Le ministre d’État, ministre de l’Agriculture, de l’Eau, des Ressources animales et halieutiques, le commandant Ismaël Sombié, a procédé, ce mardi 5 mai 2026 à Réo, dans la région du Nando, au lancement officiel de la distribution des intrants agropastoraux sur l’ensemble du territoire national. Pour cette campagne, 60 000 tonnes d’intrants seront remis à prix subventionnés aux producteurs. Plus de 15 000 tonnes de semences de variétés améliorées sont également mises à la disposition des producteurs.
En remettant les intrants, le ministre Sombié s’est voulu clair : « tolérance zéro pour les détournements ». « Celui qui prend ne serait-ce qu’un sac, c’est tolérance zéro. Il mettra sa carrière en berne. Nous avons perdu assez d’argent… Nous veillerons au grain. L’agent qui trempe sa barbe ou sa moustache dans l’eau sale nous retrouvera sur sa route. Ces intrants sont destinés aux producteurs », a martelé le ministre d’État.

Il a exhorté les agriculteurs à faire en sorte qu’aucune perte ne soit observée pour cette campagne agricole. Les intrants remis comprennent du sorgho, du riz, du maïs, du niébé, du mil et bien d’autres.

Pour cette campagne, l’État subventionne les intrants : pour les petits producteurs (moins de 1 ha), le prix est fixé à 15 000 F CFA, et pour les grands producteurs (au-delà de 1 ha), à 17 000 F CFA.
Des intrants offerts aux producteurs des villages réinstallés
Le ministre d’État Ismaël Sombié a souligné le caractère particulier de cette campagne, qui intervient dans un contexte de reconquête du territoire. « Cette campagne a la particularité d’intervenir dans un contexte où beaucoup de nos compatriotes ont regagné leur terre natale. Grâce à l’effort des forces de défense et des forces de sécurité intérieures, appuyées par les VDP, ils ont pu regagner leur village », s’est réjoui Ismaël Sombié.

Il a détaillé les mesures d’accompagnement mises en œuvre. « Nous avons mis en place un plan consistant à appuyer la réinstallation et la production pour plus de 500 villages réinstallés. Cela se traduit par la mise à disposition à titre gracieux d’intrants, notamment les semences et les engrais. Mais également, nous avons retenu de mettre à la disposition de chaque village réinstallé un motoculteur pour leur permettre d’assurer eux-mêmes les labours », a indiqué le Ministre d’État.
Selon le ministre Sombié, plus de 500 motoculteurs, représentant une valeur de près de 2,5 milliards de F CFA, ont été mis à la disposition de ces villages. À cela s’ajoutent des semences et des engrais d’une valeur de près de 2 milliards de F CFA, pour permettre aux populations de « vivre en Burkinabè, c’est-à-dire vivre dignement ».

Un mécanisme transparent d’octroi des intrants via un système de code-bon
Pour garantir une distribution efficace et transparente, un dispositif précis a été mis en place. Prosper Zemba, Directeur général des productions végétales, en a expliqué les contours. « La distribution des intrants agropastoraux pour cette campagne humide 2026-2027 est répartie par régions suivant la potentialité de chaque région. Au niveau de cette répartition, l’inspection régionale effectue des répartitions communales », a-t-il précisé.
Le mécanisme d’octroi repose sur un système de « code-bon ». « Les agents d’agriculture et d’élevage dans les localités se basent sur des critères définis pour sélectionner les agriculteurs bénéficiaires. L’octroi se fait via un code-bon qui donne la quantité d’engrais et de semences auxquelles l’agriculteur a droit, ainsi que le montant qu’il va payer », a-t-il souligné.

M. Zemba a détaillé les étapes. « L’agriculteur se rend vers un opérateur de mobile-monnaie de son choix et paie sa contribution. L’opérateur se présente ensuite devant les distributeurs, qui sont les agents d’agriculture dans les magasins. L’agent prend le message qui comporte un code. Ce code est vérifié dans une base de données au niveau de la direction générale pour s’assurer que le paiement a bien été effectué et que le code est authentique. À l’issue de cette vérification, l’agriculteur reçoit ses intrants », a-t-il expliqué en détail.
Ce système s’applique également aux labours. Le directeur général a invité les agriculteurs à agir rapidement. « Ceux qui ont eu leur code-bon maintenant doivent passer aux paiements pour entrer en possession de leurs engrais », a confié M. Zemba.
Une campagne placée sous le signe de l’intégrité et de la qualité
Le ministre Ismaël Sombié a rappelé que le Burkina Faso a relevé le défi céréalier lors de la campagne précédente, ce qui s’est traduit par le recul du nombre de populations exposées à la vulnérabilité alimentaire. « Il était normal pour le gouvernement, sous le leadership du capitaine Ibrahim Traoré, de mettre à disposition des producteurs le même niveau d’intrants et de semences pour continuer d’accroître la production nationale et boutter hors du pays la faim », a-t-il déclaré.

Il a également insisté sur la qualité des semences. « Cette année, nous avons porté une attention particulière à la qualité des semences mises en distribution, ainsi qu’au choix des variétés en fonction des zones agro-climatiques », a-t-il rassuré.
Aux agents chargés de la distribution, le ministre d’État Ismaël Sombié a rappelé leurs obligations. « Leur mission se fait au cœur du mécanisme de sélection des bénéficiaires. Nous leur avons rappelé leurs obligations en tant qu’évolutionnaires, en tant que Burkinabè, en tant qu’hommes intègres, pour que ces intrants aillent réellement aux producteurs et que nous n’ayons pas les cas malheureux observés ces dernières années, qui ont conduit à l’interruption de carrière de certains agents à travers des condamnations », a-t-il prévenu.
Le Ministre d’État Ismaël Sombié met en garde contre les détournements des intrants agricoles mis à la disposition des producteurs à prix subventionnés
C’est donc avec fierté, satisfaction et espoir que le ministre d’État Ismaël Sombié a lancé cette campagne, invitant l’ensemble des acteurs à maintenir le cap, renforcer les acquis et redoubler d’efforts pour atteindre l’autosuffisance alimentaire.
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Mathias KAM
Minute.bf






