dimanche 19 avril 2026
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Médecine traditionnelle : « Je soigne … même le SIDA », Adja Komsilga

Sur invitation du « Cadre 2H pour nous 2H pour Kamita », Amssetou Nikiema, plus connue sous le nom de Adja de Komsilga ou Adja la guérisseuse de Komsilga, s’est entretenue avec les étudiants de l’Université Joseph Ki-Zerbo. Avec les étudiants et membres du cadre 2H pour Kamita, Adja de Komsilga échange avec les étudiants sur le thème : « Médecine traditionnelle : Que comprendre ? ». Devant une pléthore d’étudiants sortis à sa rencontre, le vendredi 7 juin 2024 à Ouagadougou, Adja la guérisseuse a saisi l’occasion pour montrer un brin de son pouvoir.

À l’entame de son propos en langue nationale Mooré, la guérisseuse, Amssetou Nikiéma a demandé à l’assistance, de bien vouloir se tenir debout pour prier. Une prière en faveur du Burkina Faso en général, des Forces de défense et de sécurité (FDS) pour la sécurisation du territoire national et en particulier pour la vie des étudiants.

Revenant sur le sujet, Amssetou Nikiema a confié aux étudiants dans sa biographie qu’elle a « reçu » l’onction de guérison depuis qu’elle à 8 ans. Mais elle a commencé son ministère, il y a seulement quelques années. Selon la guérisseuse, elle a, à sa charge, plus de 15 000 personnes souffrant de diverses maladies à soigner dans la commune rurale de Komsilga, pour environ 500 personnes guéries par mois. « Je soigne beaucoup de maladies. Que ce soit les personnes handicapées physiques, malvoyantes, les maladies dues aux génies, les sortilèges, le diabète, le cancer, l’hépatite, la colopathie, et même le SIDA », a-t-elle fait savoir aux étudiants, ajoutant aussi à son arc, « des sacrifices, des bénédictions, et des prophéties ».

Adja la guérisseuse en démonstration « de pouvoir »

Après avoir longuement entretenu les étudiants en langue nationale, Amssetou Nikiema s’est adonnée à une « petite » séance de « purification, de démonstration » devant les étudiants. Genoux à terre, priant, de nombreux étudiants dans la masse sont tombés en transe.

« Ce fut un moment inédit, intense de manifestations de la puissance des ancêtres », a commenté l’étudiante Aminata Kouraogo.

Pour Lianhoué Imhotep Bayala, coordonnateur du « cadre 2H pour nous, 2H pour Kamita », il s’agit ni plus ni moins d’une « démonstration pour dire que personne n’a le monopole de la puissance de Dieu ». « Nous avons choisi ce thème : Médecine traditionnelle : que comprendre ? Parce que, de plus en plus, il y a une réalité qui refuse de quitter notre quotidien. La réalité de la médecine traditionnelle qui a été dénigrée par les chantres du colonialisme. Nous voyons que malgré les efforts et les investissements faits pour nous envoyer vers une médecine décadente moderne, la médecine traditionnelle continue de faire son bonhomme de chemin. Pour mieux comprendre cette médecine qui de mieux que les exerçant comme Adja de Komsilga qui accueille à elle seule tout un village, une salle d’hospitalisation à ciel ouvert avec un taux de guérison record », a soutenu Lianhoué Imhotep Bayala.

La guérisseuse Adja de Komsilga au micro au milieu, à l’extrême droite, Lianhoué Imhotep Bayala

La médecine traditionnelle, « un trésor »

Pour Lianhoué Imhotep Bayala, la médecine traditionnelle est « un trésor que le mépris colonial a emmené à haïr ». « Au lieu que les laboratoires la regarde (Adja de Komsilga, ndlr) comme ennemi ou comme adversaire, ils devraient plutôt chercher à savoir comment aller investiguer son milieu. Nos biochimistes peuvent aussi se questionner sur les plantes qu’elle utilise pour soigner les malades, y compris les sociologues, les historiens, tout le monde trouve son centre d’intérêt dans les activités de Adja de Komsilga », pense-t-il.

Il convient de préciser que selon la définition officielle de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la médecine traditionnelle « se rapporte aux pratiques, méthodes, savoirs et croyances en matière de santé qui impliquent l’usage à des fins médicales de plantes, de parties d’animaux et de minéraux, de thérapies spirituelles, de techniques et d’exercices manuels séparément ou en association pour soigner, diagnostiquer et prévenir les maladies ou préserver la santé ».

Vue des nombreux étudiants sortis à la rencontre avec Adja de Komsilga

En guise d’information, le cadre « 2H pour nous, 2H pour Kamita » est un mouvement panafricain créé en 2013. Ce mouvement contribue à la conscientisation de la masse au sein de l’Université Joseph Ki-Zerbo.

Lire aussi : Burkina : Le mouvement Deux heures pour Kamita célèbre une décennie d’engagement citoyen

Mathias Kam
Minute.bf

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