Une page importante s’est ouverte dans les relations entre le Burkina Faso et la République du Ghana en matière de coopération transfrontalière. Les autorités des deux pays ont procédé à l’installation officielle de la Commission mixte paritaire de réaffirmation de la frontière commune à Pô, avant de lancer les travaux sur le terrain à Dakola. Cette initiative, qui s’est tenue dans la région du Nazinon le lundi 22 juin 2026, marque une étape décisive pour les deux nations. Les travaux ont été présidés par la Gouverneure de la région du Nazinon, Massadalo Yvette Nacoulma/Sanou, représentante du Ministre d’État, Ministre de l’administration territoriale et de la mobilité, Émile Zerbo, et par l’ambassadeur du Ghana au Burkina Faso, Kenneth Akibaté, représentant le ministre Ghanéen de la terre. Ils ont réuni une cinquantaine d’experts des deux pays. Le projet bénéficie de l’appui financier de la Coopération allemande à travers la GIZ-PFUA.
La frontière qui unit le Burkina Faso et le Ghana s’étend sur environ 583 kilomètres. Elle avait été abornée entre 1979 et 1983. Mais avec le temps, les aléas climatiques et l’activité humaine ont eu raison de nombreux repères frontaliers. Cette situation entraîne souvent une confusion sur certains points de passage de la ligne frontière.

Face à ce constat, les Gouvernements des deux pays ont décidé d’agir. Une Commission mixte paritaire a été mise en place et officiellement installée. Elle est composée de 22 membres, 11 pour le Burkina Faso et 11 pour le Ghana.
Selon la Gouverneure Massadalo Yvette Nacoulma/Sanou, représentante du Ministre d’État, Ministre en charge de l’administration territoriale, Émile Zerbo, la frontière n’est pas une simple ligne de démarcation géographique. Elle est un trait d’union qui relie « nos histoires, nos cultures et les destins croisés de nos populations ».

À l’en croire, cette initiative vise à faire des espaces frontaliers non pas des zones de friction, mais des ponts pour l’intégration, la paix, la stabilité et le développement socio-économique durable au bénéfice des communautés.
Un travail de terrain minutieux
La Commission mixte a désormais une mission précise sur le terrain. Concrètement, selon Fidèle Gouem, Secrétaire permanent de la Commission nationale des frontières, la commission va d’abord procéder à la sensibilisation des populations riveraines pour obtenir leur adhésion au processus. Ensuite, les deux équipes descendront sur le terrain pour parcourir toute la frontière, qui est composée de cinq sections.

Elles feront la reconnaissance du terrain et établiront un état des lieux, en recensant le nombre de bornes dégradées, détruites ou déplacées. À l’issue de ce travail, les membres se réuniront pour planifier la méthodologie. Ils se déploieront ensuite sur le terrain pour réhabiliter, restaurer ou réaffirmer la ligne frontière.
La Gouverneure Massadalo Yvette Nacoulma/Sanou, représentante du ministre en charge de l’administration territoriale a rappelé aux membres de la commission que leur expertise, leur rigueur et leur impartialité seront leurs meilleurs atouts. Ils devront faire preuve de responsabilité, de pédagogie, d’écoute et de discernement.

Une convention pour renforcer la coopération
Au-delà de la réaffirmation physique de la frontière, les autorités administratives des régions frontalières ont signé une convention. Elle concerne les régions du Djôrô, du Nakambé, de Nando et du Nazinon au Burkina Faso, et les régions de Savannah, de Upper East et de Upper West de la République du Ghana.

Cette convention consacre la mise en place d’un cadre de concertation transfrontalier, doté d’un plan d’actions triennal glissant 2026-2028.
Ce cadre permettra d’identifier les domaines de coopération administrative transfrontalière et de définir les axes prioritaires d’intervention. Les actions concrètes, les responsabilités, les délais et les ressources nécessaires seront définis dans ce plan.

L’ambassadeur du Ghana au Burkina Faso, Kenneth Akibaté, a exprimé toute la satisfaction de son pays après le processus engagé. « La réaffirmation de la borne est essentielle pour régler comment nous nous rapprochons l’un de l’autre et pour renforcer la relation que nous avons. Cette activité va permettre de réaffirmer la frontière et de poser la ligne frontière pour les besoins de l’administration. Au-delà, la coopération transfrontalière permettra aux différentes communautés vivant le long de la frontière de vivre en paix », a-t-il salué.

Un message rassurant pour les populations
Dans son discours lu par la Gouverneure, le Ministre d’État Émile Zerbo a rassuré les populations vivant dans cette zone frontalière. Il a affirmé que cette opération se fait pour leur sécurité et leur épanouissement. « Personne ne prendra leurs terres, leurs droits ou leur nationalité en raison de la construction des nouvelles bornes. Leur entière adhésion et leur accompagnement indéfectible sont les clés de la réussite de ce vaste chantier », a-t-il déclaré.

Enfin, le Ministre d’État a réitéré l’engagement des deux États à faire de cette frontière un modèle réussi de coopération, d’intégration et d’échanges bénéfiques. Il a formulé le vœu que les travaux lancés aujourd’hui renforcent davantage les liens séculaires de fraternité et d’amitié entre les deux nations.
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Mathias KAM
Minute.bf






