Burkina : « Dans une période de crise, construisez la vérité qui vous arrange » (Adama Siguiré)

Le Mouvement conscience nouvelle ( MCN) et le Rassemblement des intelligences pour la souveraineté africaine (RISA), ont co-animé un panel dans la soirée du vendredi 14 avril 2023, à Ouagadougou. L’activité qui s’est tenue dans l’enceinte de l’université Thomas Sankara a mobilisé plusieurs étudiants.

« Engagement citoyen et construction de la patrie », c’est la première thématique développée au cours de ce panel. Pour exposer sur ce sujet, c’est l’enseignant-chercheur, Dr Boukary Nebié, membre fondateur du RISA, qui s’est prêté à la tâche.

Commençant son argumentaire, le conférencier a défini la patrie, comme une communauté sociale à laquelle l’on appartient ou l’on a le sentiment d’appartenir tout simplement. En tant que communauté, il est donc crucial, des dires du conférencier, de mutualiser les intelligences en vue de trouver de façon commune, les solutions aux crises qui se présentent. M. Nebié, a aussi défini l’engagement citoyen comme un engagement libre, souverain qui se fait sans attendre en retour une quelconque récompense.

L’engagement citoyen consiste, dit-il, à mettre son énergie au service de sa communauté, son peuple. « L’engagement citoyen est la participation active et démocratique des membres d’une communauté au développement et au mieux être de leur milieu de vie », a-t-il défini.

Pour l’enseignant-chercheur, dans une nation en péril, l’engagement citoyen ne doit plus être une option mais plutôt une obligation qui s’impose à l’ensemble des individus qui composent la nation. Il a, ce faisant, appelé les étudiants, à ne surtout pas minimiser leurs contributions dans la guerre antiterrorisme que mène le Burkina Faso. « Que personne ne dise que ce que je dois apporter en terme d’action, en nature, est insignifiant. Parce que quelqu’en soit la petitesse, la modestie de la réflexion que nous apportons, c’est toujours utile pour notre pays en ce moment là », a-t-il dit.

Plusieurs étudiants ont pris part à cette activité

La deuxième thématique de ce panel a été animée par l’écrivain burkinabè, Adama Amadé Siguiré. Elle a porté sur le thème : « Une jeunesse mobilisée et résiliente face à la crise ». Pour Siguiré, seule une jeunesse mobilisée et engagé peut susciter des changements dans une nation. « La jeunesse c’est le fer de lance, c’est un couteau à double tranchant. Si elle est bien employée, bien exploitée, c’est elle qui fait la force de la nation. C’est elle qui fait le développement. Si elle est mal employée, mal exploitée, c’est elle qui sera encore le principal obstacle pour le développement de la nation », a-t-il prévenu.

Selon, ses explications, quand « on est jeune, on est l’espoir pour soi-même, pour une famille, un village et l’espoir de toute une nation ». À l’en croire, le pays est entre les mains de la jeunesse et il lui appartient de le construire. « Le pays se trouve entre vos mains. Ce ne sont pas des hommes et des femmes de 60, 70 ans qui vont construire le Burkina Faso. Quelle sera la couleur de l’avenir ? C’est vous qui allez déterminer cette couleur là », a poursuivi le coordonnateur du RISA qui appelle ce faisant, la jeunesse à une prise de conscience individuelle et collective.

Dans son exposé, le conférencier a aussi appelé la jeunesse à la solidarité et la résilience. « Des forces dispersées dans la nature, ne vont pas très loin. Mettons ensemble ces forces là. Dans une période de guerre, nous avons le devoir sinon l’obligation de solidarité. Aujourd’hui quelqu’un ne doit pas nous demander de nous unir. C’est le temps, le moment, la période qui nous impose l’union », a soutenu Adama Amadé Siguiré.

Une photo de famille a refermé les portes de ce panel

Il a termine sa communication en exhortant les jeunes de l’université Thomas Sankara et du Burkina en général à développer en ces instants précis un vocabulaire positif fondé sur une vérité propre au Burkina Faso. « Soyons forts, déterminés. Il faudrait que nous parlions le même langage, que nous utilisions presque les mêmes mots. Les mots qui construisent, qui galvanisent, encouragent. Il n’y pas de vérité dans ce monde, ça n’existe pas. Chaque peuple construit sa vérité et dans une période de crise. construisez des vérités qui vous arrangent, qui vous font avancer », a-t-il exhorté.

Jean-François SOME (Stagiaire)

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