Le Secrétaire général du Ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (MESRI), le Pr Samuel Paré, a animé un point de presse, ce mardi 30 juin 2026 à Ouagadougou. L’objectif était d’apporter des éclaircissements sur le décret adopté en Conseil des ministres le 25 juin 2026, qui instaure une autorisation préalable pour les étudiants burkinabè souhaitant poursuivre leurs études à l’étranger.
Face aux nombreuses réactions suscitées par cette mesure, le Secrétaire général du Ministère en charge de l’enseignement supérieur, Pr Samuel Paré, a tenu à dissiper les inquiétudes. Il a précisé que l’autorisation préalable ne vise pas à entraver la mobilité étudiante, mais à mieux accompagner les candidats dans leurs démarches et à faciliter leur insertion professionnelle à leur retour.
Selon le Pr Samuel Paré, cette réforme poursuit plusieurs objectifs stratégiques. Elle permettra notamment à l’État de constituer une base de données fiable des Burkinabè en formation à l’étranger, de vérifier la reconnaissance officielle des établissements d’accueil et de s’assurer de la qualité des formations suivies. Le dispositif entend également lutter contre les faux diplômes, les établissements fictifs et les formations de complaisance.
« Cette mesure permettra à l’État de cartographier les compétences acquises par la diaspora, de mieux préparer leur retour, de faciliter leur insertion dans le tissu socio-économique national et de mobiliser leurs expertises au service du développement du Burkina Faso », a déclaré le Secrétaire général du MESRI.

Le Secrétaire général a précisé que l’autorisation préalable est également exigée pour les bénéficiaires de bourses destinées à des études, des formations ou des stages dans des institutions étrangères, interétatiques ou internationales implantées au Burkina Faso. Elle concerne également les personnes qui ont déjà commencé leurs études à l’étranger.
Cette disposition, selon lui, vise à mieux contrôler la qualité des profils formés, à aligner les compétences acquises sur les besoins stratégiques du pays, à renforcer le suivi des apprenants et à protéger les étudiants contre d’éventuelles tentatives d’endoctrinement.
Pour le SG du MESRI, le décret introduit plusieurs innovations. Il institue notamment la bourse patriotique, qui permettra à toute personne physique ou morale, burkinabè ou étrangère, de financer directement des formations ou des activités de recherche dans une logique d’engagement citoyen. Il crée également la bourse d’inscription, destinée à prendre en charge tout ou partie des frais d’inscription académique des étudiants orientés par l’État, ainsi que la bourse spécifique d’indigence, qui remplace l’ancienne formule des aides et cible les étudiants en situation de grande précarité, conformément aux textes en vigueur.
Le Pr Paré a également annoncé la mise en place d’une plateforme numérique destinée au dépôt des demandes d’autorisation. La procédure sera entièrement gratuite et les autorisations seront délivrées dans un délai maximal de 72 heures après le dépôt d’un dossier complet. Il a aussi indiqué que le critère sur les revenus des parents a été supprimé.
Enfin, le SG du MESRI a rappelé que les étudiants qui reprendraient des études à l’étranger sans avoir obtenu cette autorisation préalable s’exposent à une non-reconnaissance de leurs diplômes au Burkina Faso.
À travers cette réforme, le gouvernement entend ainsi mieux encadrer les parcours académiques à l’international tout en renforçant la valorisation des compétences burkinabè au profit du développement du pays.
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Sakinatou ZOUNDI
Minute.bf






