestion des contraintes vers une dynamique de création de richesse et de prospérité. « Notre ambition ne doit pas être seulement de mieux gérer la pauvreté. Notre ambition doit être de créer la prospérité », a-t-il lancé.
Le financement du plan repose largement sur la capacité du Burkina Faso à mobiliser ses propres ressources. Cette orientation s’inscrit dans la dynamique présentée par le ministère depuis 2022, avec l’augmentation des recettes publiques, la mobilisation sur le marché financier régional, le Fonds de soutien patriotique et la mise en place de nouveaux instruments financiers.
Pour Aboubakar Nacanabo, la souveraineté économique passe nécessairement par la capacité du pays à financer une part croissante de ses propres ambitions. « La souveraineté économique ne se proclame pas. Elle se finance. Elle ne se décrète pas. Elle se produit. Elle ne s’importe pas. Elle se construit », a-t-il déclaré.
De ce fait, le ministre appelle ainsi les producteurs, entrepreneurs, investisseurs, travailleurs, fonctionnaires, jeunes, chercheurs et membres de la diaspora à prendre part à cette nouvelle phase de transformation. « Maintenant que nous savons que nous pouvons avancer, nous devons accélérer »
De l’avis du MEF, les résultats obtenus depuis 2022 constituent moins un aboutissement qu’un point d’appui pour la prochaine étape. « Nous n’avons pas encore atteint notre destination. Nous avons simplement démontré que nous sommes capables d’avancer. Et maintenant que nous savons que nous pouvons avancer, nous devons accélérer », a-t-il soutenu.
Avec le Plan RELANCE 2026-2030, le gouvernement entend donc faire de la mobilisation des ressources, de l’investissement productif et de la transformation locale les moteurs d’une nouvelle dynamique économique. L’objectif affiché est clair bâtir un Burkina Faso « souverain, productif, prospère et respecté ».
Jean-François SOME
Minute.bf







