Burkina: La réconciliation prendra aussi en compte ceux qui ont pris les armes contre l’Etat

Le ministre d’État en charge de la réconciliation nationale et de la cohésion sociale, Zéphirin Diabré face à la presse nationale et internationale, le jeudi 4 mars 2021 à Ouagadougou, a dévoilé les 5 grands points de sa mission.

Chargé d’élaborer, de mettre en œuvre et de suivre la stratégie de réconciliation nationale de concert avec les différents acteurs, Zéphirin Diabré a schématisé son action sous cinq axes en fonction des types de problèmes. Il s’agit de « la réconciliation sociopolitique » qui concerne les problèmes d’ordres strictement politiques : conquête du pouvoir, régime d’exception, crimes de sang (Norbert Zongo, Thomas Sankara…), destruction de bien public, l’insurrection des 30 et 31 octobre 2014. A ce titre, le ministre d’Etat a fait cas de « 145 dossiers de crimes de sang et 106 dossiers de cas qui touchent à l’intégrité physique », selon le rapport qu’il a reçu du Haut-Conseil pour la Réconciliation nationale (HCRUN).

Les conflits communautaires regroupent le second pan de la réconciliation que Zephirin Diabré a dénommé « réconciliation communautaire ». Se fiant toujours au rapport du HCRUN, le ministre Diabré a dénombré «169 conflits communautaires, 1671 conflits liés au foncier, 33 conflits interreligieux et 67 conflits liés aux politiques locales ».

La réconciliation sécuritaire va concerner les citoyens burkinabè qui ont pris les armes contre leurs propres frères. «Ils l’ont fait dans leur propre communauté et contre l’Etat », a regretté le ministre en charge de la réconciliation nationale, déplorant le fait que cela ait « engendré la stigmatisation et le repli identitaire». Yirgou et Barsalogho sont les cas d’exemple selon M. Diabré.

En sus, les situations conflictuelles entre l’Etat et ses administrés constitueront le quatrième point de la réconciliation nationale. À en croire Zéphirin Diabré, « sur les 5600 dossiers reversés au niveau de son ministère par le HCRUN, plus de 4800 dossiers concernent le volet de la réconciliation et portent sur les brisements de carrières, des refus d’avantages dus, des licenciements abusifs individuels et collectifs, des règlements judiciaires non soldés…»

Enfin, le cinquième axe de la réconciliation que conduira Zephirin Diabré portera sur « les insuffisances de la gouvernance globale de l’Etat », notamment sur les questions du développement et la justice, un problème de réconciliation entre l’Etat et ses citoyens.

Hamadou OUEDRAOGO et Franck M. KOLA

Minute.bf

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