Quelques jours après l’adoption de la loi portant libertés religieuses et la suspension de deux prédicateurs accusés d’avoir tenu des propos jugés radicaux, plusieurs leaders religieux et acteurs du monde éducatif se sont exprimés ce 24 juin 2026 pour appeler à l’apaisement et à la cohésion sociale.
Le débat sur la liberté religieuse fait débat au Burkina Faso. Le Gouvernement a sonné la fin de la récréation avec l’adoption d’une loi encadrant la liberté religieuse au Burkina Faso.
Selon le Gouvernement cette loi n’interdit à aucun citoyen la pratique de sa religion. Chacun en est libre de pratiquer sa religion. Cependant cette pratique est désormais encadré par une loi.

Se prononçant sur cette loi, Salifou Sawadogo, imam a salué l’initiative qu’il juge bonne tout en appelant à la cohésion sociale. « Toute action collective ou individuelle doit s’inscrire dans le respect des lois et des institutions en place », a-t-il déclaré.
Selon lui, l’intérêt général exige la préservation de la stabilité sociale et du dialogue pacifique.
A en croire Mouhamad Gansonré, enseignant de langue arabe, toute mesure visant à préserver la cohésion sociale et le vivre-ensemble des Burkinabè est une bonne chose. « Nous souhaitons donc que cette loi soit davantage expliquée afin que nous puissions mieux la comprendre. Deuxièmement, nous estimons qu’il est normal que des mesures soient prises pour encadrer certains domaines de la vie sociale. Nous pensons que c’est dans ce sens que cette loi a été adoptée et, de notre point de vue, cela est une bonne chose. Je voudrais également lancer un appel. Au Burkina Faso, depuis toujours, les populations ont vécu dans l’entente, la cohésion, l’amour du prochain et le dialogue. Cela nous a permis de nous entendre sur ce qui est bénéfique pour l’ensemble des Burkinabè. Nous demandons donc que les populations soient davantage éclairées et sensibilisées afin qu’elles puissent comprendre le bien-fondé de cette loi », a-t-il déclaré.

Pour Inoussa Kindo, enseignant certifié des lycées et collèges en langue arabe, dans le contexte difficile que traverse le Burkina Faso, les discours doivent être formulés avec responsabilité afin de ne pas contribuer à des troubles à l’ordre public. « Comme tout citoyen, nous devons faire confiance aux autorités. Si cette loi vise à encadrer le fait religieux, c’est une bonne chose. Je n’ai pas encore parcouru l’intégralité du texte, qui comporte plus de 121 articles, si je ne me trompe pas. J’ai cependant consulté certains articles et je ne vois pas en quoi cette loi pourrait nuire aux acteurs religieux. Ce que nous souhaitons avant tout, c’est la transparence dans son application », a-t-il souligné.
Sidziguin Irène Corinne SAWADOGO (Stagiaire)
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