Burkina/ Mines : Quand le poumon économique s’essouffle ! (Edito)

Le Burkina Faso vit des moments difficiles de son histoire. Depuis maintenant sept ans, le pays est frappé par une insécurité à nulle autre pareille. Des localités entières sont mises sous coupe réglée par des bandes armées terroristes. Ces dernières sèment le chaos et la désolation principalement dans les campagnes. Elles poussent les populations au départ vers les centres urbains avec son corollaire de conséquences. Plus de 5 millions de Burkinabè sont victimes d’insécurité alimentaire. Acculé, le pays qui a subi deux coups d’Etat en l’espace de huit mois se rabat sur les aides alimentaires et d’autres natures.

Comme si cela ne suffisait pas, le moteur de l’économie est également frappé de plein fouet. Le secteur des mines, puisque c’est de ce domaine qu’il s’agit, est tourmenté par l’insécurité mais également par le manque de vision et d’anticipation des autorités. Au nombre des sites miniers victimes de l’insécurité, l’on retient la mine d’Inata et de Taparko. Les propriétaires de ces mines ont mis la clé sous le paillasson, mal gré.

La mine de Perkoa qui exploite le Zinc, est également en marqueur rouge après avoir traversé des périodes difficiles marquées par une inondation meurtrière. Le peu de responsabilité des autorités qui se sont succédé à la tête du pays depuis 2016 a malheureusement impacté négativement le secteur. Les installations de Hounde Gold Operation, société minière basée à Houndé avait été vandalisée ; récemment, la mine de Centamin dans le Sud-Ouest a subi à son tour le courroux des populations et orpailleurs locaux. Ces actes de vandalisme, combinés à la menace sécuritaire contribuent hélas à refroidir considérablement le poumon de l’économie en ce sens que l’exploitation minière est la principale source de revenus du pays.

Pour le compte des actes de vandalisme orchestrés le plus souvent par les populations locales, cela est dû au fait que ces populations ne jouissent pas des retombées de l’or de leur pays. Dans un pays marqué par une corruption endémique et le manque de vision des dirigeants à exploiter le secteur au profit de tous, les populations se contentent de se rendre justice elles-mêmes.

Dans un pays ravagé par les affres de l’insécurité, ployant sous le coup d’une insécurité alimentaire quasi permanente, les autorités gagneraient à prendre des mesures idoines et ce dans le sens de non seulement rassurer les exploitants miniers mais aussi de redistribuer équitablement les retombées générées par ce secteur.

La Rédaction

Minute.bf

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