Burkina/Transition : Des partis et mouvements politiques dénoncent leur exclusion

Des mouvements et partis politiques du Burkina Faso ont réclamé, ce jeudi 8 décembre 2022 à Ouagadougou, une participation « plus inclusive » dans la gestion de la transition en cours dirigée par le capitaine Ibrahim Traoré.

Au cours d’une rencontre d’échange à Ouagadougou ce jeudi, ces acteurs politiques ont denoncé une sorte d’exclusion notamment lors des rencontres entre les autorités actuelles et la classe politique.

Ces acteurs affirment qu’ils n’ont jamais été conviés à des rencontres de prise de décisions alors que leurs mouvements et partis politiques sont en règles vis-à-vis de la loi.

« Nous sommes actuellement dans un régime non constitutionnel, beaucoup de partis ont constaté que bien qu’étant en règle avec des récépissés reconnus par la loi, ils ne sont conviés à aucune manifestation avec les nouvelles autorités. Moi par exemple, j’ai été candidat à l’élection présidentielle de 2020, ce n’est pas donné à n’importe qui d’être candidat (…) Comment quelqu’un peut s’arroger le droit de dire que moi je ne pars pas aux assises nationales ? Comment quelqu’un peut dire que moi je ne pars pas à la rencontre des partis politiques avec le président de la transition ? », s’est insurgé Do Pascal Sessouma, président du parti Vision Burkina.

A l’entendre, ce sont les leaders des groupements des partis politiques qui sont régulièrement invités, alors que ces groupements sont « caduques » actuellement. « J’ai découvert que je ne suis pas le seul à être écarté par des soi-disant chefs de composantes. Les composantes sont caduques de par la loi. Il n’y a plus rien qui tient debout, tous les baobabs sont couchés actuellement. Les baobabs qui étaient debout, qui sont tombés se conjuguent maintenant au passé : quand nous étions au pouvoir », a ajouté Do Pascal Sessouma.

Michel Béré, un autre président du parti « écarté » en veut, quant à lui, au ministère de l’Administration territoriale et de la decentralisation (MATD). « Moi j’interpelle le MATD (…) parce que la classe politique a un sérieux problème. Quand il y a une convocation pour que les leaders des différents partis politiques se rencontrent, on parle de regroupement de deux entités notamment la majorité et l’opposition. A chaque fois on parle de l’ex majorité, l’ex opposition et je pense que là ça ne tient plus puisque le pouvoir a changé de camp. Quand le pouvoir change de camp il faut une nouvelle reconfiguration », a prôné le leader du Rassemblement pour le développement national (RDN).

Ces leaders des mouvements et partis politiques ont aussi indiqué qu’ils soutiennent la transition. Ils disent avoir mis en place des initiatives afin de récolter des fonds au profit des combattants aux fronts.

Mouni Ouédraogo
Minute.bf

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