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jeudi 6 octobre 2022

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Hépatites virales : Plus de 2 millions de porteurs du virus au Burkina Faso

En marge de la commémoration de la journée mondiale de l’hépatite célébrée chaque 28 juillet, l’association SOS hépatite Burkina a convié les hommes de médias le lundi 29 juillet 2019 à son siège sis à Ouagadougou pour célébrer en différer cette journée, mais aussi interpeller les autorités sur la nécessité de mettre à la disposition des associations qui luttent contre cette maladie du foie, des moyens conséquents à même de permettre la prise en charge optimale de toutes les personnes porteuses du virus.

« Trouver les millions manquants à l’orée de l’objectif 2020 : Etat des lieux, défis et perspectives ». C’est le thème retenu pour cette manifestation dont le but est de trouver ces millions de personnes qui ignorent toujours leur sérologie en ce qui concerne l’hépatite.

Dans le monde, faut-il le rappeler, plus de 335 millions de personnes sont atteintes d’Hépatites chroniques B et C occasionnant 1,45 millions de décès par an. En Afrique subsaharienne, a révélé le docteur Inès Compaoré, hépato-gastro-entérologue, ce sont 60 à 75 millions de personnes qui portent le virus de l’hépatite. L’objectif de la stratégie mondiale du secteur de la santé pour la période 2016-2020 en vue de l’élimination de l’hépatite à l’horizon 2030, est de dépister 30% de personnes atteintes d’hépatites chroniques qui ignorent leur statut sérologique en 2020 et 90% en 2030.

En effet, a rappelé Justine Yara, présidente de l’association SOS hépatite Burkina, 90% des personnes atteintes d’hépatite B et 80% de celles atteintes d’hépatite C « ne savent pas qu’elles vivent avec la maladie », ce qui expose des millions de personnes au « risque d’évolution lente vers une maladie chronique du foie, la cirrhose, le cancer du foie, voire la mort ». Au Burkina Faso particulièrement, plus de deux millions de personnes sont porteuses chroniques du virus de l’hépatite B et 720 mille du virus de l’hépatite C. Mais la majorité de ces personnes, regrette Mme. Yara, ne connaissent pas leur statut sérologique.

Il faut donc lutter contre l’ignorance, et l’association SOS hépatite Burkina fait de cette lutte son cheval de bataille. L’année dernière, cette association, dans sa mission de lutte contre l’hépatite sous toutes ses formes, a dépisté 3 244 personnes de l’hépatite B dont 383 personnes positives, soit une prévalence de 11,8% ; et a vacciné 1 787 personnes.

Des efforts sont faits mais il reste beaucoup à faire. Il est donc urgent d’agir, selon SOS hépatite Burkina, pour atteindre l’objectif 2020. Pour ce faire, il faudra « doter le plan stratégique national de ligne budgétaire pour des actions efficaces et pérennes (engagement politique fort) avec l’appui technique et financier des partenaires ; subventionner les associations de lutte contre l’hépatite en vue de mener de vastes campagnes de sensibilisation et de dépistage à échelle nationale ; une prise en charge globale et décentralisée ; vacciner tous les nouveau-nés dans les 24h qui suivent la naissance ». L’association SOS Hépatites Burkina invite donc les autorités à agir urgemment pour rendre accessibles, partout et pour tous, la prévention, le diagnostic et le traitement.

« Ça n’arrive pas qu’aux autres »

L’hépatite C peut se guérir et le B, avec les conseils de son médecin traitant accompagné de médicaments, peut être stable et ne pas se manifester dans l’organisme d’un porteur du virus, a expliqué Dr. Compaoré. « On peut éradiquer les hépatites virales. Pour l’hépatite B, plus on est infecté tôt, plus on arrive tôt à la complication », a-t-elle soutenu avant de préciser que le dépistage et la prévention seront les meilleures voies à suivre pour éradiquer cette maladie. « Ça n’arrive pas qu’aux autres », ajoute Hortense Claire Sanon, secrétaire à la communication de SOS Hépatite Burkina.

Pour que la lutte pour la prévention de cette maladie porte effet, il faudra d’abord trouver ces millions de personnes qui portent le virus tout en ignorant leur sérologie. « Si on ne le fait pas, ils risquent de se retrouver en danger », mentionne Justine Yara, qui pense qu’« aujourd’hui, c’est un crime contre l’humanité d’être infecté de l’hépatite parce qu’on a tous les moyens de lutte contre cette maladie ».

« L’hépatite B et C sont des tueurs silencieux. On peut les éviter par le dépistage et le traitement », insiste Mme Yara notant que « le suivi médical est capital », pour y arriver. De 90 à 95% des cas, on peut guérir de l’hépatite. 5 à 10% des personnes infectées sont à risque d’évoluer vers la cirrhose ou le cancer du foie, selon les dires du Dr. Compaoré.

En rappel, l’hépatite est une inflammation du foie, le plus souvent causée par une infection à un virus, mais parfois par l’alcoolisme, ou par une intoxication par un médicament ou par un produit chimique. Les symptômes varient beaucoup d’une personne à l’autre et dépendent de la cause de l’hépatite. Certains types d’hépatite provoquent carrément la destruction d’une partie du foie.

Armand Kinda

Minute.bf

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