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mardi 25 juin 2024

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Intégration africaine : « Les pays africains ont sous-traité leurs responsabilités aux Nations unies » (Abdoulaye Diop)

Le ministre malien des affaires étrangères, Abdoulaye Diop, a appelé le vendredi 7 juin 2024, en marge d’une conférence sur l’intégration africaine, à une reflexion profonde sur la question de la solidarité dans les organismes régionaux et sous-régionaux.

Pour le ministre Diop, les sanctions imposées par les pays de la CEDEAO au Niger, au Mali et au Burkina Faso ont contribué à désintégrer l’espace commun. « Nous devons réaliser que ce qui a été posé comme acte pourrait avoir un impact durable sur la solidarité et l’intégration africaine », a-t-il déclaré relevant que ces sanctions ont brisé la confiance entre les populations sanctionnées et la CEDEAO.

Il a déploré que des organisations fondées sur la notion de solidarité et d’assistance mutuelle, se retrouvent à prendre des sanctions contre d’autres peuples membres. Pour lui, en prenant ces sanctions, l’organisation sous-regionale s’est attaquée à l’ADN même de son existence qui est l’intégration africaine. « J’ai l’habitude chaque fois de donner l’exemple sur le Niger et le Nigeria. Ce projet d’intégration de barrage que le Niger avait engagé et que le Nigeria avait exprimé des inquiétudes sur ce projet (le barrage de Kandadji). Le Niger a dû suspendre ce projet parce que le Nigeria avait estimé que si ce barrage était réalisé, ça allait désêcher en aval les sources d’eau du fleuve Niger. Il y a eu un deal entre les deux États pour que le Nigeria vende l’électricité au Niger en contrepartie du ralentissement de ce projet. Mais au moment des événements qui se sont produits au Niger, sur la base d’un appel d’un ancien chef d’Etat, le Nigeria a coupé (l’électricité). On peut relever la même chose entre le Mali et beaucoup de nos voisins », a regretté le ministre malien.

De son avis, cette attitude de la CEDEAO a contribué à effriter la confiance mutuelle entre les pays de l’espace et crée une certaine méfiance quant à leur participation à la réalisation de certains projets d’intégration. « Aujourd’hui il y a vraiment de sérieuses interrogations : Quand je veux faire une route, quand je veux faire un corridor, une ligne aérienne, je vais me demander est-ce que je peux faire avec x, en cas de problème qu’est ce qu’il va advenir ? », a-t-il relevé.

Pour le ministre Abdoulaye Diop, face aux problèmes politiques, il faut apporter des solutions politiques qui ne touchent pas les populations. « Ils auraient pu même imaginer des solutions politiques ciblées qui ne touchent pas aux populations parce que les problèmes politiques sont passagers. Les actes qui ont été posés vont nécessairement nous interroger sur la notion de solidarité (…) On ne sent pas cette solidarité. Pendant 10 ans, nos pays ont fait face au terrorisme. Mais les pays africains ont sous-traité leurs responsabilités aux Nations unies. Ceux qui viennent nous dire qu’il faut faire ABCD, qu’est-ce que vous-mêmes avez fait pour nous aider pendant ce problème ? Quelle est cette solidarité ? Est-ce que l’Afrique n’a pas les moyens d’assurer sa sécurité? Est-ce que l’Afrique a besoin d’attendre que la France, la Grande Bretagne viennne au secours d’un pays africain ? », a-t-il questionné ajoutant que « beaucoup de dirigeants africains n’ont pas encore compris que ce qui nous lient, nous africains, est plus important que ce qui nous lie à quelque acteur extérieur ».

Lire aussi ➡️ Retour de l’AES dans la CEDEAO : « On ne peut pas être dans des organisations qu’on ne contrôle pas » (Abdoulaye Diop)

Minute.bf

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