Burkina | Réformes éducatives : Le ministre Zoungrana veut adapter l’école aux besoins du pays

La Direction régionale de l’Enseignement secondaire, de la Formation professionnelle et technique du Kadiogo tient, du 22 au 24 septembre 2026 à Ouagadougou, la conférence annuelle des personnels d’administration des établissements post-primaire et secondaire. Placée sous le thème « Mise en œuvre des réformes dans l’enseignement secondaire : développement des compétences par la formation professionnelle et l’enseignement scientifique technologique », l’ouverture des débats a été présidée par le ministre en charge de l’enseignement technique, le Pr Moumouni Zoungrana.

Face aux mutations engagées dans le système éducatif secondaire du Burkina Faso, le Pr Moumouni Zoungrana est revenu sur la nécessité d’adapter la formation aux besoins du marché national. « À l’étape actuelle, nous avons besoin d’ingénieurs ! À l’étape actuelle, nous avons besoin d’ouvriers qualifiés ! Parce que nous voulons concevoir, nous voulons fabriquer tout ce que nous consommons », a-t-il expliqué devant les personnels d’administration des établissements post-primaire et secondaire. Cette orientation traduit selon lui, la volonté de faire davantage correspondre les profils issus du système éducatif aux besoins de production et de transformation du pays des Hommes intègres.

Une vue du présidium

Donner une place accrue aux sciences et aux technologies…

Parmi les orientations citées par le ministre Pr Moumouni Zoungrana il figure le développement des séries scientifiques ainsi que des Technologies de l’information. D’après lui, cette priorité répond à un besoin concret celui de disposer de compétences capables d’accompagner les nouvelles activités industrielles et de prendre en charge les équipements installés dans le pays. Il a cité notamment l’exemple des nouvelles usines et posé la question de la disponibilité de techniciens capables d’assurer leur fonctionnement et leur maintenance. « Ces machines-là, si elles sont en panne, qui les répare ? On va les réparer avec la poésie et le commentaire composé ? Non ! On va les réparer avec la science ! », a-t-il lancé.

Toujours selon le Pr Moumouni Zoungrana, cette orientation ne signifie toutefois pas, balayer les sciences sociales du revers de la main. Professeur titulaire de littérature orale, il a affirmé connaître leur importance, tout en estimant que les besoins actuels du Burkina Faso imposent de renforcer les compétences scientifiques et techniques.

Au-delà des programmes scolaires, le ministre Zoungrana a présenté les réformes comme un moyen de transformer la finalité du système éducatif. Le constat qu’il a dressé est celui d’une formation qui ne permettrait pas suffisamment au pays de disposer de capacités de conception et de production. « Nous voulons concevoir, nous voulons fabriquer tout ce que nous consommons », a-t-il déclaré, en reliant directement la réforme éducative aux ambitions d’industrialisation et de souveraineté économique.

Une vue des participants

Dans cette logique, l’éducation est appelée à fournir les ressources humaines nécessaires aux secteurs productifs, notamment les ingénieurs, les techniciens et les ouvriers qualifiés. Le système éducatif est ainsi présenté comme un maillon de la stratégie globale de transformation économique.

Valoriser les performances scientifiques

Le ministre a également insisté sur les mesures destinées à encourager les meilleurs résultats dans les disciplines scientifiques. Il a pris l’exemple du concours Hakili Miusso où, il a mis en exergue des récompenses importantes pour les meilleurs élèves en mathématiques, physique-chimie et chimie, ainsi que des avantages en matière d’études, de logement, de restauration et de connexion.

Les enseignants ayant encadré ces élèves sont également concernés par les mesures d’encouragement annoncées, a fait savoir Moumouni Zoungrana. L’objectif affiché est de créer un environnement susceptible de stimuler l’excellence dans les disciplines scientifiques et de valoriser davantage les acteurs qui contribuent à ces performances.

Les participants ont posé pour la postérité

À en croire, le ministre Zoungrana les réformes évoquées ne concernent pas uniquement les élèves, elles donnent aussi la possibilité d’accompagner des personnels qui souhaitent se reconvertir ou développer de nouvelles compétences. « Tous ceux qui veulent se transformer, tous ceux qui veulent se reconvertir, nous ne sommes pas fermés », a-t-il assuré, ajoutant que les personnes souhaitant s’orienter vers une autre activité pourraient être accompagnées.

En conclusion, ces différentes mesures des réformes éducatives ont été présentée comme un levier devant permettre au Burkina Faso de disposer de compétences adaptées à ses ambitions de production, d’industrialisation et de transformation économique.

Jean-François SOMÉ
Minute.bf

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