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vendredi 14 juin 2024

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Burkina : « Tout enseignant qui va manquer à ses obligations sera traduit en conseil de discipline » (Pr Adjima Thiombiano)

Le ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation, Pr Adjima Thiombiano, a échangé ce vendredi 14 juillet 2023 à l’Université Joseph Ki-Zerbo (UJKZ), avec les étudiants. Cette rencontre d’échange a porté sur les problèmes qui minent les universités publiques du Burkina Faso, notamment le retard académique et le manque d’infrastructures.

« Il n’y a pas d’université sans étudiants. Il n’y a pas d’enseignants sans étudiants et personnels ATOS. Chacun, à son niveau, participe à l’existence des universités », a déclaré le ministre à l’ouverture des échanges.

Le décor ainsi planté, tour à tour, les étudiants ont égrainé leurs doléances à la délégation ministérielle. Sur la grande question des retards des années académiques, le ministre Thiombiano a fait savoir que si des étudiants souffrent dans les universités, tout le personnel est également impacté par cette souffrance. Il s’agit là d’un problème de gouvernance, foi du ministre en charge de l’enseignement supérieur. « La question des retards est une question centrale. J’ai demandé au corps enseignant, au personnel ATOS, de redoubler d’efforts pour sortir de cette affaire », a-t-il annoncé devant les apprenants.

Du côté des enseignants, le ministre d’un ton ferme a sonné la fin de la récréation. « Quel que soit le grade, tout enseignant qui va manquer à ses obligations, sera traduit en conseil de discipline », a-t-il rassuré les étudiants qui se sont plaints sur le fait que des enseignants laissent leurs cours pour des missions à l’extérieures. Le ministre Thiombiano a ainsi assuré devant que cette mesure est déjà enclenchée. « Un enseignant depuis Paris m’a appelé pour une situation difficile. Je lui ai dit que je réponds aux enseignants basés au Burkina Faso. J’ai raccroché l’appel téléphonique. Cet enseignant, son salaire a été coupé », a-t-il révélé.

Pr Adjima Thiombiano, ministre en charge de l’enseignement supérieur

« On ne peut pas abandonner le LMD »

Néanmoins, pour la résolution du retard académique, le ministre Thiombiano a ramené les étudiants à leurs obligations, leur demandant de « se dire la vérité », parce que le comportement de certains d’entre eux crée, selon lui, des retards. « D’où vous vient l’idée de refuser que vos petits frères ne commencent pas tant que vous n’avez pas fini ? », a questionné le Pr Thiombiano. [Applaudissements des étudiants] ». Le ministre les a invités à la tolérance et à la solidarité, leur demandant de pousser les petits frères à avancer. Pour Adjima Thiombiano, le LMD (Licence-Master-Doctorat) n’est pas le problème du retard des universités publiques.

« D’aucuns diront que c’est le système LMD. Je laisse la lumière à chacun d’avoir une lecture objective. Le LMD n’est pas une marque déposée du Burkina Faso. Beaucoup de pays l’utilisent et ils ne connaissent pas de retard. Notre entrée n’a pas suivi beaucoup de conditions. La fierté de l’enseignant c’est de voir réussir ses étudiants. Ne pensez pas qu’un système est mis en place pour vous faire échouer. Non ! Ce n’est pas le cas », a défendu le Pr Thiombiano devant les étudiants, notant que, « ce qui est important à soulever c’est la question de l’insuffisance des infrastructures ». Pour le ministre Thiombiano, le LMD est un système à parfaire mais, il offre des garanties aux étudiants.

Le Pr Aly Savadogo, directeur général de l’enseignement supérieur a même été ferme : « on ne peut pas abandonner le LMD ». « Bien-sûr, il y a des difficultés, on travaille à les aplanir. Ce n’est pas le Burkina Faso seulement qui applique le LMD. C’est partout au monde », a-t-il ajouté.

Une vue de la délégation conduite par le ministre de l’enseignement supérieur

Sur l’autre difficulté qui est le manque d’infrastructures, le Pr Adjima Thiombiano a confié que des efforts sont faits pour améliorer la situation. « Nous faisons des efforts pour améliorer la capacité d’accueil des étudiants dans les universités. Déjà, près de 2 milliards de FCFA seront injectés pour réhabiliter les laboratoires et certaines infrastructures dans les Universités. Je puis vous rassurer que la connectivité est un chantier qui a débuté. D’ici la fin de cette année, l’accès à internet sera opérationnel à l’Université Joseph Ki-Zerbo. L’Université virtuelle est une réponse aussi au retard. À la rentrée prochaine, des étudiants seront orientés à l’université virtuelle, afin que où qu’ils soient, qu’ils aient la possibilité de suivre les cours à temps réel », a souligné Adjima Thiombiano devant son auditoire du jour.

Sur la distance créée entre les étudiants et les enseignants, le ministre de l’enseignement supérieur a donné des instructions fermes au président de l’UJKZ. « Président, vous allez instruire vos directeurs des UFR pour asseoir des échanges avec les étudiants, en début, au milieu et à la fin, de chaque année académique », a-t-il instruit.

Vue des étudiants présents à la rencontre d’échange

Le dialogue pour résoudre la crise à l’UFR-SVT

« Cette crise est malheureuse, parce qu’elle a éprouvé tous les acteurs », a déploré le ministre de l’enseignement supérieur. Il en veut pour preuve, le fait de n’avoir pas pu anticiper cette crise. « On n’a pas pu s’écouter. On n’a pas pris assez de distance pour comprendre les choses », a-t-il souligné. Néanmoins, estime M. Thiombiano, les étudiants ne devaient en aucun moment s’en prendre ni aux enseignants ni à l’administration et ses infrastructures. « Ce n’est pas par la force des étudiants de l’UFR SVT que ce problème va se résoudre. Ce n’est pas possible. Ce que vous demandez, supposons que vous ayez raison et qu’on vous rétablisse. Tous les étudiants sont appelés à produire des mémoires encadrés par des enseignants. Si un enseignant refuse, moi ministre, que voulez-vous que je fasse? Vous allez faire votre mémoire avec qui ? Je ne peux pas aller attraper les mains d’un enseignant pour encadrer un étudiant. Les Universités sont autonomes sur le plan académique. Qui que tu sois, tu ne peux rien. Si vous n’avez pas d’égard sur celui qui va vous encadrer, c’est dommage», a-t-il conseillé.

« Le spectacle servi n’est pas digne du temple du savoir », a fustigé le ministre. Il a ainsi plaidé auprès de ces apprenants, « pas en tant que ministre, mais en tant que [leur] papa », à reconsidérer leur position. « Revenez composer les devoirs », a-t-il lancé. Du reste, Adjima Thiombiano a invité les étudiants à créer des conditions saines de dialogue. « Rien ne peux se créer avec la force. Tout se règle avec la force intellectuelle », a-t-il indiqué, avant d’inviter les étudiants à « un engagement fort pour construire [leurs] avenirs et celui du Burkina Faso ».

« Notre premier soucis, c’est que les étudiants s’épanouissent. C’est ensemble qu’on va construire des universités que nous voulons tous », a-t-il ajouté, avant de les inviter « au travail, à la discipline et à la persévérance ».

D’autres questions comme les services du Restaurant universitaire, les Bourses d’études, ou encore, la propreté des toilettes de l’UJKZ ont été abordées. Un chapelet de solutions a été proposé.

Mathias Kam
Minute.bf

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