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vendredi 14 juin 2024

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Burkina : Les chercheurs du CEDRES analysent l’impact des changements climatiques sur l’agriculture

Le Centre d’Etudes, de Documentation et de Recherches économiques et sociales (CEDRES) a organisé un atelier de dissémination des résultats de recherche, le mercredi 15 mars 2023 à Ouagadougou. Ces recherches qui visent également à partager les résultats de recherche de l’impact du changement climatique sur l’agriculture et attirer l’attention des décideurs, ont bénéficié du financement du Consortium pour la Recherche économique en Afrique (CREA), basé au Kenya.

Les changements climatiques désignent, selon l’Organisation des Nations unies (ONU), les variations des températures et des conditions météorologiques sur le long terme. Ces changements peuvent avoir un impact négatif sur le quotidien des populations. C’est le cas, par exemple, de la sécheresse qui sévit au Burkina Faso, depuis les années 1970. Pour mieux cerner l’impact de ces changements climatiques dans le domaine agricole, le CEDRES a mené des recherches.

Boureima Sawadogo expliquant l’impact des changements climatiques sur l’agriculture au Burkina Faso

Le chercheur Boureima Sawadogo a présenté les résultats de ses recherches sur « l’impact de la sécheresse sur le secteur des cultures et options d’adaptation au Burkina Faso : une analyse d’équilibre général calculable ». Dans ses résultats, le chercheur a démontré que les sécheresses agricoles au Burkina Faso font chuter la production, menaçant même la sécurité alimentaire et entraînant la pauvreté.

Il ajoute que les sécheresses ont un effet négatif sur la performance économique et le bien-être des ménages au Burkina Faso. « Les sécheresses constituent une menace pour la stabilité de la production alimentaire, de l’agriculture au Burkina Faso, mais aussi pour le système de production dans son ensemble, ainsi que pour les services qu’il fournit. Ces effets affectent aussi bien les ménages ruraux que les ménages urbains, et aussi bien les hommes que les femmes. Cependant, les femmes sont moins résilientes aux chocs de la sécheresse, notamment en raison de leur faible capacité d’accès aux ressources productives, telles que la terre, le crédit non assuré et la faible capacité à migrer », a-t-il expliqué. 

Une vue des participants à l’atelier

La sécheresse, qu’elle soit modérée ou sévère, réduit la création des richesses de 3 à 4% environ, a soutenu le chercheur Boureima Sawadogo. De même, poursuit-il, au cours d’une année donnée, si la sécheresse apparait, ses conséquences sont énormes en termes de création de richesse et d’approvisionnement en produits céréaliers ; et cela conduit à la réduction d’environ 10% de l’offre alimentaire du Burkina Faso. C’est dire que si aucune mesure n’est prise, les chocs de la sécheresse entraîneront une augmentation de la pauvreté, de l’insécurité alimentaire et de la mortalité, est convaincu le chercheur. 

À cet effet, Boureima Sawadogo a recommandé, dans son étude, que la « priorité soit donnée au développement de l’irrigation, suivi de l’adoption de variétés de cultures tolérantes à la sécheresse et de la gestion intégrée des sols ». Cette recommandation, appuie-t-il, se fonde sur le fait qu’il s’agit d’un investissement à long terme, qui peut aider à faire face aux risques liés aux activités agricoles.

L’autre résultat présenté a concerné les études sur « l’amélioration de la sécurité alimentaire dans un contexte de changement climatique et de perte de biodiversité : intégration des cultures à double usage dans l’élevage chez les petits producteurs laitiers des régions semi-arides et arides du Bénin et du Burkina Faso ». L’étude a été présentée en visioconférence par Marthe Montcho, du laboratoire d’écologie appliquée de l’Université d’Abomey-Calavi du Bénin.

Pr Youmani Ouoba, Directeur général du CEDRES invitant les décideurs à s’approprier des résultats des recherches

Pour le Directeur général du CEDRES, Pr Youmani Ouoba, la mission principale de ces recherches est de participer au développement économique du Burkina Faso, à travers la recherche et la formation. Du reste, le Pr Youmani Ouoba, espère une prise en compte par les décideurs des résultats de ces recherches. « Nous espérons surtout que ces résultats soient utiles aux décideurs et à tous les utilisateurs de ces produits », a-t-il insisté.

Pour information, le CEDRES est un centre de recherche de l’Université Thomas Sankara (UTS) créée depuis 1977 avec pour mission de soutenir le développement socioéconomique du Burkina Faso et de l’Afrique par la recherche et la formation en sciences économiques, sociales et de gestion. Le Centre compte 110 chercheurs et enseignant-chercheurs dont 60% de permanents et 21,5% de femmes.

Mathias Kam et Fatoumata Konaté (Stagiaire)

Minute.bf

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