Burkina : « L’organisation actuelle du territoire ne fait pas l’objet de remise en cause » (Boukaré Zoungrana)

Le ministre de l’administration territoriale, de la décentralisation et de la sécurité (MATDS), le Colonel Boukaré Zoungrana, était face aux membres de l’Assemblée législative de Transition (ALT), ce mardi 25 avril 2023, pour répondre à une question orale sans débats sur les mesures envisagées par le gouvernement pour faire face à la réticence de certaines populations face au découpage administratif à la faveur de la communalisation intégrale.

C’est à une question du député Moussa Sawadogo que le MATDS est allé répondre ce mardi. Abordant la question, Boukaré Zoungrana a d’abord defini le découpage administratif comme une organisation du territoire national en entités administratives pour assurer, dans le cadre d’un Etat unitaire, la représentation et la permanence de la présence de l’État sur toute l’étendue du territoire national.

De ses dires, la réalisation d’un redécoupage administratif du territoire répond toujours à un besoin d’innovation majeure en matière de gestion administrative et d’organisation politique du territoire par rapport au dispositif organisationnel antérieur. Il vise aussi, dit-il, à corriger les imperfections et surtout à rapprocher davantage l’administration de l’administré.

C’est à une question du député Moussa Sawadogo que le MATDS est allé répondre

Selon le ministre, les opérations de redécoupage réalisées au Burkina Faso, l’ont toutes été d’autorité, mais aussi et surtout, sur la base d’un certain nombre de critères objectifs dont le critère démographique, le critère de l’antériorité territoriale, le critère de non enclave et le critère des limitrophes consistant à privilégier les domaines publics naturels tels que les rivières, les montagnes, les fleuves ou les domaines publics artificiels tels que les routes ou chemins de fer comme des limites; le critère de similitudes et de brassages socioculturelles ou linguistiques.

En somme, a-t-il dit, l’observation de ces critères dans la conduite d’une opération de redécoupage du territoire permet d’aboutir à un résultat plus rationnel, consensuel et de répondre à l’objectif principal de rapprocher l’administration des administrés.

Pour le MATDS, il n’y a pas de reticence des populations quant au découpage administratif que l’État envisage. L’importance du nombre de demandes de création de nouvelles entités administratives témoigne d’une forte adhésion des populations. « A titre illustratif, en 2013, ce sont respectivement cinq cent cinquante-huit (558) et quarante-six (46) dossiers de demandes de création de nouveaux départements et de nouvelles provinces qui ont été enregistrées. En 2021, ce sont respectivement soixante-trois (63), trente-et-un (31) et cinq (05) dossiers de nouvelles demandes de création de communes, provinces et régions administratives qui ont été enregistrées. Au regard de ce qui précède, le gouvernement voudrait rassurer la représentation nationale que l’organisation actuelle du territoire ne fait pas l’objet de remise en cause. Mais, il se dégage plutôt un souhait ardent des populations de nombreuses localités de voir leur localité érigée en nouvelle entité administrative. Toutefois, il appartient à l’Etat sur la base des critères énumérés de décider d’un quelconque découpage », a-t-il assuré.

Le patron du département de l’administration territoriale a aussi ajouté que pour ce qui concerne les cas de conflits et des réticences à accepter un rattachement administratif, son département y accorde une attention soutenue à travers notamment le recensement des cas de conflits de limites entre collectivités territoriales ou entités administratives en vue d’y apporter les réponses idoines.

Pour information, à ce jour, le Burkina Faso compte treize (13) régions administratives érigées en collectivités territoriales, quarante-cinq (45) provinces, trois cent cinquante (350) départements tous érigés en communes ainsi que la commune de Ouagadougou et huit mille neuf cent sept (8907) villages.

Oumarou KONATE

Minute.bf

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