Burkina : La jeunesse renouvèle son engagement dans la lutte contre les MGF

Dans le cadre de la 21e journée nationale de lutte contre la pratique de l’excision, le ministère de la femme, de la solidarité nationale, de la famille et de l’action humanitaire a initié un panel ce vendredi 11 juin 2021 à Ouagadougou. Ce panel a été présidé par Clémentine Dabiré, épouse du premier ministre, représentante de Sika Kaboré, épouse du chef de l’État.

Placé sous le thème: « Investir dans la jeunesse pour mettre fin à la pratique de l’excision au Burkina Faso d’ici 2030 », la 21e journée nationale de lutte contre la pratique de l’excision commémorée qui se tient chaque 18 mai a été commémorée en différé ce vendredi 11 juin 2021.

« Le thème de cette année nous engage à renforcer les capacités de la jeunesse qui, vous le savez, s’est engagé auprès du Président du Faso, Champion de l’Union Africaine pour la promotion de l’élimination des MGF le 30 juin 2020 à œuvrer résolument à l’élimination des Mutilations Génitales Féminines (MGF) dans notre pays », explique Laurence Marshall/Ilboudo, ministre en charge de la femme.

Clémentine Dabiré, représentant de Sika Kaboré, épouse du chef de l’État

A travers la célébration de cette année, il s’agira de projeter les actions futures avec la jeunesse, afin d’accélérer l’atteinte de la tolérance zéro aux MGF en 2030 conformément aux Objectifs du développement durable (ODD) qui visent à « réaliser l’égalité des genres et donner des capacités et du pouvoir aux femmes et aux filles » et à « éliminer toutes formes de pratiques néfastes telles que les mariages d’enfants et les mutilations génitales féminines ».

La ministre en charge de la femme précise que « les données statistiques montrent que le taux de l’excision, au plan national, pour les enfants de 0 à 14 ans a connu une baisse significative ces 15 dernières années : il est passé de 23 % en 2005 à 13,3% en 2010 selon les résultats de l’Enquête Démographique et de Santé, puis à 11,3 % en 2015, suivant les données de l’Enquête Multisectorielle Continue ».

Elle estime également que Malgré ces acquis, d’énormes défis restent à relever. Pour elle, « il faut donc rester mobilisé et déterminé dans la lutte contre les MGF surtout au regard du contexte national difficile marqué par la crise sécuritaire, humanitaire et sanitaire ».

A en croire Clémentine Dabiré, représentant de Sika Kaboré, épouse du chef de l’État, au Burkina Faso les multiples actions entreprises par le gouvernement, les collectivités territoriales et la société civile, avec l’appui des partenaires techniques et financiers ont permis d’engranger beaucoup d’acquis.

Une vue des participants à cette cérémonie

Les données de l’Enquête Démographique et de Santé IV qui indiquent que 90% des femmes de 15 à 49 ans déclarent que la pratique doit cesser, tandis que, le taux de prévalence qui était de 13,3 % en 2010, dans la tranche d’âge de 0 à 14 ans est passé à 11,3 % en 2015 pour la même tranche d’âge selon les données de l’Enquête Multisectorielle Continue.

Aussi, faut-il noter que le Burkina Faso occupe une place de leader au plan africain et mondial de par les énormes efforts fournis en matière de prévention, de prise en charge des victimes de l’excision et surtout l’existence et l’effectivité de l’application de la loi réprimant les MGF.

« Nous jeunes, saluons l’engagement des autorités qui a permis de conscientiser les populations, de nous conscientiser, nous les jeunes et de nous amener dans cette lutte », indique Roukiatou Sedgo, jeune fille engagée depuis des années dans la lutte contre les mutilation génitales féminines.

De plus, en cette journée commémorative de la lutte pour l’élimination des MGF, la jeunesse une fois de plus prend l’engagement de maintenir le flambeau allumé et assurer la relève dans le cadre de la lutte contre les mutilations génitales féminines ; de combattre vivement et efficacement l’excision en usant de tous les moyens disponibles pour assurer à bien leur mission; d’inviter leurs pairs jeunes à éviter le coup tranchant de la lame à leurs sœurs, et plus tard à leurs filles.

Mireille Sandrine Bado
Minute.bf

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