Alors que des centaines d’orpailleurs burkinabè refoulés de Guinée sont attendus au Burkina Faso, le Gouvernement a appelé la population au calme et entend protéger les ressortissants guinéens établis sur son sol. « Les Guinéens sont chez eux » au Burkina Faso, a déclaré la ministre de la Famille et de la Solidarité, le lieutenant-colonel Passowendé Pélagie Kaboré.
La ministre de la Famille et de la Solidarité, le lieutenant-colonel Passowendé Pélagie Kaboré, a lancé un appel au calme à l’endroit de tous ceux qui, au Burkina Faso, seraient tentés de réagir aux expulsions de leurs compatriotes par des messages hostiles envers la Guinée. « Tous ceux qui sont en train de lancer des messages à l’endroit de la Guinée, je voudrais les appeler au calme et à la retenue », a-t-elle déclaré à la télévision nationale.
La ministre Kaboré a également tenu à rassurer les ressortissants guinéens vivant au Burkina Faso, les invitant à ne pas s’inquiéter. « Je voudrais rassurer toutes les communautés, et particulièrement la communauté guinéenne, qu’ils sont ici au Burkina Faso et qu’ils sont chez eux », a-t-elle affirmé, insistant sur le fait que les événements en cours ne sauraient justifier des actes de stigmatisation ou d’hostilité.
Dans cette dynamique, Passowendé Pélagie Kaboré a assuré que le Gouvernement prendrait les dispositions nécessaires pour garantir la tranquillité des différentes communautés. « Nous allons prendre toutes les dispositions pour rassurer justement ces communautés que le gouvernement n’est ni de près ni de loin mêlé à ces mots d’ordre qui sont en train de fuser de part et d’autre », a-t-elle précisé.
La ministre de la famille a réaffirmé l’attachement du Burkina Faso aux valeurs panafricanistes. « Je voudrais rassurer la population que nous restons africains, que nous restons totalement africains et qu’ils sont les bienvenus au Burkina Faso », a-t-elle soutenu, appelant à ne pas remettre en cause cet idéal à la suite des événements.
Ces déclarations interviennent dans un contexte de tensions nées de l’expulsion, par Conakry, de milliers de Burkinabè employés sur des sites d’orpaillage artisanal dans la région de Siguiri, dans le nord-est de la Guinée. Les autorités guinéennes ont justifié cette opération par la nécessité de mettre fin à une exploitation anarchique de l’or, dénonçant la destruction des sols, la pollution des cours d’eau et l’usage de produits chimiques dangereux. Ouagadougou affirme toutefois n’avoir été informé ni de l’opération ni de son calendrier, et le ministre de la Sécurité, Mahamadou Sana, a fait état de blessés, « même parfois des blessés par balle », évoquant des « traitements cruels, inhumains et dégradants ».
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