Le Ghana a refusé une invitation du président sud-africain, Cyril Ramaphosa, à effectuer une visite d’État à Accra. Cette décision intervient dans un contexte de recrudescence des violences xénophobes visant des ressortissants ghanéens vivant en Afrique du Sud.
Selon des sources diplomatiques citées par le Daily Graphic, les autorités ghanéennes se disent profondément préoccupées par la sécurité et la dignité de leurs citoyens et estiment qu’il n’est pas opportun d’organiser une visite officielle dans le contexte actuel.
Elles évoquent également des inquiétudes concernant la sécurité du président sud-africain lui-même. La montée du sentiment anti-migrants pourrait, selon eux, susciter des réactions hostiles lors de sa présence au Ghana, un risque qu’Accra préfère éviter. « La position du gouvernement sur la protection des Ghanéens à l’étranger est non négociable », a confié une source proche du dossier, estimant qu’une visite dans les circonstances actuelles serait davantage préjudiciable que bénéfique pour les deux chefs d’État.
Les autorités ghanéennes précisent toutefois que cette décision ne constitue pas une rupture diplomatique. La visite est simplement reportée jusqu’à ce que des mesures concrètes soient prises pour mettre fin aux attaques contre les migrants et que des garanties crédibles soient apportées quant à la sécurité des ressortissants ghanéens vivant en Afrique du Sud. Malgré ce report, Accra et Pretoria assurent que leurs relations bilatérales demeurent solides et que cette suspension est motivée exclusivement par des considérations de sécurité.
Soulignons que près de 1 000 Ghanéens ont déjà quitté l’Afrique du Sud pour regagner leur pays en raison de l’insécurité, tandis qu’environ 900 autres seraient en cours d’inscription pour un rapatriement. La tension s’est aggravée le 30 juin avec la mort d’un ressortissant ghanéen lors de manifestations menées par des groupes hostiles aux migrants africains.
Minute.bf






