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Burkina : Le RAME alerte sur une probable rupture du traitement du VIH-SIDA et de la Tuberculose

Dans une lettre adressée au ministre en charge de la santé et de l’hygiène publique, dont Minute.bf a eu copie, le Réseau Accès aux Médicaments essentiels (RAME) exprimé ses « inquiétudes sur les ruptures des traitements au regard du risque de non-démarrage des subventions du Fonds mondial en janvier 2024 ». Lisez plutôt !

« Ouagadougou, le 29 novembre 2023

À

Monsieur le Ministre de la santé et de l’hygiène publique du Burkina Faso

Objet : Nos inquiétudes sur les ruptures des traitements au regard du risque de non-démarrage des subventions du Fonds mondial en janvier 2024.

Monsieur le Ministre de la santé et de l’hygiène publique,

Le Réseau Accès aux Médicaments essentiels (RAME) est une organisation de la société civile burkinabè reconnu officiellement depuis le 25 septembre 2003 et dont la mission principale est d’influencer les politiques publiques pour un accès équitable à des soins de santé de qualité à tous surtout pour les plus vulnérables.

Par la présente, nous venons attirer votre attention et exprimer nos inquiétudes sur les risques de ruptures de traitement pour les patients et une suspension des activités de lutte contre le VIH/Sida et la tuberculose à partir de janvier 2024 au regard des récents évènements relatifs aux subventions du Fonds Mondial de lutte contre le paludisme, le Sida et la Tuberculose.

En effet, c’est avec un grand étonnement que nous suivons les derniers développements de remises en cause des subventions du Fonds Mondial, notamment les subventions VIH et TB/VIH.

Nous sommes d’autant plus surpris car le processus a été conduit depuis janvier 2023 de manière participative par l’instance de coordination national (CCM) du Fonds mondial au Burkina Faso, que vous présidez. La soumission de la proposition du pays a été faite en mars 2023 et validée par le comité technique de revue des subventions (TRP) du Fonds Mondial au cours de juillet 2023, ce qui a ouvert là phase des négociations et la finalisation de la subvention dont la signature devrait intervenir au cours de décembre 2023 afin de le démarrer effectivement en janvier 2024. Aussi, nous rappelons que cette subvention est une donation au pays comme pour l’ensemble des autres pays couverts par ce partenaire.

Nous ne comprenons donc pas pourquoi certains acteurs, qui ont participé au processus, ont préféré attendre la fin du processus pour porter des accusations graves à celui-ci. L’opportunité de cette réaction à ce stade est d’autant plus inquiétante parce qu’elle porte un grand risque que le Burkina Faso perde les subventions ou ne les démarrent pas à temps en 2024, ce qui aura pour conséquences directes la rupture de financements pour la lutte contre le VIH et la tuberculose dans notre pays, avec ces corollaires de ruptures de traitement ARV et antituberculeux pour les populations.

Comme vous êtes sans ignorer, le Fonds mondial est le principal partenaire au côté de l’État du Burkina Faso dans la prise en charge du VIH/Sida notamment dans l’offre gratuite des ARV et des examens de suivi du traitement des Personnes vivant avec le VIH/Sida ainsi que le traitement de la tuberculose. A titre d’exemple, pour les 93 8241 PVVIH estimé pour 2024, la subvention du Fonds devrait permettre de prendre en charge gratuitement 46% des besoins des ARV (soit 39 836 PVVIH) et couvrir 65% des besoins en intrants de dépistage du VIH du pays à partir de 2024. Aussi, c’est à travers principalement la subvention du Fonds Mondial que le pays réalise la gratuité des examens de suivi-biologique des patients VIH permettant au pays d’évoluer progressivement vers la fin de l’épidémie en 2030.

Dans le domaine de la tuberculose, le Fonds mondial prend en charge plus de 60% des coûts du traitement de tous les cas de tuberculose simples et presque la totalité de la prise en charge des cas de tuberculose multi-résistants.

C’est au regard de ses réalités que le risque actuel de non-démarrage des subventions en janvier 2024 nous interpelle avec les conséquences qui pourront être dramatique pour les populations bénéficiaires et avec des risques de pertes en vies humaines parmi les patients VIH et Tuberculose. Le pays est déjà éprouvé par les conséquences de l’insécurité et il ne faut pas en rajouter d’autres crises.

Nous sommes fondés de croire, que les raisons évoquées concernant l’orientation générale de la subvention ne sont pas les raisons véritables de la fronde contre la subvention. Les véritables raisons des enjeux de positionnement des acteurs dans la mise en oeuvre. Le RAME, comme à ses habitudes, ne peut cautionner que les intérêts des individus ou des organisations priment sur les intérêts des bénéficiaires, notamment leur santé et leurs vies. Comment nous l’avions déjà exprimé dans une déclaration2 publiée en 2005 pour soutenir le monopole de la CAMEG contre les risques sanitaires d’une libéralisation du circuit d’approvisionnement de nos formations sanitaires en médicaments essentiels, nous restons constants jusqu’à ce jour sur le principe que les intérêts des populations doivent être au centre de toutes les décisions.

Étant convaincus, que le gouvernement la Transition dans son ensemble a fait de la protection des populations le leitmotiv de ses actions, nous avons foi que vous saurez prendre les dispositions privilégiant la santé de nos populations, surtout les plus vulnérables.

Le RAME reste bien sûr disposé à apporter sa contribution aux différentes réflexions et actions visant à satisfaire l’accès à des soins de qualité pour les populations.

Veuillez recevoir, Monsieur le ministre de la santé et de l’hygiène publique, nos considérations les plus distinguées.

NB : Contact direct en cas de besoin 25 33 41 16 ou le 71 25 85 01. »

Le Directeur Exécutif National
Hamidou Ouédraogo

Minute.bf

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