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jeudi 18 avril 2024

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À la barre : Il fait la cour aux femmes et leur dérobe leurs sacs à main

Voici un procès très pédagogique, particulièrement pour nombreuses femmes. En effet, N.M, se présentant comme un commerçant, a comparu à la barre du Tribunal de grande instance (TGI) Ouaga 1, le mercredi 7 février 2024 pour répondre de plusieurs chefs d’accusation en son encontre, notamment le vol et l’abus de confiance. Le prévenu faisait la cour aux femmes et ensuite, profitait pour leur dérober des objets de valeur.

En voilà un « voleur » qui n’a que des femmes pour victimes. N.M, 39 ans, est accusé par 3 dames pour les mêmes faits de vol et abus de confiance. En effet, N.D l’accuse d’avoir soustrait son sac à main contenant plus de 180 000 FCFA, deux téléphones portables et une carte grise. Les faits remontent à juillet 2023.

J.N, accuse le même prévenu pour le vol de son sac à main contenant ses 2 téléphones portables et sa carte grise de moto. Faits remontant en décembre 2023. Une autre victime absente au procès, accuse N.M d’avoir volé son sac à main contenant ses deux téléphones portables et la somme de 35 000 FCFA, en février 2023.

Après lecture des chefs d’accusation à son encontre, le prévenu N.M, taille fine, « petit modèle » dans le jargon familier et vêtu en boubou bleu à la barre, a botté en touche tous les faits qui lui sont reprochés. Selon ses explications, il ne reconnaît que deux plaignantes, à savoir, N.D et J.N. Le prévenu a expliqué que les deux cités sont « ses conquêtes ». Pourtant N.D est une femme mariée avec 2 enfants.

Selon les dires du prévenu, il a fait la cour à N.D et tout s’est bien passé jusqu’à la « nuit de noce ». Mais il n’a « jamais compris », pourquoi cette dernière l’accuse, si ce n’est qu’il a coupé tout contact avec elle. Même procédé avec la deuxième plaignante J.N. Cette dernière est d’ailleurs la seule à connaître chez le prévenu et le frère de ce dernier.

Mais selon ses déclarations en enquête préliminaire, le prévenu N.M avoue son forfait et donne des précisions inouïes. Il a déclaré en enquête préliminaire, qu’il a fait les yeux doux aux dames. Il les propose de faire fructifier leurs activités en leur offrant une forte somme d’argent. Par exemple pour avoir N.D, il a proposé de lui offrir 500 000 FCFA pour faire développer son commerce de vente de savon. Une fois un rendez-vous acté, il cherche à croquer le fruit défendu puis, il passe à l’acte de vol.

Son procédé est simple, selon son Procès verbal d’audition, il simule un appel pressant et invite son invité à partir. Pendant que les deux personnes se séparent, il fait demi-tour pour revenir percuter sa victime et lui dérobe ses biens. C’est le cas de N.D où à la sortie de l’hôtel, il a dérobé le sac à main de la dame et pris la fuite. Dans un autre procédé, lors du rendez-vous galant, si « sa conquête » se lève pour un quelconque besoin, il soutire du sac, tout le bien. C’est la stratégie utilisée contre J.N.

Le prévenu N.M a rejeté en bloc toutes ses déclarations contenues dans son PV d’audition. « Monsieur le président, vous savez à la police, c’est ma vie d’abord. Après avoir fini de me frapper, j’étais obligé de dire tout ça pour me sauver », se défend-t-il au Tribunal. Il nie les faits et accuse même les plaignantes d’acharnement sur sa personne. Dans sa défense, pour le cas précis de N.D, le prévenu affirme que le jour de « l’acte amoureux », elle n’avait pas de sac à main. La victime, pour sa part, persiste et signe, qu’elle y était avec un sac et le seul coupable c’est bien N.M. L’autre victime J.N, elle se dit convaincue que son bourreau c’est « son amoureux » N.M, ce, lorsque la police a retrouvé la carte grise de sa moto dans les mains du prévenu N.M. « À la police, les agents m’ont dit qu’il a avoué que c’est lui qui a pris », déclare-t-elle, toute étonnée. Le prévenu se défend qu’il a ramassé la carte grise.

Le procureur prenant la parole a attiré l’attention des femmes sur ce genre de comportement. Il a indiqué que les personnes comme N.M sont nombreux dans les villes. Le ministère public a invité les femmes à la prudence et à ne pas s’adonner à la facilité. Du reste, pour le ministère public, il ne fait l’ombre d’aucun doute que le prévenu est coupable après les faits révélés à la barre. Il a requis qu’il soit déclaré coupable et condamné à la peine de 5 ans de prison et 1 million de FCFA, ferme. Précisons que le prévenu N.M est un récidiviste. Il avait déjà été condamné pour 6 mois avec sursis pour abus de confiance.

« Moi je ne veux pas qu’il soit condamné. Je veux seulement qu’il me remette mon argent et mon téléphone. Mes deux téléphones coûtent respectivement 75 000 FCFA et 80 000 FCFA, plus 25 000 FCFA pour refaire ma carte grise et mes 180 000 FCFA qui se trouvaient dans le sac », a demandé la victime N.D. L’autre victime J.N a demandé que le prévenu lui rembourse deux fois 80 000 FCFA pour ses téléphones.

Le prévenu N.M a demandé la clémence du Tribunal. Il a même brandit l’argument de la maladie de son enfant pour espérer une liberté. Un des juges présent lors de la toute première condamnation de N.M l’a rappelé à l’ordre sur ses mêmes propos lors du jugement passé. « Il faut changer de comportement. Je me rappelle comme si c’était hier votre dernier jugement. J’étais à la même place. Vous avez oublié, pas moi. Lors du jugement où vous avez été condamné, ce sont les mêmes paroles, la maladie de votre enfant. Aujourd’hui encore c’est la même chose. Combien de temps vous allez utiliser ce prétexte pour espérer une remise en liberté ? », s’est demandé le juge.

Le Tribunal dans le souci de dire le droit, a renvoyé le délibéré au 14 février 2024.

Mathias Kam
Minute.bf

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