La compétition de lutte des Jeux de l’Alliance des États du Sahel (AES) a livré son verdict, dans la soirée du samedi 12 septembre 2026 à l’hippodrome de Hamdallaye à Ouagadougou. A l’issue de deux jours de compétition, chez les hommes, le Niger s’est particulièrement illustré en remportant trois des cinq catégories disputées. Chez les dames, les lutteuses burkinabè ont réalisé une belle performance en décrochant les médailles d’or, aussi bien en équipe qu’en individuel. La ministre des Sports, de la Jeunesse et de l’emploi, Annick Lydie Djouma Pickbougoum Zingué/Outtara avec une importante délégation du Ministère en charge de la jeunesse, des délégations des autres pays de l’AES, ainsi que des représentants coutumières ont pris part à la finale de la lutte.
Le Niger s’est imposé comme la nation dominante de la lutte aux Jeux de l’Alliance des États du Sahel (AES), à l’issue des compétitions disputées à Ouagadougou. Avec trois premières places sur les cinq catégories masculines, les Nigériens confirment leur suprématie dans cette discipline. Le Burkina Faso, malgré des résultats en dents de scie, entend désormais accélérer sa préparation pour rivaliser avec son voisin.

En effet, pour cette deuxième édition des jeux de l’AES, la lutte a tenu ses promesses. Les représentants du Burkina Faso, du Mali et du Niger se sont affrontés dans les catégories de 60, 66, 76, 86 et 100 kg chez les hommes.
Dans la catégorie des 60 kg, le Niger termine premier, devant le Burkina Faso, et le Mali. Le classement reste identique chez les 66 kg.
Le Burkina Faso s’est toutefois imposé dans la catégorie des 76 kg, devant le Niger et le Mali. Chez les 86 kg, le Mali décroche la première place, suivi du Niger, tandis que le Burkina Faso ferme le classement. Enfin, dans la catégorie des 100 kg, le Niger reprend la première place, devant le Burkina Faso et le Mali.

Sibiri Ki : « Une petite erreur de ma part »
Vice-champion dans la catégorie des 66 kg, Sibiri Ki, ancien champion de cette catégorie lors de la première édition des Jeux de l’AES au Mali, reconnaît avoir manqué de confiance lors de son combat face au Nigérien.
« Ce qui n’a pas marché, c’est le manque de confiance. Une petite erreur de ma part a montré la technicité de mon adversaire nigérien », a-t-il expliqué.
Malgré cette deuxième place, le lutteur burkinabè se projette déjà vers la prochaine édition. « Avec l’intensification des entraînements, nous allons arracher de nouveau notre première place », promet Sibiri Ki.
Chez les dames, les Burkinabè ont largement dominé les débats. Le plus long combat n’aura duré qu’une minute et dix secondes. Les lutteuses burkinabè ont raflé les médailles d’or, aussi bien en équipe qu’en individuel.
« Je suis très heureuse. Ce n’est pas de la sorcellerie, c’est juste des entraînements », s’est réjouie Edith B. Kourouné, médaillée d’or dans la catégorie des 65 kg.

Selon elle, les lutteuses maliennes « se sont donné et se sont battues comme elles le pouvaient », mais les Burkinabè ont été « plus décisives et plus fortes ». Mlle Kourouné promet de poursuivre les entraînements pour maintenir le niveau.
Le Niger assume sa suprématie
Pour l’entraîneur des lutteurs nigériens, Ibrahime Mamane cette performance est le résultat d’un travail préparé en amont. « Nous l’avons préparée d’avance et le résultat est là devant vous aujourd’hui », a-t-il déclaré. Affichant déjà de grandes ambitions pour la suite, M. Mamane dit ceci : « nous comptons être champions du monde, pourquoi pas, en matière de lutte ».
Le technicien nigérien a également salué les progrès du Burkina Faso. « Le Burkina de 2025 n’est pas le Burkina de 2026 », a-t-il constaté, estimant avoir observé une nette évolution dans le comportement et le niveau des athlètes burkinabè.
Du côté burkinabè, la satisfaction est présente malgré la domination nigérienne. L’entraîneur national, Blaise Debé estime que ses lutteurs ont livré des prestations encourageantes, notamment face au Niger.
« Depuis longtemps, c’est le Niger qui est vraiment notre bête noire, que nous cherchons vraiment à battre », a-t-il expliqué. M. Debé estime que certains combats se sont joués sur des détails : « Sur les cinq lutteurs, nous avons eu au moins deux victoires ».

Le technicien regrette toutefois le résultat des 66 kg, évoquant une situation d’arbitrage qui, selon lui, aurait mérité une reprise du combat. « Le lutteur avait un pied dehors. Le règlement dit qu’on reprend le combat », a-t-il affirmé, tout en précisant ne pas vouloir « accuser l’arbitrage ».
Malgré cette réserve, Blaise Debé retient surtout l’engagement de ses athlètes. « Dans l’ensemble, je pense que les lutteurs ont donné ce qu’ils avaient. À nous, chacun a mouillé le maillot », a-t-il assuré.
Concernant les filles, l’absence de lutteuses nigériennes n’enlève rien, selon le technicien, à la performance burkinabè. « Elles étaient au top mentalement, physiquement, techniquement et tactiquement », a-t-il souligné.
« Le Niger n’est pas une montagne à escalader »
Même constat de satisfaction du côté du Président de la Fédération burkinabè de lutte, Ousséni Kabré. Il salue le niveau de l’organisation, la mobilisation du public et la compétitivité des athlètes. « Franchement, je suis satisfait », a-t-il déclaré, estimant que les résultats permettent aux encadreurs de mesurer les acquis et d’identifier les aspects à améliorer.

Pour lui, le Burkina Faso peut progressivement s’imposer comme une grande nation de lutte. « Le Niger n’est pas une montagne à escalader », a lancé M. Kabré avant d’annoncer la mise en œuvre d’un plan stratégique destiné à développer davantage la discipline au Burkina Faso.
Le Président de la fédération de lutte, cite notamment l’exemple du championnat national nigérien, dont l’organisation mobiliserait, selon lui, environ 400 millions de francs CFA. Un investissement qui, estime M. Kabré, pourrait permettre au Burkina Faso de détecter et de former davantage de jeunes talents.
Des primes pour les médaillés
À l’issue des compétitions, les athlètes classés dans les différentes catégories ont également été récompensés. Grâce à la vision du chef de l’État du Burkina Faso en particulier et de celui de la confédération en général, le premier de chaque catégorie repart avec 400 000 francs CFA, le deuxième avec 300 000 francs CFA et le troisième avec 200 000 francs CFA.
Enfin, malgré la suprématie du Niger sur le plan masculin, les performances des lutteuses et la progression affichée par les athlètes burkinabè donnent déjà rendez-vous aux prochaines échéances de l’AES. Il faut noter que d’autres disciplines se poursuivent dans différents axes sportifs de Ouagadougou.
Nadège KINDA
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